‹ Les origines de la religionChapitre 65 sur 219 · GE 4 TN · texte numérisé non relu

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variété des formes de la création. Ce n’est que dans les Upanischads qu'il devient par abstraction quelque chose d'objectif, le principe et l’âme du monde: « Le Brahma réside dans les hommes ; il réside dans les dieux, il réside dans le sacrifice, il réside au Ciel, dans les eaux, dans la terre ; il est vraiment un. ! >» Quant à sa nature, on ne saurait la dire: « L’œil, la langue, l'intelligence ne peuvent atteindre au Brahma, Nous ne le connaissons point, nous ne sommes point en état d'enseigner à personne ce qu'il est. Il diffère de tout ce qui est connu comme de tout ce qui est inconnu *. >» Aussi n’y a-t-il, pour le désigner, que des mots d’une abstraction tout à fait creuse, comme 7'at, l’article neutre {o ou illud, employé dans un hymne védique et que l’on rencontre fréquemment dans les Upanischads, ou encore comme le mystérieux trilittère Awm, qui est la plénitude de l'être, « ce qui a été, ce qui est et ce qui sera *. » D'où il ressort que le Brahma n’est rien en lui-même d’indépendant, puisqu'il n’a de vie qu’abstractivement ou dans la nature vivante, qui n’est elle-même que le déploiement du Brahma. Lorsque, plus tard, la spéculation philosophique des Hindous s’empara de cette idée, voici ce qu’elle en fit. Comme le développement de ce qui est un, indivisible, immuable et absolu implique contradiction, ou Brahma existe et le monde n’existe point, ou le monde existe et Brahma n’est rien de réel. De là deux écoles, opposées l’une à l’autre et, cependant, l’une et l’autre orthodoxes et dans l'esprit des Védas : le système Vedânta et le système Sâänkhya. Le premier d’étape en étape aboutit à la négation du monde extérieur, qui n’est plus qu'une illusion et n'existe que dans l’Absolu, et le second à la négation de cet Absolu et, par conséquent, du

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