CARACTÈRES DES RONDELLES
au fait qu’elles ont toujours été taillées sur le crâne de sujets avant subi autrefois la trépanation et au voisinag-e de l’orifice.)
Malheureusement, pour l’interprétation de Broca, cette disposition est loin d’être commune. Je ne puis rien dire des pièces figurées par lui dans son mémoire. Mais aucune des pièces que j^ai observées avec soin ne porte de disposition favorable à cette thèse.
On dit bien pourtant qu’à côté des rondelles taillées dans le crâne, on a aussi les crânes dans lesquels auraient été taillées les rondelles.
11 y a en effet des pièces qui peuvent donner lieu à cette interprétation. Pourtant ces pièces sont bien rares, tandis que les pièces de trépanation sont très communes et communes sont aussi en certaines régions les rondelles.
Parmi les pièces qui ont été observées, il y en a qui ont inspiré la pensée que des trépanations avaient été faites post mortem.
Pour parler plus exactement, en examinant certains crânes qui présentaient d’énormes pertes de substance, on a pu croire que ces pertes de substance résultaient de ce que l’on avait taillé dans la voûte d’un crâne, après la mort, plusieurs pièces d’os pour former des rondelles ou amulettes. A priori, la chose n’a rien d’impossible. On a bien détaché la voûte du crâne de façon à en faire une coupe pour boire. 11 n’y aurait rien de bien étonnant à ce que des morceaux de crâne eussent été découpés pour être gardés en souvenirs ou comme bijoux précieux.
Les faits et les pièces mentionnées dans le remarquable Mémoire de de Baye semblent assez démonstratifs. Il s’agit surtout d’un crâne dans lequel on trouve des pertes de substance énormes, sans traces nettes de réparation. Il semble alors naturel de croire au moins que le sujet n’a pas survécu à l’opération.
Le même Mémoire de de Baye énumère tous les faits très curieux de rondelles crâniennes rencontrées en diverses circonstances. On peut penser que, parmi ces rondelles, certaines pouvaient appartenir à des crânes recoupés plutôt qu’à des sujets ayant subi une opération.