Imitation, 1. ni, chap. 2, trad. de Lamennais
Dieu. C'est par la prièro, l'oraison, los sacrifices et les pratiques de l'ascétisme qu'il faut se préparer à la lecture des Saints Livres. On écartera ainsi le danger, autrement inévitable, de l'orgueil de l'esprit, de la superbe intellectuelle, sources de toute hérésie et de toute erreur. « Beaucoup ont perdu la dévotion parce qu'ils ont voulu trop savoir. » Appliquant cette pensée à la Bible, le pieux auteur avait déjà dit : t( Dans la lecture delà Sainte Écriture, souvent notre curiosité nous nuit, voulant examiner et comprendre, alors qu'il faudrait passer simplement.
« Si vous voulez en retirer du fruit, lisez avec humilité, avec simplicité, avec foi et ne cherchez jamais à passer pour habile'. »
Là n'était point la seule ligne que le mysticisme avait fait suivre à ce courant de la pensée chrétienne. Dans un autre sens encore, il avait développé les analogies profondes du « Verbe de Dieu » et de la « Parole divine ». Cette fois, ce n'avait pas été sans danger pour cette dernière. Saint Bernard fournit de nouveau, pour l'Occident, le germe très fécond d'un long développement. « Qu'il me soit fait, s'écrie-t-il dans une de ses homélies Supei- 7}îissus est, au sujet de votre Verbe suivant votre Parole. Que le Verbe qui, au commencement, était en Dieu, devienne, suivant votre Parole, la chair de ma chair. Qu'il devienne pour moi, je vous en prie, le Verbe non pas