SES CARACTÈRES
Mais, même si on admet ce fait, il faut admettre aussi que le divorce de la science chirurg-icale et de la tradition fut complet, car il n’y a que des analog’ies assez lointaines entre la trépanation régulière et l’opération préhistorique qui ouvrait le crâne.
Au temps du xvni® siècle où elle était le plus préconisée, la trépanation n était qu’une operation rare, une opération d’exception qui ne s’appliquait que pour certaines fractures du crâne, et par conséquent, ne pouvait avoir sa place que dans certains traumatismes.
Tout au contraire, à en juger par le nombre considérable des pièces que donnent les fouilles, la trépanation préhistorique était une opération d’un tout autre genre, extraordinairement fréquente. Dans toutes les régions où les squelettes appartenant à ces peuples disparus ont montré ces ouvertures du crâne, les exemples recueillis ont été très nombreux. Je suis même convaincu que les exemples devraient être plus nombreux que ne l’ont admis les inventeurs de ces précieux restes.
En effet, en effectuant cette découverte, on a considéré surtout comme caractéristiques de la trépanation les ouvertures crâniennes ayant une certaine régularité et certaines dimensions qui les rapprochaient de l’aspect des ouvertures que laisse la trépanation de la chirurgie contemporaine.
Au contraire, certaines de ces ouvertures paraissaient énormes. Mon expérience personnelle m’a appris qu’à côté de ces sujets typiques, on en rencontrait de plus irréguliers, avec des pertes de substance considérables, ne rappelant guère les ouvertures dont nous sommes coutumiers en chirurgie, mais dues certainement à une intervention opératoire. En examinant un certain nombre de crânes provenant d’un cimetière Gaulois, j’ai vu un bon nombre de ces ouvertures mal attribuées parce que seuls, les orifices réguliers avaient frappé les observateurs.
Il y a encore un fait qui montre la trépanation préhistorique bien plus fréquente qu’elle ne nous avait paru au premier abord ; c’est le cas de la trépanation incomplète^ le fait que la trépanation