IDÉES RELIGIEUSES
caractère de grayité bien plus grand que cnlui que peut présenter la trépanation.
On alla si loin dans cette voie que bon vint à supposer que la tonsure des prêtres catholiques n’était qu’un souvenir de cette
initiation. 3
Il est bien certain que pour qui a l’imagination facile ce serait une solution du problème de la tonsure, cette pratique mystérieuse dont on n’a jamais éclairci l’origine.
Certains auteurs ont pensé que la tonsure n’est qu’un diminutif de l’action de raser la tête, qui était une marque de soumission infligée à l’esclave. La coutume de la tonsure ne serait qu’une réduction de cette pratique et ne serait pas très ancienne.
D’autres auteurs affirment, au contraire, que la coutume est ancienne, que Saint-Pierre était tonsuré, que la tonsure est même beaucoup plus ancienne que le christianisme et que, comme bien d’autres coutumes du christianisme, elle était pratiquée dans l’Inde depuis une haute antiquité, sans qu’on en pût donner une explication satisfaisante.
Je dois avouer que, pour ma part, j’ai commencé par me laisser séduire par ces conceptions de Broca. Dans mon livre sur la trépanation de 1878 , j’ai rapporté complaisamment ces faits, en les appuyant du reste sur la haute autorité de Broca et de ceux qui les expliquaient comme lui.
Lorsque j’ai étudié les trépanations des Kabyles, j’ai commencé par rechercher avec soin tout ce qui pouvait en leurs pratiques avoir un caractère religieux, et ce furent précisément ces recherches qui, ne me révélant point ce caractère religieux dans des pratiques contemporaines, m’ont détourné de ces interprétations. J’ai dû alors non seulement réfléchir sur le sujet, mais étudier de plus près les pièces qui avaient été l’objet de ces interprétations extraordinaires .
Or, d’une part, j’ai trouvé ces pièces sensiblement différentes des descriptions qui en avaient été données ; ou du moins certains des caractères qui leur étaient attribués n’avaient aucune netteté.