‹ Les origines de la revolution Ernest HamelChapitre 4 sur 10 · HO LES ORIGINES · texte numérisé non relu

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clergé, qui mettaient à lui venir en aide toute la mauvaise volonté possible, elle songea principalement à elle, et n'eut d'autre but que de se conserver elle-même, en grossissant son trésor et son armée.

« Au roi seul, disait Lamoignon, en séance royale du Parlement, le 19 novembre 1787, appartient la puissance souveraine ; il n'est comptable qu'à Dieu seul de l'exercice du pouvoir suprême, et dans sa personne réside, sans dépendance et sans partage, le pouvoir , législatif. »

Louis XVI n'avait donc aucunement l'intention d'abandonner aux représentants de la nation la moindre parcelle de cette puissance souveraine.

' DE LA. RÉVOLUTION lil

Que maintenant, pour s'envelopper d'une auréole de popularité, la monarchie ait fait miroiter, aux yeux du pays, la perspective de certaines réformes libérales, cela est incontestable.

La force des choses voulait qu'elle ne pùt se retremper dans une assemblée nationale et se sauver qu'à la condition de faire la part du feu, c'est-à-dire de passer condamnation sur quelquesunes des améliorations politiques et sociales réclamées par l'opinion publique.

Mémoire des princes.

Personne ne se méprenait à cet égard. Seulement le sacrifice parais-

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sait exorbitant en haut lieu, et rien ne prouve mieux les craintes dont furent saisis les privilégiés que le cri d'alarme poussé par l'un des frères de Louis XVI et les princes de la maison de Condé dans un mémoire présenté au roi par le comte d'Artois.

Qu'allait-on devenir si on laissait battre en brèche les prérogatives de la couronne et celles des deux premiers ordres de l'État ! Après l'inégalité des rangs, n'attaquerait-on pas l'inégalité des fortunes? Chose monstrueuse aux yeux de ces représentants du vieux monde ! on osait parler de la suppression des droits féodaux comme de l'abolition d'un système d'oppression, reste de la barbarie antique. La désolation était dans Babylone.

Les prétentions du tiers état.

La crainte et la préoccupation des

princes étaient que le tiers état, s'il

entrait aux états généraux en nombre égal à celui des deux premiers ordres réunis, ne prît bien vite une importance supérieure à celle de la noblesse et du clergé.

C'était là, en effet, la question dorainante du moment.

De toutes parts les droits du tiers était revendiqués avec une force, une énergie et une éloquence singulières.

Jamais la passion de la justice et de la vérité n'avait été si bien servie par le talent.

Le ministre dé Brienne, en promettant au nom du roi la convocation des ét%tSj avait invité toutes les personnes instruites du royaume à donner leur ayi* à ce sujet. Cela ne semblait-il pas une reconnaissance anticipée de la liberté de la presse? Les écrivains s'ernpressèrent de répondre à son appel, plus peut-être qu'il n'aurait voulu.

Alors commença de retentir, comme iifl çhmn prodigieux, la grande voix des journaux, qui binait le. réveil de la nation.

, A côté de- çes instruments de prop^ ga^derapide, paraissaient des brochures.

ardentes, passionnées, qui se répandaient de province en province, de ville en ville , et dont l'effet était quelquefois immense, comme le pamphlet à jamais fameux de l'abbé Sieyès :

« Qu'êst-cequêle tiers état?— Tout.

— Qu'a-t-il été jusqu'à présent dans l'ordre politique? — Rien. — Que deiïiaiïdê-t-il à y devenir? — Quelque chose. »

Tel étâit l'objectif vers lequel tendaient tous les esprits»

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