III. — EX VIRTUTE CAUSA à
d'Abraham, jusqu'aux extrémités de la Syrie, comme elle ; l’a fait bien des fois, et que, par conséquent, Abrahäm, ou le héros, quel qu’il soit , de l’aventure, traditionnelle dont, il s’agit, ait eu affaire sur sa route à quelque représentant | du pharaon égyptien, il est impossible de concilier ensemble les chapitres XIT et XIII. Nous serions assez disposé à croire que les trois histoires que nous venons de dire n’én | font qu'une et que la priorité de rédaction appartient. à celle du chapitre XX, qui a un caractère archéologique plus marqué.
La répugnance des patriarches hébreux à prendre femme parmi les Chananéens ne pourrait-elle s'expliquer, en partie, du moins, par leur désir de rester étrangers à l’hétairisme plus ou moins mitigé des populations au milieu desquelles ils étaient venus s'établir ? Onle croirait volontiers, quand on se reporte à ce que raconte la Bible des conditions morales du pays. Les chapitres XXXIV et XXXVIIE de la Genèse et le chapitre XIX du livre des Juges révèlent, en effet, un état social qui ne devait pas différer beaucoup de celui de certaines tribus à demi sauvages de l'Amérique et de l'Océanie, où la prostitution, le rapt et la violence sont encore au fond de la plupart des unions. L’enlévement de Dina, la fille de Lia et de Jacob, par Schechem, un prince Hévite qualifié de fils de Hamor, et les épouvantables représailles exercées par les frères utérins de cette même Dina, Siméon et Lévi, sur les Schechemites, dont ils exterminérent tous les tons caractérisent dune manière parfaitement accentuée l’époque où se trouvent pris les commencements du sémitisme. Il est remarquable que, dans le récit donné par la Bible de ces represailles, le narrateur n'engage que la responsabilité des frères de mère de la jeune fille, ce qui tend à confirmer, quoique dans les termes réduits d’une transition, ce que nous disions plus haut de la puissance fraternelle. La circoncision, qui fut une des formes sous lesquelles s’affrma le culte de la
je A RS ORIGINES DE LA RELIGION
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> iaté ee: ani était. en conséquence, une sorte de
ja nséeratio implicite de l'autorité paternelle , avait bien êté admise LA les:Schechemites comme condition qu’Israël
F7 % Fu imposait à son alliance ; mais il faut croire que, si l’exé-
Mas Cution de cette eôndition satisfit le père, en ce qu'elle im- -#e pliquait Ja reconnais ance de son droit, et si elle désinté=
:,. :-æessa ‘les antress “enfants du patriarche, qui n’intervinrent 2 qu àla fin.du massage, « pour dépouiller les morts. ei piller A fn da ville, » elle ne parut pas à la mère une réparation suffi- F ! . sante. Pour que Siméon et Lévi traitassent avec aussi peu 7 1 de- respect la parole de leur père et l'alliance jurée par Jui, il fallait que les frères utérins de Dina ne se crussent arc pas engagés. comme tels par cette parole et par cette
alliance et que le droit maternel ne se füt pas encore entièrement effacé devant la prééminence du patriarche. Il est, en outre, assez étrange que Jacob ne se soit avisé qu’à son lit de mort de vouer à l’exécration l’abominable conduite des deux fils de Lia et qu’il n’ait pas étendu sa réprobation sur l’acte non moins criminel de ceux de ses enfants qui pillèrent la ville et dépouillèrent les victimes.
Il y a, du reste, dansles histoires dont il vient d’être question, un trait caractéristique à noter. Sarah était de la famille même d'Abraham et Rebecca était la cousine d'Isaac; la femme dont ils craignaient que la possession ne leur fût disputée, ils l'avaient prise l’un et l’autre dans la tribu propre. Si Abraham n’eut pas les mêmes inquiétudes relativement à Agar, qui était sa femme tout aussi bien que Sarah, puisque l'enfant qui naquit d’elle devait hériter de toute la puissance paternelle, c’est évidemment parce que Agar était étrangère à la tribu et à la race même du patriarche, et qu’elle avait été prise ou achetée à des gens qui l'avaient capturée, devenant ainsi objet de propriété et de troc : exemple frappant de ce que M. Lubbock a appelé « l’ésogamie >» ou mariage dans la tribu, et « l’exogamie » ou mariage au dehors. Ce dernier, comme la possession
tune: otre comme le ne de | becca, unie ainsi que nous mr on ARE un À -attentat au droit de la tribu, dans laquelle tout à d'abord été commun. N'oublions pas qu Ismaël était déjà né, Has
braham alla à Gerar, où il fit passer Sarah pour sa sœur, ”. " : et qu'Agar et son fils ne furent chassés que postérieure= de” ment ! # D'autre part, il est certain , par ce qui ressort de 7) l’histoire de Dina, que le titre de PS antérieur à celui GES de père et d’époux, prima longtemps encore ce derniqs dans la transformation opérée par l° ésogamié. FA"
Comme la possession d’une femme entraînait l'organisa= nes tion d’un foyer particulier avec tout ce qui s’y rattache ét pr -constituait un commencement de vie à part et de famille, SE on peut done dire que la propriété a eu pour origine la con- -quête, ou, plus brutalement, le vol, et qu’elle ne s’est étendue dans les limites de la tribu que par la violence, ainsi que nous nous exprimions plus haut. Les fondateurs de l’ordre social, les initiateurs du progrès humain furent, de la sorte, de véritables révolutionnaires ennemis de la propriété, de la famille et de la religion : de la propriété, qui était indivise et à tous; de la famille, qui se confondait avec la tribu ; de la religion, qui consacrait cet état de choses.
Dans la plupart des sociétés anciennes, et aujourd’hui encore dans celles qui ont conservé davantage le caractère archéologique, comme dans presque tout l'Orient et chez les sauvages, la femme mariée fut et est généralement esclave. Et ce qui montre bien que cette servitude, .abjecte ou entourée d’égards , est moins le résultat d’un -abus proprement dit de la force qu’une suite et un souvenir de l'enlèvement fait à la guerre et de la claustra- :tion de la captive, c’est qu’elle pèse plutôt sur l'épouse que