‹ Les origines de la religionChapitre 84 sur 219 · III. — EX VIRTUTE CAUSA · texte numérisé non relu

III. — EX VIRTUTE CAUSA

nus à son secours. La lutte avait d’abord été entre les deux tribus voisines, et, malgré les confusions d’un récit élaboré sur de vieilles traditions incomprises, on devine aisément par les victoires que ce récit attribue dans le commencement aux Benjamites, c’est-à-dire à vingt-cinq mille ! hommes contre quatre cent mille?, que ces derniers n'avaient dû être groupés que postérieurement à quelque désastre des Beni-Juda. D'autre part, l'intervention du lévite éphrathéen, ramenée, comme elle doit l'être, dans les termes généraux que nous venons de dire, ne permet, d'autre conclusion que celle-ci, à savoir que ce fut le lévitisme qui souleva les dix autres tribus, et que la guerre entreprise contre Benjamin fut bien effectivement une guerre religieuse du patriarcat ou de la puissance paternelle contre l’hétairisme. Quant au corps de femme coupé en morceaux, rien n'empêche de voir, dans ce violent coup de théâtre, une de ces mimiques à l’usage des prophètes dont l'effet était si puissant sur des imaginations orientales, quelque chose d’analogue au cadavre pantelant promené en civière les jours de révolution.

Après avoir tout exterminé dans Gabaa, gens et bêtes, et brûlé jusqu’au moindre village de Benjamin, les Israëlites, qui avaient fait serment de ne point donner leurs filles en mariage aux hommes de cette tribu, « se lamentèrent en jetant de. grands cris et en disant: Comment ferons-nous pour que les autres aient des femmes?» Les autres, c’étaient six cents Benjamites qui avaient échappé au massacre général et se tenaient cachés dans les rochers de Rimmon. Il s'agissait de reconstituer, avec ce petit noyau, la tribu dont on pleurait la disparition. Pour cela on n’imagina rien de mieux que d'envoyer dix mille hommes à Jabés-Galaad, afin d’en exterminer aussi les

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