LES OBI GT NES
ces dont parfois on a fait grand bruit.
Le Parlement en usait avec une modération tout exemplaire, et lorsque, par hasard, ses représentations prenaient un caractère gênant, un lit de justice en avait bien vite raison. Il suffit à Mazarin d'un peu d'habileté pour venir à bout de son effervescence ; puis, un beau jour, pliant sous la cravache de Louis XIV, il rentra sous terre, et, pour bien longtemps, fit le mort.
Le despotisme sous Louis XIV.
Admirablement servi par la plus étonnante réunion de grands hommes qui se soit rencontrée à la fois dans
tous les genres, le jeune roi imprima à son despotisme un incontestable caractère de grandeur.
Courbée sous un joug doré, la France rayonnait, au dedans comme au dehors, par l'éclat de ses armes, par le génie de ses écrivains, par la puissance toute nouvelle de son industrie et de son commerce.
• Mais cette brillante période ne devait pas être de bien longue durée.
Écrasé d'impôts, torturé, pressuré pour la satisfaction de fantaisies coûteuses, le pays courait à une ruine certaine.
La révocation de Tédit de Nantes acheva de jeter la perturbation dans leroyaume.
On vit se tarir les meilleures sources de la richesse nationale devant la per-
sécution religieuse ; la plupart des protestants aisés préférèrent l'exil à l'abjuration ; ce fut une longue procession d'émigrés, qui s'en allèrent porter à
l'étranger le secret de notre prospérité commerciale et industrielle.
Et pas une bouche n'osait dénoncer hautement au monde cette tyrannie devenue bigote et sanglante. On sait ce qu'il en coûta au tendre Racine pour avoir peint sous des couleurs un peu trop sombres les calamités auxquelles la France était en proie ; le pauvre homme mourut d'un froncement de sourcil du grand roi.
Ce n'est pas que, sous ce règne du despotisme par excellence, l'idée révolutionnaire n'ait été servie, involontai-
\ rement peut-être, par certains esprits , généreux.
\ Molière, en ridiculisant les marquis, m démasquant les faux dévots ; la Fontaine, en dénonçant, sous une forme ingénieuse, les abus résultant des inégalités sociales, en défendant, dans ses fables immortelles, les petits contre les grands, en prenant parti pour les pauvres contre les riches ; le doux archevêque de Cambrai, en posant complaisamment les principes d'un gouverne* ment sage, libéral et modéré, sans oublier pour cela qu'il était gentilhomme; Vauban enfin, en s'élevant avec indignation, dans sa Dîme royale, contre les vexations de toutes sortes dont les pauvres gens étaient victimes, en soutenant énergiquement les droits
du travail, avaient certainement ouvert la voie par où devait venir la Révolution.
* Toutefois, ce n'étaient encore là que de vagues aspirations vers cet idéal de justice et de liberté , qu'avant eux avait appelé de ses vœux le républicain La Boétie, lorsqu'il écrivait son traité De la servitude volontaire.
Il faut attendre au siècle suivant pour voir se définir plus nettement, s'accentuer d'une manière plus précise
le grand mouvement qui portait les esprits vers une réforme sociale, et pour entendre se formuler, d'une façon déjà menaçante, les plaintes des opprimés et des victimes.
La Régence et Law.
La Régence ne contribua pas peu à saper les fondements de l'ancien régime.
Au spectacle des scandales dont la cour de France fut le théâtre, on se déshabitua du respecttraditionnel qu'on portait aux classes élevées.
Le système de Law, en jetant la perturbation dans les fortunes, frappa d'un coup fatal les privilèges de la naissance.
Ce système, dont le principe pouvait être fécond, et qui contenait en germe
toute une révolution économique, aboutit, comme on sait, à un effroyable désordre financier.
L'âpre convoitise de l'argent, une cupidité effrénée, avaient remplacé dans les cœurs les vertus solides, les sentiments généreux. On se ruait à la conquête de la fortune, comme jadis à celle de la gloire; tous les rangs se trouvèrent un moment confondus dans ce formidable assaut, où la courtisane bousculait la grande dame, et le valet, son maître. Il y eut, comme de nos jours, des coups de bourse inespérés. Tel qui la veille n'avait pas un écu vaillant, se trouva le lendemain à la tête de colossales richesses ; et dans le carrosse, der-
rière lequel il avait monté peut-être, et où il trônait mollement, on trouva qu'il ne faisait pas plus mauvaise figure qu'un autre.
, C'est la puissance de l'argent qui s'affirme. Place aux parvenus de l'agio, de la finance et de la banque !
Progrès de la bourgeoisie.
Tandis qu'une partie de la noblesse compromettait dans les tripotages de la spéculation ce qui lui restait encore d'honneur et de considération, la bourgeoisie, dont Colbert déjà avait si puissamment favorisé l'essor, s'était élevée
S4 T.FS ORIGINES
dans des proportions singulières, à la suite de Law, lequel, il faut bien le reconnaître, sut ouvrir au commette des débouchés nouveaux ; et ce fut elle, en définitive, qui recueillit les épaves du naufrage des opérations du fameux banquier écossais.
Elle avait rencontré dans le duc d'Orléans son chef naturel, et le Régent avait semblé prendre à, tâche de déconsidérer à son profit la noblesse et le clergé : la noblesse, en laissant le Parlement, dans un mémoire contre les ducs et pairs, s égayer aux dépens des plusfières familles de France ; le clergé, en tolérant le dérèglement de mœurs de ses principaux membres, et en fai-
sant monter le cardinal Dubois, son C)~nique précepteur, au siège archiépisco-
DE LA BÉVOLUTION 55
pal où s'était assis le doux et honnête Fénelon.
C'est un fait historique à noter que
cette alliance d'une partie de la bourgeoisie française avec la branche cadette de la maison de Bourbon, alliance qui viendra jusqu'à nous, cimentée, du côté de la bourgeoisie, par la peur de la démocratie, d'une part, et de l'autre par l'âpre désir de s'assurer à peu près exclusivement la jouissance des conquêtes
La monarchie s'en va.
La Révolution, elle s'avançait irrésistiblement comme une marée montante. .
L'ancien régime craquait de tous côtés, semblable à un vieux bâtiment disloqué, et l'heure n'était pas éloignée, où allaient se vérifier ces paroles prophétiques de Fénelon, au sujet du gouvernement français :
€ C'est une vieille machine délabrée ♦ qui va encore de l'ancien branle qu'on
Uigitiz
DE Jék BÉVOLUTION 57
lui a donné, et qui achèvera de se briser au premier choc. »
Chacun sentant venir l'orage, on ne songeait qu'à jouir du temps présent ; on s'en donnait à cœur-joie, au lieu de chercher à remédier au mal et à conjurer la tempête. Il est du roi Louis XV, ce mot cynique et profond : « Après nous
le déluge !» Ce fut le règne du luxe et
du plaisir à outrance, le règne fangeux des favoris et des favorites.
On avait bien vu, sous le bisaïeul, l'adultère s'étaler triomphalement à la cour, et trôner sur les sofas de Versailles, mais l'immoralité avait su garder encore un reste de grandeur, un certain décorum; sous l'arrière-petitfils tout se rapetisse. De la galanterie,
58 LES OBIGINES
nous tombons dans la licence effrénée, abjecte; de la passion dans l'hystérie.
La prostitution est montée de la rue à la cour, transformée en véritable lupanar, où s'engouffrent les trésors de la nation. Jamais on ne vit pareille accumulation d'infamies. Le déficit, abîme fatal, se creusait de plus en plus; mais on fermait les yeux pour ne pas voir le gouffre béant. Il était impossible de courir plus gaiement à sa perte.
Misère générale.
Pendant qu'on s'amusait ainsi en haut lieu, le pays se débattait, en proie à une effroyable misère.
Les obstacles apportés à la liberté du travail, par l'institution des jurandes et des maîtrises, rendaient difficile à l'ouvrier l'exercice de sa profession. Entre lui et le maître existait une ligne de démarcation presque aussi profonde que celle qui séparait la bourgeoisie de la noblesse.
Des bandes de mendiants inondaient les routes. On avait beau rendre contre ces légions d'affamés édit sur édit, leur appliquer des peines d'une révoltante atrocité, en encombrer des prisons infectes, rien n'y faisait. Il eût fallu du travail à ces malheureux, et le travail était devenu une sorte de privilège.
Tels étaient les entraves et les abus à cet égard, que, sous le règne suivant,
Turgot, dans le préambule de l'édit portant suppression des jurandes, était obligé de revendiquer le droit de travailler comme la propriété de tout homme.
Révolte des esprits. — Les encyclopédistes.
Voltaire et Rousseau.
Tandis que la misère et la faim conspiraient sourdement contre un système de gouvernement impuissant désormais à diriger l'humanité dans les voies du progrès, l'intelligence se mettait de la partie, et s'insurgeait à son tour au nom de la justice et da la raison outragées.
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Jamais on ne vit tant d'esprits, remarquables dans tous les genres, travailler de concert à l'affranchissement de la pensée.
Le principe d'autorité commence d'être vigoureusement battu en brèche dans l'Église et dans l'État.
Ici, un parlementaire, Montesquieu, décompose les lois comme un chimiste les corps organisés, et soumet à l'analyse la plus minutieuse les divers gouvernements appelés à conduire les peuples.
Que des paradoxes plus ou moins ingénieux se soient glissés, çà et là, dans le livre imposant qu'on appelle V Esprit des lois, c'est possible ; mais, grâce en
partie à ce livre, des choses réputées jadis inviolables , comme la royauté, sont tombées dans le domaine de la critique. Douter de l'excellence du principe monarchique, c'était porter à la monarchie même un coup dont elle garde encore au flanc la trace ineffaçable, et 'à ce titre Montesquieu mérite d'être compté parmi les précurseurs de la Révolution.
Là, un homme d'Église, l'abbé de Saint-Pierre, dont les idées devaient avoir la bonne fortune d'être revêtues du style enchanteur de Jean-Jacques Rousseau, conclut bravement à la suppression des guerres et à l'abolition des trônes.
Puis voici venir, ardente au combat,
DE LA BÉVOLUTION 63
la troupe vaillante des encyclopédistes, d'Alembert et Diderot en tète.
Voyez-les frapper d'estoc et de taille la terre et le ciel, le ciel surtout. Car ils n'ignorent pas que les abus les plus violents dont les peuples aient eu à gémir ont reçu la consécration catholique et papale. Donc, écrasons l'infâme! tel est le mot d'ordre, le cri de ralliement de cette phalange d'élite. Ce ne sont pas seulement des lutteurs, ce sont aussi d'infatigables ouvriers. Avec quelle ardeur, pionniers de la civilisation, ils déblayent le terrain pour édifier la cité nouvelle !
Au-dessus de ces esprits, déjà si élevés , apparaissent, comme deux phares dans le dix-huitième siècle,
Voltaire et Jean -Jacques Rousseau.
Armé de sa terrible ironie, Voltaire porta à la superstition et à l'intolérance des coups mortels. Il fut le censeur âpre et infatigable de tous les abus, de toutes les iniquités de son temps ; être de cœur autant que de raison, il prit en main la défense des opprimés et des victimes, et ne cessa de stipuler au nom du bon sens et de la justice.
Avec plus de hardiesse encore, Jean- Jacques Rousseau ébranla, de sa voix formidable, les voûtes du vieux monde.
S'enfonçant, plus avant que celui qu'il avait salué comme son maître, dans les voies de l'analyse et de la critique, il
remonta aux causes mêmes des souf-
frances et de l'oppression générales, et
ne craignit pas de signaler hautement, comme un forfait, l'inégalité illégitime
introduite parmi les hommes-
Arrivés tous deux au déisme pur, l'un en suivant la pente de son esprit, l'autre celle de son cœur, ils sapèrent, celui-là par la raillerie, celui-ci par le raisonnement, le principe d'autorité représenté par l'Église, et jetèrent les fondements du règne de la libre-pensée.
Mais, tandis que Voltaire, devenu gentilhomme et grand seigneur, prenait pour complices et pour alliés les rois et les puissants de la terre, Rousseau, démocrate et républicain, conviait le peuple lui-même, c'est-à-dire tout le . monde, à réformer une société qui se
débattait dans un cercle d'iniquités, et où le plus grand nombre était vexé et spolié à plaisir par une poignée de privilégiés.
Réformateur plus radical que Voltaire, dont la témérité ne serait jamais allée jusqu'à porter la main sur les rois de la terre, et qui reculait effrayé devant les conséquences extrêmes des théories de Fauteur du Contrat social, Rousseau trouvait la véritable formule démocratique, en réclamant une forme d'association qui défendît et protégeât de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et dans laquelle chacun en s'unissant à tous, n'obéît pourtant qu'à luimême, et demeurât aussi libre qu'auparavant.
Tous deux d'ailleurs, avec cet instinct du génie qui trompe rarement> pressentaient la révolution prochain e ; et ils pouvaient l'envisager, en quelque sorte, avec des yeux de père, oar elle devait bien être la fille de leurs œuvras. .
L'état de crise approche, l'ère des révolutions va s'ouvrir, disait Rousseau ; il lui paraissait impossible que les monarchies pussent briller longtemps encore. Quant à Voltaire, il présageait «c un beau tapage, » comme il disait en riant, et il enviait aux jeunes gens le bonheur qui leur était réservé de voir bien des choses. • «
hst . RéYolutioii reconnaissante a çendu à Ces deux grands hommes l'homn
mage dont ils étaient si dignes l'un et l'autre, en les réunissant sous les voûtes du Panthéon, d'où plus tard devait les retirer une réaction furieuse. Ratifions le jugement de nos pères, et ne faisons pas la faute, ne commettons pas Hajustice d'exalter ou de décrier aux dépens l'un de l'autre ces deux beaux génies qui seront éternellement la gloire de notre pays, l'honneur de Thumanité, et que nous devons confondre dans une admiration commune.
Avènement de Louia XVI.
Quand Voltaire et Rousseau moururent, à un mois d'intervalle, il y avait
DE LA RÉVOLUTtoN 69
quatre ans déjà que Louis XV était couché dans la| tombe où était descendue avec lui, on peut le dire, la vieille monarchie, aussi usée et aussi flétrie que lui-même.
Il y eut dans le pays comme un frémissement d'aise et d'espérance, quand, à la place de ce roi dissolu, dont la vie n'avait été qu'une longue suite de scandales et de débauches, on vit s'asseoir,, sur le trône un prince qui avait, sans y souiller sa jeunesse, traversé la cour fangeuse de son aïeul.
Louis XVI n'avait pas encore vingt ans, étant né le 23 août 1754, et sa femme, la vive et gracieuse fille de l'impératrice Marie-Thérèse, était dans sa dix-neuvième année. Ils avaient été
mariés enfants, et Ton se rappelait involontairement qu'aux fêtes de le *jp mariage, triste présage ! quelques centaines de personnes avaient péri étouffées. Néanmoins on semblait avoir confiance dans le nouveau règne, car la jeunesse a l'heureux privilège de dérider les fronts soucieux ; on salua des plus sympathiques acclamations l'avénement de ce jeune couple qui prenait • possession d'u# si lourd héritage.
Turgot au pouvoir.
Comme pour témoigner de sa bonne volonté et de son désir de remédier promptement au désordre dans lequel
son prédécesseur avâit laissé les affaires du royaume, le notiveau roi associa en sous-ordré au comté de Maurepas, son premier ministre , ' Vieil* courtisan incapable, l'honnête Turgot qui, dans son intendance du Limousin, s*était fait remarquer par son habile et sage gestion.
Héritier des doctrines dë Qttégnay, Turgot n'eut rien de plus prèssé que d'appliquer au gouvernement de l'Etat ses théories économiques. Il abrogea les ordonnances qui gênaient et entravaient le commerce des grains, il supprima les jurandes et maîtrises, abolît les corvées et ne craignit même pas de parler en faveur de la liberté de la presse. Il n'en fallait pas davantage pour ameuter la foule des privi légiés :
Digï
noblesse, parlements et clergé se déchaînèrent à l'envi contre lui. Il fut sacrifié, et, peu après sa chute, corporations et corvées étaient rétablies aux applaudissements égoïstes de tous les intéressés. On lui donna pour succèsseur un ancien intendant des colonies, nommé de Clugny, -lequel mourut au bout de six mois, laissant la place à Taboureau Des Réaux, dont l'insuffisance contraignit bientôt Louis XVI à appeler à la direction des finances le Génevois Necker qui, comme contrôleur adjoint au premier ministre, avait donné les preuves d'une capacité hors ligne.
Premier ministère de Necker.
Fils d'un régent du collège de Genève, Necker avait su réaliser en quelques années, grâce à une habileté surprenante et à des spéculations heureuses, une fortune considérable.
On pensait donc qu'il apporterait dans l'administration des affaires publiques, l'esprit d'ordre, la sagesse et l'économie qu'il avait su mettre dans la gestion des
siennes, et son arrivée au ministère fut généralement accueillie avec faveur.
Se trouvant en présence d'un déficit de près de quarante millions, Necker
eut recours aux emprunts pour parer aux nécessités du moment et subvenir aux besoins de la guerre qui venait d'éclater entre la France et l'Angleterre, et il put faire entrer par cette voie deux cent millions dans les caisses de l'État.
Mais si ce moyen offrait l'avantage d'épargner de nouvelles charges immédiates à ceux sur qui pesait si lourdement le fardeau de l'impôt, il avait l'inconvénient, assurément très-grave, d'escompter l'avenir et de creuser encore l'abîme financier vers lequel le pays était entraîné.
Le véritable remède était de faire peser l'impôt sur tout le monde et de supprimer d'un trait de plume les trente
millions de pensions annuellement jetés en pâture, comme à des oiseaux de proie, aux premières familles du
royaume.
Ce remède infaillible, qui eût osé l'appliquer alors? L'austère ministre tenta bien quelques petites réformes ; mais, pour avoir étendu aux propriétés des membres du Parlement la contribution du vingtième, il s'aliéna toute v la haute magistrature.
Heureusement il avait pour lui lep philosophes bien en cour, un certain nombre de grandes dames influentes et quelques seigneurs épris d'une passion récente pour ces mots magiques : indépendance et liberté, mis à la mode par la guerre d'Amérique. C'était la temps
Di
où le , nom de Lafay ette était dans toutes les bouches, et où l'on s'inclinait respectueusement à la cour devant le roturier Franklin • Grâce au courant libéral qui traversait les hautes régions sociales, Necker put se maintenir un certain temps au pouvoir.
11 en profita pour établir les assemblées provinciales, image en petit des états généraux, et qui, bien qu'elles aient à peine fonctionné , suffirent à donner au peuple le goût du régime représentatif.
Il alla plus loin en publiant son fameux compte rendu, par. lequel il reconnaissait implicitement à la nation le droit d'être éclairée et renseignée sur sa situation intérieure. Ce mémoire,
DE LA HÉVOLCTiON
apologétique au point de vue de sa gestion, et dans lequel il censurait amèrement les abus du système financier suivi jusqu'alors, en même temps qu'il appelait de ses vœux un mode d'administration plus libéral et plus humain, causa un étonnement profond et accrut la popularité du ministre. .
Cluitede Necker.
Pour la première fois en France le gouvernement avait l'air de se soucier de l'opinion publique. Une pareille innovation ne pouvait manquer d'exciter les colères des partisans de l'absolutisme.
Di
Les actes de Necker furent censurés, attaqués impitoyablement. On l'accusa de suivre une marche analogue à celle de Law. Maurepas était du nombre de ses ennemis. Necker, pour se défendre avec plus de force, réclama le titre de ministre d'État et le droit d'assister au conseil. Mais il était protestant ; on lui répondit qu'il n'obtiendrait son entrée au conseil qu'à la condition
..d'abjurer solennellement le calvinisme.
Il ne voulut pas sacrifier à une question d'intérêt personnel les scrupules de sa conscience, et il donna sa démis-
sion, emportant dans sa retraite les regrets de tous ceux qui voyaient en lui l'homme le plus capable de tirer la monarchie des embarras où elle était plongée.
La cour s'arauro.
Délivrée d'un censeur incommode, la cour s'abandonna à toutes les ivresses, à tous les plaisirs de nature à tenter une reine jeune et channante. '
Le roi laissait faire. Grognon et em-
porté par moments, il était bon au fond, et subissait trop volontiers peutêtre l'influence de sa femme, que la naissance d'une fille et d'un fils lui avait rendue plus chère. Il se souciait -assez peu, d'ailleurs, du tracas des affaires. Disserter journellement avec ses ministres était une fatigue à laquelle
80 I.tS ORIGINES
il préférait de beaucoup les délassements grossiers de son atelier de serrurerie. Économe jusqu'à l'avarice en ce qui le touchait personnellement, il était trop faible pour s'opposer aux prodigalités de la reine.
Pouvait-elle savoir, l'insoucieuse et folle jeune femme, ce que la satisfaction d'un de ses caprices coûtait au pays? Comment, parmi les hommages de ses courtisans, et au murmure des adulations soulevé sur ses pas, eùt-elle entendu les sourds grondements des imprécations populaires? Sans doute, elle n'ignorait pas qu'au fond des mansardes, dans les faubourgs des villes, et surtout, surtout dans les campagnes dépeuplées, la misère exerçait de cruels ravages, mais on était si charitable à
la cour! Ne récoltait-on pas toujours,
au milieu des fêtes ruineuses, quelques petites aumônes? Et la conscience était satisfaite.
On achetait Saint-Cloud, on achetait Rambouillet; on jouait à la fermière, c'était charmant; et, par les tièdes nuits d'été, on se plaisait aux promenades mystérieuses dans le parc de Versailles et sous les bosquets de 1 Trianon.
Elle ne songeait pas, l'imprudente, * aux conséquences de sa conduite, de sa conduite légère; elle ne songeait pas qu'autour d'elle, parmi ses proches, on chuchotait, qu'on interprétait à mal ses familiarités avec" certains personnages de son entourage, que déjà l'on
riait du roi son mari. Si les traits de la calomnie atteignirent • Marie-Antoinette, ils partirent de la cour même, et du milieu des courtisans, ne l'oublions pas.
Et quand plus tard nous entendrons des énergumènes, oubliant le respect dû au malheur, l'accabler d'imputations Infâmes, nous saurons du moins d'où l'exemple leur était venu. Mais que lui importaient alors les propos des uns et des autres? elle les dédaignait, se sentant heureuse, et elle se laissait vivre en suivant les penchants de son cœur, sans prévoir le lendemain terrible de ces jours de folles ivresses, d'abandon et de bonheur.
Le contrôleur général de Calonne.
N'était-elle pas, d'ailleurs, encouragée dans sa conduite par les complaisances du ministre de Calonne, donné pour successeur à Joly de Fleury et à d'Ormesson, qui eux-mêmes avaient remplacé Necker ?
Courtisan dans toute la force du terme, homme de mœurs faciles, l'ancien accusateur de La Chalotais ne savait rien refuser à un sourire de la reine, et les. dons, \ei grâces, les faveurs, les pensions pleuvaient comme
par enchantement sur les favoris et les favorites.
Aussi les emprunts se multipliaientils. En quatre ans Calonne en contracta pour plus de huit cent millions ; ce qui, joint aux précédents emprunts, porta la dette publique au chiffre énorme d'un milliard six cent trente millions.
Il n'y a pas à s'étonner si, de toutes parts, on décochait chansons, épigrammes et pamphlets contre le prodigue ministre qui, à bout de ressources, employa tous les moyens pour rétablir l'équilibre dans les finances.
La déconsidération et la désaffection faisaient de plus en plus le vide autour de la monarchie. La fameuse affaire du collier, perfidement exploitée par l'en-
vie et par la malignité publique , avait porté à la majesté royale un coup d'une violence inouïe.
Et, comme pour aller au-devant d'une impopularité déjà menaçante, le roi renouvelait, par un édit ridicule, les ordonnances en vertu desquelles l'accès des grades militaires était inter dit aux roturiers. A de pareilles mesures répondait le rire strident de Beaumarchais, qui, non content d'avoir, de sa lanière sanglante, cinglé en plein visage une magistrature corrompue et avilie, jeta la noblesse en pâture à la risée publique. Ce fut un grand révolutionnaire que l'auteur du Mariage de Figaro.
Après avoir fait flèche de tout bois,
le ministre, ne sachant où donner de la tête, eut recours à un expédient su* prême contre lequel devait se briser la faveur dont il avait joui jusque-là parmi les classes privilégiées.
' Convaincu à son tour qu'il n'y avait d'autre remède possible au désastreux état des finances que dans lâ suppression des abus et l'abolition des privilèges en matière d'impôts, il eut l'habileté d'amener le roi à consentir d'abord, entre autres choses, à laisser peser proportionnellement l'impôt sur tous ses sujets sans exception, ensuite à demander à une assemblée de notables de ratifier cette modification profonde aux constitutions du royaume.
Il savait bien que si l'on se conten-
tait; d'en référer pour cela au Parle* ment, on n'obtiendrait jamais de ses membres, privilégiés égoïstes et endurcis, l'approbation de l'égale et juste répartition des charges publiques.
Fort découragé déjà, et très-affecté de la mort récente d'un de ses plus fidèles serviteurs, le comte de Vergennes, au nom duquel restait attachée la gloire de notre intervention en Amérique, Louis XVI n'opposa aucune résistance, et, le 21 février 1787, il ouvrit en personne à Versailles,, dans la
salle des Menus, l'assemblée des notables.
Première assemblée des notables.
Les questions d'étiquette et de pré-
séance jouèrent là, comme toujours, un rôle considérable. C'est de règle dans les traditions monarchiques : les petites choses ayant les grandes.
Le roi parla peu, et peu dignement, laissant à son ministre le soin d'exposer à ses nobles collaborateurs les périls de l'État. Au lieu de déchirer complètement le voile et de faire toucher du doigt la plaie saignante à ceux qu'on avait appelés pour y porter remède, Calonne traça un tableau embelli de la
situation, se flattant d'avoir, en partie du moins, comblé le déficit, dont il rejeta
la responsabilité sur ses prédécesseurs.
Seulement ses conclusions démentirent singulièrement t% ses prémisses ; au remède héroïque qu'il proposa, il ne fut pas difficile de soupçonner toute l'étendue du mal.
Calonne connaissait bien peu le cœur
humain, quand il en appelait au patriotisme des privilégiés, et lorsqu'il s'écriait, de fort bonne foi sans doute, que le bien public et la nécessité de l'État
feu •
seraient plus forts que le crédit parti- .
culier et d'antiques préjugés.
Les notables opposèrent d'invincibles répugnances aux plans régénérateurs du contrôleur général, dont la situation
embarrassée se trouva compliquée encorô par l'intervention de Necker.
Maladroitement accusé d'avoir altéré la vérité dans son compte rendu, le banquier génevois publia un mémôirè justificatif d'une extrême virulence. On y répondit par une lettre de cachet qui exilait Necker à vingt lieues de Paris.
Mais Calonne n'en succomba pas moins sous uné double coalition d'ennemis, les uns lui reprochant d'avoir porté atteinte à la constitution du royaume, les autres d'atoir ruiné le pays par ses prodigalités \ et après s'être vu contraint de donner sa démission, il dut prendre, lui aussi, le chemin de l'exil.
Loraénie de Brienne.
Un archevêque de mœurs équivoques, grand ami de Turgot et de ce frivole abbé de Vermond que Marie-Antoinette avait eu pour précepteur à Vienne, et qu'elle avait conservé auprès d'elle en qualité de secrétaire, Loxnénie de Brienne, fut appelé à remplacer de Cfr*
lonne sous le titre de chef du conseil des finances et de ministre d'État.
On lui savait de la tête et de l'énergie ; on crut trouver en lui une sorte de Richelieu; mais les temps étaient bien changés. Un de ses premiers soins fut
de congédier les notables, dont les actes avaient si peu -répondu à l'attente générale.
Cependant, dans un des bureaux de cette assemblée, où s'étaient trouvés réunis deux hommes d'un esprit et d'un cœur bien différents . Lafayette et le comte d'Artois, un mot avait été prononcé, celui d'états généraux, et ce mot prestigieux allait bientôt être répété d'échos en échos d'un bout du pays à l'autre.
Lotte des parlementa contre la royauté.
C'est le mot dont va s'armer le Parlement dans sa lutte contre le pouvoir royal, colorant ainsi d'un prétexte d'intérêt général des résistances qui avaient surtout pour mobile de pures questions d'intérêt particulier.
C'est ainsi qu'après avoir enregistré sans opposition les ordonnances relatives à la liberté du commerce des grains et à l'abolition des corvées, il entratout à coup en révolte à propos des édits concernant l'impôt du timbre et la subvention territoriale, qui le touchaien
uigm
personnellement, et dont le second Juste entre tous, était principalement destiné à protéger les classes pauvres et à répartir plus équitablement entre les citoyens le fardeau des contributions.
Dans un lit de justice convoqué à Versailles le 6 août 1787 pour forcer la main au Parlement, le roi le prit de trèshaut, et déclara avec roideur qu'il n'appartenait pas au Parlement de douter du pouvoir royal.
Le Parlement répondit par une protestation que terminait un appel aux états généraux^ Il lut exilé à Troyes.
A coup sûr, il n'eût pas engagé la lutte, s'il avait pressenti que ses résistances conduisaient la monarchie tout droit à
une révolution.
Dans la circonstance, le gouvernement avait évidemment raison, au point de vue de la justice et de l'équité. Mais comme il y avait dans l'air un souffle puissant d'indépendance, on prit pour du patriotisme cette révolte insolite
contre le despotisme royal.
L'opinion publique se rangea du côté du Parlement, et, sur le chemin de l'exil, il reçut des témoignages bruyants de la faveur populaire.
Cependant l'ennui, et peut-être aussi le souvenir du chancelier Maupeou, ne tardèrent pas à l'amener à résipiscence.
11 fut rappelé en septembre, et enregistra les édits, dont on se contenta de modifier la forme pour lui donner un semblant de satisfaction.
L'apaisement ne fut pas de longue durée. Encouragé par son garde des sceaux Lamoignon, le roi poursuivit son système de réformes. Parurent un arrêt concernant les pensions, et un règlement de réduction des dépenses royaLes, qui eussent été certainement de nature, en d'autres temps, à lui gagner de la popularité ; mais ses meilleures intentions semblaient se retourner contre lui. En novembre il vint en personne présenter au Parlement deux nouveaux édits, dont l'un portait création de divers emprunts, dont l'autre accordait aux protestants l'exercice des droits civils.*
Ce dernier édit était éminemment Hbéral. Néanmoins, irrités peut-être par les formes acerbes, du garde des sceaux,
qui revendiqua pour le roi seul, en termes amers, la souveraineté législative, certains membres du Parlement* parmi lesquels se firent remarquer Duval d'Épréménil et l'abbé Sabattier, parlèrent chaudement contre les édits.
On allait passer aux voix, quand tout à coup la séance se trouva transformée en lit de justice ; l'enregistrement eut lieu sans vote. Un prince du sang, le duc d'Orléans, protesta aussitôt, et le Parlement déclara qu'il n'entendait prendre aucune part à la transcription des édits. Le lendemain une lettre de cachet exila le duc d'Orléans dans ses terres, et les conseillers Duval et Sabattier furent jetés en prison.
Deux jours après, le roi, qui avait fait
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détruire dans les registres du Parlement l'arrêté constatant la protestation de ce corps, promettait de convoquer les états généraux avant Tannée 1792.
Mais cela ne suffisait pas : on ne tint pas compte au gouvernement de la bonté de ses intentions, on ne vit que la brutalité de ses formes, tant on était las du
despotisme.
L'émotion devint générale ; toutes îes cours souveraines du royaume prirent fait et cause pour le Parlement de Paris. Une popularité énorme s'attacha au
nom du duc d'Orléans et à celui du con-
seillér d'Epréménil, qui cependant avait déclamé comme un sectaire contre Inédit de tolérance rendu en faveur jles protestants, v
Décidé à briser toutes les résistances et à se débarrasser des tracasseries parlementaires, le gouvernement résolut de modifier radicalement l'administration de la justice et d'améliorer les lois civiles et criminelles dont les innombrables abus paraissaient si chers au Parlement. Ce fut Duval d'Épréménil, relâché depuis peu, qui, ayant eu vent dfc ce projet, en informa ses collègues, et, de concert avec le conseiller Goislard de Montsabert, enflamma leurs colères. Décrétés de prise de corps l'un et
l'autre, ils furent arrêtés à main arméô
au sein même du Parlement, dont la majesté violée sembla un outrage à la nation. Ceci se passait le 6 mai 1788.
Dès le surlendemain, dans un nouveau lit de justice tenu à Versailles,
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Louis XVI informa le Parlement de sa ferme résolution de procurer à ses sujets une justice plus prompte et moins dispendieuse, et de remettre aux mains mêmes de la nation l'exercice de ses droits légitimes.
Le garde des sceaux, Lamoignon, donna lecture d'une série d'édits dont quelques-uns étaient frappés au coin d'une véritable sagesse, comme celui qui supprimait les tribunaux d'exception et celui qui abolissait l'interrogatoire sur la sellette et la question préalable.
La cour plénière.
Un de ces édits, portant rétablissement de la cour plénière, avait un caractère essentiellement politique, en ce qu'il enlevait au Parlement l'enregistrement des impôts et des lois, pour en charger spécialement cette cour suprême. Le même jour les parlementaires apprenaient quils étaient suspendus de leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre, et que le palais était fermé en attendant l'entière réorganisation de la justice.
Ces mesures extrêmes, excellentes
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en beaucoup de points, mais qui avaient le tort d'être un présent du despotisme, soulevèrent d'universelles clameurs.
Le feu prit aux quatre coins de la France. Tandis que Paris chansonnait la cour plénière comme une innovation émanée du bon plaisir ministériel, les parlements et la noblesse de province s'insurgeaient, au nom de leurs intérêts froissés et de leurs privilèges menacés, contre les tendances unitaires des nouveaux édits.
En certains pays, en Bretagne et dans le Dauphiné par exenvple, les protestations allèrent jusqu'à la révolte.
Du moins vit-on, dans cette dernière province, le tiers état semèttre sérieusement de la partie et réclamer, comme
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un droit dè la nation, la convocation ' dé* états généraux.
Il n'y avait plus mejfen de réculër.
Lâ ëôur était à bout d'efcpédiéhts ét de fésSoWces; tës emprunts né rëhdàiënt rien ; les rentrées d'imp^ né té fete saientpas; l'argent semblait avoir disparu du $kfà, la bahqûër'outè était imnïinénté.
Chtatt de Brienne et Ue £amôignbm
L'impopularité du premier ministre se trouvait âù comblé ; il ïallùi bien té' sàëfifiër. Lôménié clé ferienne fut congédie le % août, après avoir,
comme adieu, promis, quelques jours auparavant, la réunion des états généraux pour le 1 er mai de Tannée suivante.
Lamoignon succombait également deux jours plus tard, et le Parlement vainqueur reprit ses fonctions après une suspension de près de cinq mois.
La retraite des deux ministres excita dans Paris une allégresse que troublèrent des scènes lugubres. Pour avoir témoigné trop bruyamment sa joie de leur chute, le peuple fat impitoyablement mitraillé sur la place de Grève, scellant ainsi de son sang l'éphémère triomphe des parlementaires.
Certes, lorsque le Parlement, dans
ses remontrances, se plaignait que la liberté fût attaquée dans son principe
et le despotisme substitué à la loi de l'État, il avait raison; mais il avait tort quand il prenait prétexte de cela pour repousser les réformes les plus indispensables et les plus légitimes.
Il n'appartenait donc pas à ce corps, pilier vermoulu de l'ancien régime, attaché à tous les vieux abus, à tous les vieux préjugés, d'être le promoteur des réformes sociales réclamées par la grande école philosophique du dix-huitième siècle.
10Ç I,ES QWGINES
Rappel de Necker/'
$i rayauté* ni Parlement a'Maient capable?, venir à ho,ut pareille entreprise,.
Le roi çompviUui-piême temps (le ço^pte? aveç l'qpi^io.R pblique, à laquelle il donna VW.P pre^ mière satisfaction en rappelant Neo ker, aux applaudissements de tout le pays. Puis, ajournant, jusqu'à la réunion des états généraux, les réformes qui avaient provoqué tant de tempêtes, il renouvela de vive voix la promesse de rassembler, dans les premiers mois
de l'année 1789, les députés de la nation.
Ce mot d'états généraux sorti de sa bouche, c'était le cri suprême de la monarchie aux abois.
La monarchie songé à elle,
Ce serait une étrange illusion de croire que, en convoquant les états généraux, la monarchie ait eu surtout l'idée de réformer les abus séculaires
sous lesquels ployait la majeure partie de la nation.
Isolée au milieu de la noblesse et du
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