‹ Les origines de la trépanation décompressive. Trépanation néolithique, trépanation pré-colombienne, trépanation des Kabyles, trépanation traditionnelle. Avec 32 figuresChapitre 23 sur 64 · FORMES DES MARGES · texte numérisé non relu

FORMES DES MARGES

aurait à juger de semblables pièces. A coup sur, lorsque cé crâne, fut recueilli par Houbigant, à Nogent-les-Vierges, les dimensions de l’orifice avaient suffi à exclure toute idée d’opération chirurgicale, tandis que l’aspect du crâne, pour nous qui sommes familiers avec ces pièces anatomiques, est bien celui d’un crâne ouvert par une large opération suivie de guérison. De là les différences d’interprétation.

Il est facile de constater, sur cette très belle pièce, les dimensions énormes de l’ouverture crânienne dont l’étendue est très supérieure à tout ce que nous connaissions antérieurement.

La marge de l’ouverture faite à tous ces crânes est tout à fait différente de celle que nous observons après les opérations de trépanation classique. Gela tient d’abord à ce que le procédé d’exérèse est très différent. Pour la trépanation des civilisés : une voie directe tracée par la scié bien perpendiculaire à la substance osseuse (i). Pour la trépanation préhisloriqûe, quel que soit le procédé que l’on imagine, un biseau taillé'violemment avec un instrument médiocrement pénétrant et contusionnant une surface osseuse étendue.- Ce procédé implique, lors de la réparation, quelqués phénomènes réactionnels sensiblement différents de ceux que nous connaissions. -

11 est même bien vraisemblable, lorsque l’orifice est très irrégu- ^lier, que les phénomènes de réparation ont été aussi très irréguliers.

11 faut encore ajouter un caractère très particulier qui change tout à fait nos données ordinaires d’étude: le fait qu’un bon nombre de trépanations sont incomplètes. En ce cas, la trépanation n’a enlevé que la table externe, en laissant en place la table interne et enlevant plus ou moins largement le diploë. La chose a pu être faite délibérénient, dans le but de laisser la table interne. Elle a pu être faite comme un premier temps destiné à être complété par une seconde opération.^

(i) Ceci n'est pas exact pour la trépanation actuelle, comme je la p:ràtique avec la pince gouge. Elle présente alors une marge un peu différente de'cèlfe faite avec le trépan, et se rapproche par ses irrégularités de la trépanation préhistorique.

TRÉPANATIONS INCOMPLÈTES

Quoi qu’il en soit, à l’examen des crânes exhumés, on en trouve sur lesquels un trou a été commencé, ne laissant en place qu’une mince couche de table interne.

^ On trouve aussi des crânes sur lesquels il y a un orifice dont une partie semble avoir subi des phénomènes de réparation, tandis que la partie profonde offre une brisure nette. Or, quand on sait combien ces crânes sont friables, on conçoit très bien comment la fracture récente a pu compléter la trépanation. Je suis convaincu que l’aspect que prend alors le crâne a pu, en certaines circonstances, faire croire à la trépanation post mortem qui fut, pour Broca, le point de départ d’une de ses conclusions les plus compliquées pour l’interprétation de la trépanation préhistorique.

On a pu aussi considérer quelques-uns de ces cas comme des trépanations suivies de mort, parce que les phénomènes’ de la réparation se marquaient peu. J

Je pense du reste que les observateurs ont été trop sévères envers les pièces qu’ils ont examinées, en affirmant en certains cas que la trépanation avait été suivie de mort, parce que les traces de la réparation étaient peu marquées.

Pendant longtemps on a imaginé que la réparation des pertes de substance du crâne, de l’orifice du trépan pouvait être oblitérée par une masse osseuse considérable de nouvelle formation et, même à l’heure actuelle, certains auteurs l’imaginent encore. Pour l’admettre, on s’est appuyé surtout sur ce fait qu’en nombre de circonstances chez les sujets guéris et vivants l’orifice de trépanation paraît comblé par une masse si résistante que l’on croit cette masse formée de substance osseuse. On oppose ce cas à ceux que l’on observe chez d’autres sujets dont l’orifice de trépanation n’est pas défendu et chez lesquels une hernie du cerveau plus ou moins marquée est sentie.

11 est bien avéré que l’orifice peut être comblé et défendu par une masse si dure qu’elle semble avoir une consistance osseuse.

J’ai fait une longue expérience de ces productions dures, obli-

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