‹ Les origines de la religionChapitre 92 sur 219 · IIL — EX VIRTUTE, CAUSA LEA · texte numérisé non relu

IIL — EX VIRTUTE, CAUSA LEA

classiques, la Vénus du Pont et celle de Comane, honorées par des prostitutions sacrées. Le souvenir des Succoth Benoth, fête d’origine -couchite, se retrouve jusque en Italie, sur les bords du Tibre, où elle se rattachaïit au culte de la même dénomination religieuse qu’en Orient. L’orgie qui avait lieu tous les ans, aux ides de Mars, sur les rives du fleuve, était, en effet, une véritable fête des Tabernacles. La description qu'en fait Ovide * et le nom d’Anna donné à l’antique divinité sous le patronage de qui la plus ancienne population de Rome, la plèbe, mettait ses grossiers ébats printaniers, ne permettent aucun doute à cet égard.

Or, de même que le côté male Anu, le côté femelle Anah ou Anath avait pour symbole la main: nous verrons ultérieurement que la chiregénie ou enfantement par la main était un des traits de la maternité divine universelle. En Égypte, où cette déesse, d'importation couchito-sémitique, a été reconnue par M. Birch* jusque sur des monuments du règne d’'Aménophis 1°", de la dix-huitième dynastie, on trouve la « main de guerre » de Ramsès-le-Grand désignée sous le nom d’'Anta-m-nehkht ou « Anata dans sa force ». Mais, outre l’aspect guerrier, qu’elle communiqua presque partout à d’autres dénominations dérivées de la même idée, la déesse Anath en avait sur le Nil un autre des plus caractéristiques : avec ses attributs de cadesch, qui désignait une « prostituée sacrée », et de ken, qui signifie tout à la fois un « sein maternel » et le pudendum virile, elle était, comme à Babylone et comme l’Anaïtis des Sakæa, le double principe hermaphrodisiaque *.

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