L'ubbock, c. III
des récits dont l'exposé qui précède doit, ce nous semble, faciliter singulièrement l'intelligence. En se reportant à l’état social primitif que nous venons de dire, on peut, en effet, s'expliquer naturellement des histoires auxquelles: l’élaborateur biblique des vieilles traditions nationales n’a évidemment rien compris.
Abraham, d’après le récit du chapitre XX, étant venu se. fixer dans le midi de Chanaan, entre Gades et Sur, eut un jour affaire à quelque distance de là dans une bourgade du nom de Gerar, qu’il ne connaissait point et « où il était étranger. » À cette époque, le pays était partagé entre une toule de petites tribus qui n'étaient pas toutes de la même race : à côté des Chananéens, qui appartenaient à la famille de Cousch, il y avait les Rephaim, les Zuzim, les Zamzumim, les Emim, les Enakites, les Horites, tous peuples réputés autochtones, qu’il n’est pas possible, même en s’en tenant aux généalogies bibliques, de rattacher à aucun des fils de Noë. Abraham ignorait done chez qui il allait. Dans cette incertitude, il jugea prudent de faire passer sa femme pour sa sœur, non pas qu'il püt penser qu’on respecterait plutôt une sœur que sa femme, dans l’hypothèse d’un état social où le mariage eût constitué un droit, mais évidemment parce qu’il craignait que le titre d’épouse, à l'endroit où il se trouvait par accident et « où il était étranger, » ne fit considérer Sarah comme étant du domaine commun. C’est, du reste, ce qu'Abraham laisse parfaitement entendre lui-même. Quand Abimelech, le roi de Gerar, lui reproche son mensonge, 1l se contente de répondre qu'il avait craint d’avoir affaire à un peuple « qui n’eût pas la crainte des dieux ! » et qu’on ne voulüt le tuer « à cause de sa femme ?. >» Des traductions paraphrasées portent: « pour avoir sa femme »; mais quoique le