CARACTÈRES DES RONDELLES
d’autres époques et en d’autres lieux, on trouva des rondelles fixées à des bijoux en colliers ou à des fils de cuivre.
Dans le beau travail de de Baye sur la trépanation préhistorique est figurée une rondelle fixée à un torques trouvé dans une sépulture gauloise de Targemoulin.l
Le nombre des rondelles de ce genre est assez considérable. Bien qu’on ne les trouve pas en état de suspension, on peut supposer qu’un certain nombre d’entre elles étaient destinées à être suspendues au cou, à être portées, comme sont portées les amulettes.
On en trouva, en outre, dans des conditions qui paraissaient fort mystérieuses. En étudiant un crâne trépané, Prunières trouva dans son intérieur une rondelle crânienne qui n’appartenait pas à ce crâne. Elle avait évidemment été taillée dans un autre crâne. Il en avait induit qu’après la mort du trépané en vertu de quelque croyance particulière, on avait ajouté ce fragment crânien à ce crâne déjà remarquable et saint du fait de la trépanation.
Broca affirmait que toutes les rondelles que l’on avait recueillies portaient la trace d’une ouverture crânienne ancienne et réparée en un quelconque de leurs bords. Il en concluait que ces rondelles étaient non un reste d’une trépanation sur le /na/s unjrag-
ment d’os détaché après la mort d’un crâne trépané, comprenant un bord de trépanation. Ceci lui suffisait pour affirmer que ces rondelles de forme assez variées ne sont que des amulettes que l’on avait détachées d’un crâne saint lui-même par le fait de la trépanation dès l’enfance.
Ces constatations assez peu caractéristiques avaient suffi à Broca et à de Baye pour édifier toute une série de suppositions sur les croyances de l’homme préhistorique, sur le fait qu’il était arrivé k \q. conception de la divinité, et que cette conception nécessitant une initiation et des sacrifices, i\ était vraisemblable de penser que cette trépanation constituait l’initiation. Cette initiation ne paraissait pas extraordinaire en elle-même, puisque bien d’autres initiations chirurgicales sont acceptées de peuplades sauvages avec un