III. — EX VIRTUTE CAUSA
foyer !, sans rien avoir de l’hilote lacédémonien, les insti- tutions portaient en bien des points l'empreinte du compromis entre les Aborigènes vaincus, qui étaient une race à demi hétairique, et les Toniens envahisseurs. Chez les Aryas, en général, où la famille, ainsi que nous le disons plus loin, paraît s'être constituée dans l'isolement de la steppe et par l’ésogamie, la dépendance de la femme, qui fut presque partout une conséquence de l’enlèvement et de la conquête, eut beaucoup moins qu'ailleurs le caractère de l’asservissement. Nous croyons que ce groupe humain, dont les commencements ont été si modestes, dans un espace comparativement restreint et avec un entourage ennemi nombreux et puissant, contre lequel il lui fut longtemps impossible de lutter, dut sentir davantage le besoin de rester uni, et, en renonçant à la guerre de tribu à tribu, il dut renoncer aussi plus tôt à l’exogamie par la violence. De toutes facons, c’est dans le seul milieu aryen, quand il se rencontre sans trop de mélange, que l'épouse est véritablement l’associée et la compagne de l’homme. La classe des eupatrides, en Grèce, et celle des patriciens, à Rome, l’une et l’autre formant, à l’origine, l'élément aryen pur, nous offrent seules, dans l'antiquité, avec les Celtes et les Germains, des exemples de vraies mères de famille. Nulle autre part, la femme n’est chef de maison comme ici. C’est vainement que , chez les Sémites, par exemple, on chercherait des types à mettre en regard de Pénélope, des mêres de Sparte, des Lucrèce, des Véturie, des Cornélie, etc. On trouve chez eux, comme dans toutes les autres races non aryennes, des femmes aussi fortes, reines, héroïnes, prêtresses et inspirées; mais des matrones, tout à fait conjointes du père, conjuges, et mères de la famille, matres familias, il n’y en eut que dans le milieu dont nous parlons. La famille, chez les Sémites, se groupait autour