III. — EX VIRTUTE CAUSA
50, et JIN (Aven) dans Ezéchiel, XXX, 17) lAun et Aven sont donc le même mot, et ce nom est bien celui du dieu An ou Anu. Par conséquent, dans Beith-Aun ou Beith Aven, que le prophète Osée ! appelle aussi IN (Aun ou Aven) tout court, exactement comme l’’Qv ou Anu d'Egypte, on à un sanctuaire du dieu de la main droite, le soleil phallique ou générateur d'une époque secondaire. Notons, d’ailleurs, que les Septante rendent Beith-Aven par Oïxov "Qv, identifiant par là le nom hébraïque du sanctuaire chananéen avec le nom copte de celui d'Héliopolis, ce qui complète la justification de notre orthographe et de l’assimilation que nous venons d'établir. D’autre part, la version d’Aquila, de toutes la plus servilement littérale, traduit Beith-Aun par Avogehou, qui, avec le sens de «pierre » et de « champ de pierres » qu'avait le mot gslous ou wo; dans le grec macédonien des successeurs d’Alexandre *, pourrait fort bien être rendu par «le champ de pierres dAnu». Le Beth-El et Beith-Kïiohim, «demeure des dieux », par conséquent le Beith-Aun, n’était pas seulement une pierre levée; on donnait aussi ce nom, en Orient, à des espèces d’'Hermæa et à des champs entiers de grosses pierres disséminées, qui, au sixième siécle de notre ère encore, étaient l’objet d'une vénération superstitieuse. M. Charles Lenormant? conjecture que ce fut dans un de ces champs sacrès que Jacob eut sa vision de l’Echelle mystérieuse, ce que confirme le rapprochement des textes. La Bible dit d’abord expressément, en effet, que le jeune homme prit (une des pierres de l'endroit », pour y reposer sa tête, et ensuite elle qualifie l’endroit lui-même de la « Cour céleste».