‹ Les origines de la trépanation décompressive. Trépanation néolithique, trépanation pré-colombienne, trépanation des Kabyles, trépanation traditionnelle. Avec 32 figuresChapitre 38 sur 64 · USAGE DE LA PIERRE · texte numérisé non relu

USAGE DE LA PIERRE

arec soin les objets familiers des hommes primitifs qui sont venus à nous sans nous livrer tous leurs secrets, nous sommes très frappés de l’ing-éniosité et de l’adresse des artistes qui ont fait des tailles de silex que nous ne savons plus faire et qui ont adapté des instruments multiples à des besog-nes très diverses et très difficiles. Rien que dans l’examen de ces silex, nous trouvons le témoig-nag-e de leur habileté manuelle. La taille de certaines scies très fines a dû nécessiter beaucoup d’expérience et beaucoup d’adresse. Aussi ne devons-nous pas considérer l’œuvre de ces sauvages comme une œuvre grossière, une œuvre d’individus agissant au hasard sans une direction, œuvre presque méprisable comme l’ont admis certains écrivains.

Ce fut au contraire, une œuvre délicate, bien mesurée, qui mérite d être étudiée en détail. C’est même un devoir pour nous d’admettre que ces sauvages, avaient pour les usages délicats de leurs instruments une adresse, une adaptation, une sorte d’acrobatisme qui nous sont tout à fait inconnus.

11 J a plus; c’est une supposition gratuite, tout à fait invraisemblable qui nous fait admettre que ces gens devaient se servir de leurs instruments de pierre exactement de la façon dont nous utilisons nos instruments d’acier. Aussi, on a fait souvent fausse route en voulant assimiler leurs procédés aux nôtres, en imaginant qu’ils ne savaient pas se servir de leurs instruments mieux que nous ne savons le faire et par conséquent en leur attribuant une infériorité extraordinaire due à la différence de leurs moyens.

Même à l’heure actuelle, ne voyons-nous pas chaque jour des gens sans civilisation ou de civilisation médiocre utiliser des instruments primitifs avec une habileté manuelle qui nous est inconnue. On voit alors que ces gens, de leur propre accoutumance, ont réalisé des procédés tout particuliers, très habiles et réussissent là où de mieux outillés échouent. 11 est donc facile de concevoir que lorsque les longues traditions d’un peuple ont produit certains travaux, même avec les instruments de pierre, on a pu arriver à des méthodes à des procédés que nous ne saurions ni bien découvrir à nouveau, ni

TROIS OPtS'IOXS SCR LES PROCÉDÉS

reproduire avec la même perfection. Il est légitime de faire la recherche, de tenter de retrouver le procédé ou les méthodes perdues; mais il ne faut pas le faire avec des idées préconçues et la conviction préalable que les sauvag-es n’ont pu utiliser que des procèdes grossiers, trop simples et par conséquent très faciles à retrouver, et surtout des procédés plus ou moins assimilables à ceux de notre outillag'e.

Depuis l’époque à laquelle M. Prunières de Marvejols (Lozère) découvrit la trépanation préhistorique (1868), le problème a tenté plusieurs chirurgiens qui ont émis sur le sujet des opinions assez divergentes. Mais une expérience intéressante a été faite par quelques auteurs qui ont cherché à reproduire l’ouverture du crâne dans des conditions identiques à celles dans lesquelles opéraient les sauvages. Le résultat de ces expériences faites avec des silex a permis d’établir trois modes possibles de perforation chirurgicale du crâne avec instruments de pierre.

1° Le plus simple de ces modes est le grattage. Broca convaincu que l’homme primitif devait agir par quelque procédé grossier et facile estimait qu’à l’aide d’un silex ou d’une autre pierre dure, il pouvait gratter, râcler une surface osseuse jusqu’à avoir pénétré la boîte crânienne.

2° Gapitan avait imaginé qu’à l’aide d’un silex pointu il serait possible de tracer sur le crâne une ligne droite, et à force de repasser le silex tranchant sur le trajet de cette ligne, de pénétrer le crâne. En circonscrivant entre plusieurs lignes une portion du crâne, on pouvait enlever la partie du crâne circonscrite.

3 ° Lucas-Championnière, dès 1876, avait fait un essai personnel de trépanation sur le cadavre et montré qu’en vrillant sur la surface du crâne avec un caillou pointu, on pénétrait le crâne très facilement. Si on faisait une sérié de perforations en couronne, assez rapprochées, circonscrivant une rondelle crânienne, il était facile d’entourer une rondelle osseuse. En repassant la pointe du silex d’un trou à l’autre, on dégageait bientôt la rondelle circonscrite et après avoir enlevé la rondelle, on déterminait sur la

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