‹ Les origines de la trépanation décompressive. Trépanation néolithique, trépanation pré-colombienne, trépanation des Kabyles, trépanation traditionnelle. Avec 32 figuresChapitre 3 sur 64 · LOCALISATIONS ET TRÉPANATION · texte numérisé non relu

LOCALISATIONS ET TRÉPANATION

seur le plus autorisé de la trépanation du crâne pour les fractures, je fis ma première trépanation.

Cette trépanation fut heureusement pratiquée et g-uérie en suivant toutes les précautions de la méthode antiseptique que jfinaugurais en France, sur un sujet atteint d’une fracture du crâne dont le diagnostic et le siège avaient été difficiles à préciser. Le sujet blessé avait présenté une monoplégie brachiale droite, de l’aphasie et des crises épileptiformes, sans aucune apparence extérieure de fracture. ;

J’avais étudié à cette époque les publications toutes nouvelles de Ferrier, de Hitzig, de Charcot et Pitres sur les localisations cérébrales. J'avais étudié aussi les beaux travaux de Broca et de Turner sur la topographie crânio-cérébrale. Je pensai que l’on pourrait tirer un parti important de ces notions pour diriger l’opérateur dans l’ouverture du ^crâne qui me paraissait pouvoir être utilisée d’une façon beaucoup plus générale, étant donnée la facilité et la sûreté de la réparation nouvellement acquises.

Dès 1876, je lus à FAcadémie de Médecine une étude complète sur ce sujet et en 1878 je publiai mon livre sur La trépanation guidée par les localisations cérébrales (i).

Ce livre a précédé et dirigé en quelque sorte tous les travaux modernes sur la matière. Il ne renouvelait pas seulement les pratiques de trépanation du xviii® siècle, mais il ouvrait la voie dans laquelle la chirurgie allait s’engager. En effet, je donnai une formule vraiment chirurgicale de la recherche des lésions intra-crâniennes par la détermination exacte de la ligne et de la région f Rolandiqueï Je montrai comment, d’une part, le trépan pourrait en nombre de cas trouver des éléments de certitude pour la direction à suivre et comment d’autre part l’antisepsie, assurant la sécurité de cette opération si redoutée, allait permettre sa généralisation et les ouvertures larges et nombreuses!

(1) Lucas-Championmèbe. — Elude historique et clinique sur les trépanations du crâne. — La trépanation guidée par les localisations cérébrales. 1 \ol. de 150 pages, avec 14 figures. Paris, 1878.

DÉCOMPRESSION CÉRÉBPJH^LE

J’allai plus loin. Je n’arais pas seulement préparé la Toie pour les autres en donnant une détermination chirurgicale pour la recherche des contres. Mais j’entrepris immédiatement de pratiquer un nombre considérable d’opérations pour la guérison de lésions encéphaliques.

Dès 1888, dans un travail important présenté à la Société de Chirurgie, je pouvais publier 20 cas de trépanation du crâne,, dont 5 pour des fractures et 1 5 pratiquées en dehors du traumatisme.

Ces dernières operations, toutes faites avec succès, très rapidement suivies d’une série de nouvelles opérations, avaient été indiquées par des symptômes et des lésions très divers.

Dès cette époque, je ne m’étais pas contenté de l’indication de direction tirée des localisations cérébrales, mais j’avais formulé nettement les indications qu il faut tirer des phénomènes de compression cérébrale. Je le rappelle en citant seulement ces quelques lignes :

« Au premier rang des indications, il faut placer les douleurs fixes intra-crâniennes qui constituent rarement d’ailleurs un symptôme, isolé. Communément elles s’accompagnent de symptômes moteurs, surtout de vertiges. 11 est bien remarquable que dans ces cas, meme si on ne rencontre aucune lésion, l’opération peut amener la disparition de tous les accidents ».

J’indiquai ensuite les troubles moteurs, la syphilis, l’épilepsie vraie ou symptomatique, et j’ajoutai :

« Ces interventions sont encore évidemment très empiriques ; il est difficile de déterminer exactement la cause de leur succès. Il est probable qu’elles suppriment une irritation locale méningée ou qu’elles amènent une décoirpression du cerveau. Or, cette décompression du cerveau, ce desserrement d’un organe à l’étroit pourrait rendre des services dans une foule de cas différents. On pourrait même obtenir le soulagement de grandes douleurs en la provoquant chez des sujets qui ont une lésion cérébrale profonde

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