DEUXIÈME PARTIE
De 395 à 752 , l'Eglise avait donc élé persécutée par les
barbares, déchirée par l'hérésie, minée par le relâehemrat de la discipline, menacée ]>dv le paganisme, et pourlanl, loin d'avoir succombé à tant d'attaques, si elle avait perdu l'Afrique avec une partie de l'Espagne et de TAsie, elle avait en retour soumis Tlrlande, la Bretagne et commencé avec succès la conquête de la Germanie* Par quelles armes avait-elle combattu ses ennemis ? Quels puissants remèdes apportai t-eile à de si grands maux? A Thérésie et à la corruption des mœurs, elle opposait ses conciles et sajurididim^ appuyés du bras séûûlier; à la persécution et au paganisme, les ordres rdigieuaf^ivec leurs écoles; à tous, les vertus de ses saints, et Vunité de son gomernemerU*
1. Conciles. — Luilpiand, évéque de Crémone, envoyé en ambassade par Otton I à la cour de Gonstantinopie (968), mangeait un jour à la table de l'empereur Nicépbore , quand celui-ci, après lui avoir proposé diverses questions touchant l'Ecriture, lui dit: « Quels conciles recevez-vous? t Luitprand répondil : a Ceux de Nicée, d'Ephèse, de Ghal- » oédoine, d'Aritioche, de CarthaLrc, d'Ancyre, de Gonstan- » tinople. — ^Ehl reprit l'empereur en riant, tu as oublié de » nommer celui de Saxe ; mais il est si nouveau que nous » ne Tavons pas encore dans nos livres. — Il est vrai , répli- » qua Luitprand , que la foi est nouvelle en Saxe ; c'est » pourquoi elle y est vigoureuse et soutenue par les actes; » ici, il semble que la vieillesse l'ait affaiblie et rendue » méprisable. Aussi bien est-ce en Orient que les hérésies » ont pris naissance, et comme on applique le remède sur » la partie malade, il a fallu y tenir [jusqu'à présent] les » conciles. » Cette réflexion était piquante, et vaut bien d'autres raison.^ de la tenue des conciles généraux en Orient.