TRÉPANATION INCOMPLETE
De Bave, rapprochant l’étude de ces rondelles ou pièces crâniennes de l’étude des crânes largement perforés, pensait comme Broca qu’on peut conclure au découpagè de ces rondelles après la mort, dans le but assez mystérieux d’en former des amulettes ou des ornements.
On peut faire cette supposition. Mais pourtant les pièces étudiées ne sauraient faire affirmer ces dispositions ou ces manœuvres.
Je dois ajouter que l’étude comparée des trépanations préhistoriques et des trépanations des sauvages d’époque moderne ne révèle rien de semblable. Pas plus chez les Kabyles que chez les Monténégrins, on ne rencontre l’habitude de découper le crâne après la mort. On ne rencontre pas davantage parmi eux l’habitude de transformer les rondelles en amulettes. Toutefois il est noté par tous les auteurs qui ont étudié la trépanation des Kabyles, qu’en général, ils tiennent à garder la pièce crânienne enlevée, que l’opérateur conserve comme un gage jusqu’au règlement de la dette d’honoraires occasionnée par l’opération.
Peut-être, dèslestemps préhistoriques, le même sentiment faisaitil garder les rondelles de façon à en former un bijou ou un ornement. Gela eut été d autant moins étonnant que la coutume de faire des ornements avec des os ou des fragments d’os a toujours été fort répandue.
Il n’y aurait non plus rien de bien surprenant à ce que l’on ait taillé dans des crânes, trépanés ou non, des rondelles ou fragments destinés à faire des bijoux ou des ornements, peut-être même des talismans, ni
Trépanation incomplète.
La trépanation incomplète constitue pour la trépanation préhistorique, comme pour la trépanation des Américains antérieure l’occupation européenne, comme pour la trépanation des Kabyles et pour celle des Monténégrins, une forme très particulière de perte de substance crânienne. ^