À puero usque ad senem, omnis populus DE Gen. XIX
circonstances indiquées et par beaucoup de rapprochement, elle l’est encore par quelque chose de plus direct.
Dans le chapitre de cet ouvrage où il est traité du symbolisme de la main, nous montrons que la main droite, comme emblème phallique, à appartenu à la période chthonienne secondaire, par conséquent hétaïrique encore. Or, en désignant les habitants de Gabaa comme des Beni- Jemini, avec l'intention de les opposer par cette dénomination au lévite d'Ephraim et au vieil Ephrathéen qui lui donna l’hospitalité, le texte élaboré par le narrateur biblique a évidemment voulu faire allusion au sens qui est contenu dans le mot. Ce sens est celui'«d’enfants de la main droite. >» Beni-Jemini n’est, du reste, que le pluriel de Ben-Jamin, à la tribu duquel appartenait la cité Gabaïte. L’évidence du sens que nous venons de dire est établie, pour le singulier Ben-Jamin comme pour le pluriel Beni- Jemini, par des preuves irréfutables : au chapitre IX du second livre de Samuel ‘, la tribu de Benjamin est appelée du nom d’Erec Jemini ou « pays de la main droite, » et au premier verset de ce même chapitre, le-Benjamite Kisch est qualifié d’Isch Jemini, ce que la Vulgate traduit trèsbien par vir de Benjamin. On pourrait objecter que, le substantif yamin ayant aussi la signification de « sud », l'intention du narrateur a peut-être été de désigner par les mots d’'Erec Jemini et Isch Jemini le pays et un individu du midi, quoiqu'on ne voie pas trop bien d’après quelle orientation on aurait donné de préférence ce nom à une tribu qui avait plus au sud qu’elle encore celles de Juda et de Siméon. Mais, outre que les gloses s'accordent à prendre le nom de Benjamin pour ce qu’il sonne, ce que fait aussi la Vulgate, qui l'explique par « fils de la droite, » il y a un rapprochement de circonstances qui ne permet pas cette interprétation. Avant de recevoir de son père le
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lil. — EX VIRTUTE CAUSA 113 nom de Benjamin, — id est filius dexteræ", — le dernierné de Jacob avait été appelé par sa mère mourante Ben- Auni?, que l’on a traduit par « fils de ma douleur, » filius doloris mei. Pour nous, il nous semble que, puisque Ben-Auni et Ben-Jamin désignent la même personne, ce ne peuvent être que deux aspects d’une même idée. Or, nous verrons ultérieurement que, à Babylone, d’où était originaire le symbole de la main, la tour Zida ou « de la main droite, » que couronnait une grande main ouverte, avait à sa base un sanctuaire appelé Temin Ani, et que la ville elle-même portait le nom de « ville de la main du dieu Anu *. » Ce dieu, qui présidait au monde de l’abime, n’etait ici qu'une forme du générateur chthonien, un phaïtke, ce qui ressort, d’ailleurs, du féminin Anath*, que le couchisme y opposa et qui était la génératrice universelle, une matrice et un kteis. Ces deux divinités, An et Anath, se retrouvent dans le pays de Chanaan, où l’on a, outre les dénominations divines Ana-melekh et Ano-bret, dont il sera question plus loin, une ville de Beith-Anath dans la tribu de Nephthali ÿ, une autre appelée Beith-Aun dans la tribu de Benjamin‘, et une localité du nom d’Anath dans la même tribu, au nord-est de Jérusalem, citée par le Talmud de Babylone” et que M. Ad. Neubauer* identifie avec Anathoth, la patrie de Jérémie. Que, dans les mots