‹ Les Origines de la Théorie de l'Éther et la Physique de NewtonChapitre 25 sur 26 · V. Principes, L. II, Scholie général · texte numérisé non relu

V. Principes, L. II, Scholie général

2. Of. Op. Quæst. XXXI. « Nam ex phænomenis naturæ illud nos prius

On le voit, l’idée profonde de Newton n’est pas que la théorie de l'éther doive être admise dès à présent dans la science, elle n’est pas non plus qu'il faille rejeter de parti pris toute recherche des causes intimes. Tout se ramène à une question d'opportunité. « Ce qui ne se déduit point des phénomènes est une hypothèse, et les hypothèses, soit métaphysiques, soit physiques, soit mécaniques, soit celles des qualités occultes, ne doivent pas être reçues dans la philosophie expérimentales. » Mais les lois que la philosophie expérimentale admet ont toutes commencé par être des hypothèses. Elles n’ont perdu ce caractère qu'en prenant la précision mathématique et en se vérifiant par l'expérience. L'hypothèse de l’éther, à l'époque où écrit Newton, est dans l’état où se trouvait l'hypothèse de la gravitation chez les prédécesseurs de Newton. Il Jui manque l'appui du calcul et la confirmation des faits. Rien ne prouve qu'à un autre moment de l’évolution scientifique cette hypothèse ne puisse devenir positive. Elle prendra alors le nom de loi, et nous pourrons dire qu'elle nous fait connaître la cause de la gravitation.

Parmi les physiciens successeurs de Newton, il en est qui ont cru pouvoir franchir le pas où Newton s'était arrêté. D'une manière conforme à l’esprit de la physique newtonienne, ils ont tâché d’aller dans la voie expérimentale plus loin que n’avait fait Newton ct d'appliquer aux données nouvelles de: l'observation les modes de calcul inaugurés par les Principes.

Déjà Hawksbee, du vivant de Newton, avait cherché à vérifier par l’expérience l’idée que la capillarité, comme l’électricité, a sa cause dans des attractions atomiques. Jurin montra que ces forces étaient nécessaires pour rendre compte de l’ascension des liquides dans les tubes très étroits; et Clairaut,

esse doctos oportet, quænam corpora se invicem attrahant, etquænam sin leges et proprietates istius attractionis, quam in id inquirere par sit, quanam efficiente causa peragatur attractio. »

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