‹ Les origines de la religionChapitre 76 sur 219 · TL. -—" EX VIRTUTE CCAUSA · texte numérisé non relu

TL. -—" EX VIRTUTE CCAUSA

la boutade de Proudhon a pu avoir son motif, c’est assurément alors : la propriété était le vol. L'exemple de ce qui se passe aujourd’hui encore chez beaucoup de sauvages permet, en effet, d’induire que l'appropriation ne s’exerca d’abord que sur des objets conquis à l’ennemi et que, dans la tribu ou dans la réunion d'hommes groupée pour des besoins de défense, elle dut affecter le caractère d’un détournement du fonds commun au préjudice de la tribu ou association tout entière. On trouve réunis dans le livre de M. Lubbock sur les Origines de la Civilisation! une foule de traits intéressants à cet égard. Nous nous contenterons d'y renvoyer, en faisant remarquer que ce savant arrive aux mêmes conclusions que nous. Selon M. Lubbock, en effet, l'enfant, chez les sauvages, est d’abord à la mère, ce qui parait bien être le point de départ primitif général; puis, une fois grand, 1l appartient à la tribu, et ce n’est que bien plus tard, dans la dernière période de l’évolution naturelle, qu’on lui reconnait une mère et un père positivement établis. D'où MM. Bachofen ?, Lennan $et Morgan, chacun de son côté, concluent avec beaucoup de raison que l'état social primitif de l’homme fut un état de pur hétaiïrisme ou communauté des femmes, de sorte que, dans ce système, consacré par l'habitude devenue religion, un individu ne pouvait s'approprier une fille du groupe auquel 1l appartenait sans attenter au droit de tout le groupe. La captive prise à la guerre devenait seule objet de possession privée; son vainqueur, qui était libre de la tuer, a préféré la garder ; la tribu n’a rien à y voir ?. Les chapitres XII, XX et XX VI de la Genèse contiennent

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