GUÉRISON ET SURVIE
Il faudrait pouvoir déterminer les sujets qui sont morts immédiatement après la trépanation et encore pouvoir déterminer leur âg-e. Ni l’une ni l’autre des vérifications n’est bien facile.
Dans une proportion considérable de cas, les sujets ont long-temps survécu. Gela pouvait surprendre à l’époque à laquelle on a découvert la trépanation préhistorique. En ce temps, la mort des rares trépanés de la chirurgie contemporaine était la règle. Mais cela tenait à des pratiques fâcheuses. Des premiers nous avons montré que la trépanation ne devait par elle-même, pour aucune raison, être une opération meurtrière. L’étude moderne des trépanations des Kabyles, faisant suite à celle de la trépanation des sauvages, a bien montré que la guérison^ même dans ces cas de pratique sauvage, devait être la règle.
Faire remonter toutes les trépanations à l’enfance est une supposition toute gratuite. Nous avons vu qu’il n’y a en réalité aucune disposition anatomique qui puisse être évoquée en preuve.
Si la coutume de trépaner les enfants avait dominé cette pratique, ou aurait dû trouver au moins quelques crânes d’enfants trépanés; or, les exemples en sont plus que douteux au lieu d’être fréquents, si tant est qu’ils existent. On pourrait dire que la friabilité des crânes jeunes aurait pu les empêcher de venir jusqu’à nous. Cependant dans les régions dans lesquelles on a trouvé des crânes d adultes trépanés, on a trouvé quelques crânes d’enfants. Dans les publications sur le sujet, je n’en ai relevé qu’un seul trépané et encore a-t-il ete observé hors de France.
Enfin, comme nous l’avons dit plus haut, dans aucune des études sur la trépanation des Kabyles ni sur la trépanation des Monténégrins et pas davantage dans les études sur les trépanations des races rouges antérieures à la conquête de l’Amérique, je n’ai vu de trépanation signalée sur des enfants.
Ouvertui^e de la dure-mère.
Il y a encore un problème aussi insoluble que celui-ci. Au cours de ces trépanations, la dure-mère était-elle ouverte? Cela n’est pas