‹ Les origines de la trépanation décompressive. Trépanation néolithique, trépanation pré-colombienne, trépanation des Kabyles, trépanation traditionnelle. Avec 32 figuresChapitre 40 sur 64 · AMULETTES · texte numérisé non relu

AMULETTES

seulement trouvé des crânes perforés. Mais on a trouvé aussi, chez les hommes qui pratiquaient la trépanation, des rondelles crâniennes conservées. Or, il est bien évident que, le ^attage ne pouvant donner de rondelles, il fallut faire une seconde hypothèse pour expliquer la confection des rondelles qui avaient été retrouvées. C’est ici que se placent les premières suppositions sur la production et la conservation des rondelles du crâne ou amulettes.

En effet, Broca avait étudié les rondelles ou amulettes avec autant de soin qu’il avait étudié les perforations du crâne. 11 les vit de formes un peu variables, arrondies, elliptiques, triangulaires, en rectangle, de même forme en somme que les orifices observés. C’étaient évidemment des morceaux de crâne. Mais, comme il affirmait que l’ouverture du crâne sur le vivant ne pouvait être faite que par le grattage, il imagina que ces rondelles n’étaient point celles qui auraient été enlevées sur le vivant analogues aux rondelles que nous conservons, après avoir fait une application de trépan.

II supposa que ces rondelles étaient des amulettes, des talismans ou des fétiches que les sauvages taillaient à loisir dans le crâne après la mort, sans toutefois préciser le procédé que les sauvages pouvaient employer pour y parvenir.

Mais, à leur sujet, il faisait une double hypothèse. D’abord, il admettait ainsi que le sauvage avait deux procédés essentiellement différents pour attaquer le crâne pendant la vie et après la mort.

Puis il admettait que cette rondelle taillée n’avait aucun rapport avec l’opération de l’ouverture du crâne.

Pourtant, entre ces deux pièces, le sauvage avait établi un rapport, puisque dans un crâne trépané, on avait trouvé une rondelle provenant d’un autre crâne.

Or, Broca qui avait accepté avec facilité cette dualité des opérations sur le vivant et sur le mort, ce qui est déjà assez compliqué, ne craignit pas d’attribuer aux sauvages de l’âge de pierre des actes et des pensées plus compliquées encore. Il admettait que ces rondelles n étaient pas seulement taillées dans un crâne après la mort, mais

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