Charles Barrois, loc. cit
toujours disposé à rapporter les Tigillites à quelque groupe voisin des Vêrticillées, — est au fond en parfait accord avec les vues que j’ai exposées en 1878, dans ma note, où j’insiste sur les relations incontestables qui existent entre les Foralites et les Tigillites.
C’est également à quelque forme de Siphonée verticillée que nous croyons devoir rapporter VOldhamia, attribué successivement par Forbes et Bailly aux Bryozoaires et aux Hydrozoaires. M. Schimper a combattu cette manière de voir en s’appuyant sur le mode particulier de fossilisation et de conservation des corps incrustés. Le savant paléontologiste rapproche les Oldhamia des Floridées calcaires ( Litho thamnion). L’extrême abondance des Oldhamia , dans certaines couches, rappellent jusqu’à un certain point le phénomène qui nous est offert par l’accumulation des Lithothamnion sur nos côtes et particulièrement dans la rade de Morlaix (Finistère).
Un autre type de Siphonée dichotome, dont les vestiges ont été successivement attribués à des œufs de poissons cuirassés et à des Foraminifères appartenant au groupe des Lagénides, existe dans les couches dévoniennes de Ssjass en Russie. C’est le Sycidium melo Sandb., qui rappelle par sa structure les Ovulites du calcaire grossier*.
Outre les Réceptaculidées cambriennes, qui représentent les plus anciennes algues connues, se rangent, parmi les formes paléozoïques, les Bilobites, Fræna, Chrossochorda, Arthrophycus , Eophyton, qui paraissent avoir possédé le même type d’organisation. Un bon nombre d’empreintes attribuées à des vers ou considérées comme des vestiges d’annélides ne sont en réalité que des algues calcaires. La forme sinueuse de ces productions réunies en masse a induit en erreur les géologues qui presque toujours les ont observées superfïciel-
1. Dans un travail « Sur les Algues calcaires confondues avec les Foraminifères et appartenant au groupe des Siplionées dichotomes » M. Munier-Chalmas a,aussi démontré que les Ovulites étaient des Algues siphonées, identiques ou très voisines des Coralliodendron (Penieillus), des Espéra et des Rhipocephalus, qui vivent dans les mers chaudes et tempérées, etc. (Bull. Soc. géol., 3° sér., 2, 7). Les Ovulites habitaient les mers relativement chaudes ou tempérées de l’éocène moyen et inférieur d’Europe. Elles vivaient en Angleterre, en Prusse, en France (env. de Paris, Bretagne [M. Vasseur], en Italie, etc.), dans des eaux peu profondes dont la salure était souvent différente.
lement. Une étude attentive des algues calcaires (fig. 5) qui se développent sur certaines parties de nos côtes, et notamment dans la rade de Morlaix, nous a permis d’étudier l’organisation et le mode de formation de ces cryptogames. Récemment, lors de la grande marée de septembre, j’ai pu voir sur des étendues considérables, dans les
Fig. 5. — Fragment d’une algue calcaire incrustante (Lithothamnion polymorphum) grandeur naturelle. L'échantillon provient de la rade de Morlaix (Finistère).
anfractuosités des rochers recouverts par la mer, ces algues incrustantes dont les frondes, qui se trouvent dressées et placées sur le côté, rappellent, par leur forme sinueuse, des serpules ou des pistes d’annélides. La ressemblance des mômes algues, quant à l’apparence des frondes, avec plusieurs Fræna de Suède et aussi avec notre Fræna
Lyellii (fig. 6) des quartzites inférieurs de l’Ouest de la France, est faite pour attirer l’attention. Je citerai avant tout le Lithothamnion polymorphum Areschoug , qui n’est nulle part plus abondant que dans la rade de Morlaix. Cette Floridée calcaire forme des croûtes d’assez grandes dimensions, de couleur rose avec diverses nuances. Les frondes, d’abord libres, se réunissent bientôt pour former des frondes
composées. Une première couche est fixée aux rochers, puis au-dessus de cette couche (hypothalle) se développe une seconde assise qui forme çà et là des protubérances cylindriques et de formes diverses plus ou moins élevées. Le Lithothamnion polymorphum est surtout remarquable par le développement de ses frondes, dont les bords, en se rencontrant, se relèvent et croissent verticalement appliquées l’un contre l’autre. Ce phénomène se produit toutes les fois que les bords
1. Lithothamnion polymorphum , Aroschoug ; Melobesia polymorpha, Havv. ; Spongites polymoipha, Kuetz. — Ro9anoff, Recherches sur les Mêlobésiées (Mémoires de la Société des sciences naturelles de Cherbourg, t. XII, 1866).
de deux frondes voisines et séparées se rapprochent. Ces élévations deviennent quelquefois considérables et forment des lignes proéminentes continues et crispées qui parcourent en diverses directions la surface de la fronde composée. Les frondes du Litholhamnion ■polymorphum s’épaississent pendant longtemps, par suite de l’accroissement de la couche supérieure du tissu recouvrant l’hypothalle. La couleur des frondes est variable; les unes sont d’un rose violacé, les autres offrent une teinte d’un rouge vineux assez intense. Par la ♦dessiccation, les frondes, ainsi que nous l’avons observé, prennent
Fig. 7. — Fragment de Litholhamnion polymorphum. — Coupe passant par le milieu d’un cystocarpe pour montrer la cavité qui renferme les corps reproducteurs.
D’après un échantillon recueilli dans la rade de Morlaix (Finistère).
ordinairement une teinte livide. Ici, les organes de la fructification sont des cystocarpes. Ces organes se forment sur toute la surface de la fronde, et on les trouve même sur les prolifications cylindriques qui s’élèvent verticalement sur la fronde. Dans le Litliothamnion polymorphum , les cystocarpes sont très rapprochés et peuvent recouvrir la fronde dans toute son étendue. L’ostiole est visible à l’œil nu. Les sporanges contenus dans les cystocarpes du Litholhamnion polymorphum paraissent normalement divisés en quatre parties. Cependant il n’est pas rare de rencontrer dans le même cystocarpe des sporanges, les uns à quatre cellules, les autres à huit cellules. Plusieurs individus recueillis dans Pile Ricard (rade de Morlaix) possèdent des sporanges divisés transversalement en cinq parties et en deux parties (fig. 7). Les sporanges quadriloculaires paraissent constituer la forme normale. Il y a quelques années, en étudiant le développe-
ment des stylospores des Depazéés et des Urédinées, nous avons pu constater maintes fois la variabilité du nombre des cloisons des stylospores renfermées dans un même sore ou dans une même pycnide. Il nous a été facile d’observer cette même variabilité des sporanges contenus dans plusieurs cystocarpes du Lithothamnion polymorphum, qui nous ont présenté à la fois des sporanges à quatre spores et à deux spores. Enfin les tétraspores, faciles à distinguer des cystocarpes, existent plus rarement chez le Lithothamnion. Les cavités tétrasporiques n’offrent jamais ni à l’œil nu, ni à la loupe des ostioles semblables aux ostioles des cystocarpes ; elles forment des mamelons déprimés avec des orifices qui sont bouchés par une matière mucilagineuse. Chacun des orifices conduit à un compartiment à part qui renferme une seule tétraspore. Ces dernières, toujours ovoïdes, divisées plus tard transversalement en quatre cellules, ont l’extrémité inférieure arrondie et l’extrémité supérieure plus ou moins amincie et engagée dans l’orifice qui vient d’être décrit. Les compartiments dans lesquels naissent les tétraspores sont séparés les uns des autres. Les Lithothamnion et en général les Mélobésiées renferment dans leur tissu du carbonate de chaux, dû sans doute à la décomposition du bicarbonate de la même base en dissolution dans l’eau de mer où végètent ces plantes. Ces algues calcaires tapissent d’une couche continue les flaques d’eau, les rochers et les cailloux de nos côtes où elles végètent à la façon des Polypiers. Cuvier rangeait les Lithothamnion dans l'embranchement des Rayonnés, parmi les Polypiers calcaires. Mais l’erreur de l’illustre naturaliste est bien excusable, car, il y a tant de ressemblances - extérieures et d’analogies générales dans le mode d’existence des Corallines et des Polypiers, qu’on ne commettrait pas à présent une grande faute en disant que les Corallinées remplissent, dans le règne végétal, un rôle analogue à celui que, dans le règne animal, jouent les Polypiers. Récemment, M. Solms- Laubach a étudié avec un soin particulier les algues calcaires de la baie de Naples.
Les découvertes de M. Castrancani dans les houilles d’Angleterre
nous ont appris qu’à cette époque les Diatomées étaient représentées par plusieurs espèces fossiles qui vivent encore aujourd’hui 1 .
Une autre catégorie est celle des Aledoruridées dont les principaux types renferment les genres paléozoïques Aledorurus, Spirophyton, qui ont précédé les genres secondaires ou tertiaires Taonurus et Cancellophycus. Comme le fait justement observer M. de Saporta, le règne végétal fournit bien peu d’exemples d’une telle longévité, et, entre la plus ancienne Alectoruridée silurienne et la plus récente de ce groupe, la divergence est tellement faible qu’on voit bien qu’il s’agit d’un seul et même type. Les Chondritées, que l’on peut considérer comme le terme le plus élevé, paraissent avoir peuplé les mers primordiales. Représentées dès le silurien par les Bylhotrepis , ces algues étaient variées à l’époque du Flysch. Quant aux algues supérieures (Fucoïdées Floridées), les unes $e montrent surtout à partir du tertiaire, alors que les autres laissent leurs vestiges vers la fin des temps secondaires.
L’étude de la distribution géographique de ce grand groupe dans l’espace et dans le temps serait fort instructive. Les Caulerpa, qui semblent se rapprocher des Siphonées primitives (Bilobites) alors très répandues en Europe, en Amérique, dans les mers de Fâge primordial, caractérisent la zone équatoriale et les mers tempérées australes de la Nouvelle-Hollande, de la Nouvelle-Zélande et de la Nouvelle- Calédonie. Dans ces régions croissent les Dasycladées et d’énormes Siphonées calcaires (Halimédées). Outre les Caulerpa , les algues qui abondent dans les mers équatoriales appartiennent aux genres Sargassum, Gelidium , Laurencia, Hxypnea , Acantophora, Amansia, Turbinaria , etc. La végétation marine des terres australes est remarquable par ses Laminaria, Macrocystis, Durvillea , Lessonia. C’est aussi sur les côtes àustraliennes que vivent les Claudées, les plus étranges des algues. Les mers tempérées de l’Europe et de l’Amérique
1. Cet, exemple d’une longévité aussi surprenante chez dos protophytes unicellulaires nous rappelle la remarquable loi biologique mise en lumière par M. Albert Gaudry, que les êtres inférieurs changent moins rapidement que les supérieurs.
septentrionale possèdent surtout les Fucus, Cystoseira Delesseria, Halymenia, Gigartina, Dictyota, Bryopsis , et ce qui semble caractériser cette végétation des mers du nord, c’est la prédominance des Floridées et des Ulvacées sur les Fucacées. A l’époque actuelle, on peut regarder la zone polaire comme la patrie des Ulvacées, les zones tempérées comme la patrie des Floridées et les zones voisines des tropiques comme celle des Fucacées et des Caulerpées.
Nous croyons utile de faire connaître maintenant le résultat de nos recherches anatomiques et organogéniques sur les Muscinées et les Cryptogames vasculaires. Quelque divers que paraissent entre eux les groupes qui forment les familles des Mousses, des Fougères et des Lycopodiacées, l’anatomie explique parfaitement leur commune origine, et les grandes lignes de démarcation qui ont été établies entre ces familles — lignes que la nature ne présente jamais — tendent à s’effacer de plus en plus. Cela résulte des études d’anatomie et d’embryogénie telles que notre siècle les a comprises. Comparées sous le rapport de la structure anatomique, les Fougères inférieures offrent avec les Muscinées supérieures des rapprochements qui, depuis que nous nous occupons de l’étude de ces plantes, nous paraissent , chaque jour plus frappants. Il s’agit de démontrer que ces rapprochements ne sont pas fondés sur [des analogies superficielles et insuffisantes. Il existe en Tasmanie et dans la Nouvelle-Zélande des types de Polytrichs chez lesquels le faisceau libéro-ligneux rudimentaire de notre Polytrichum commune est bien autrement accentué et représente, suivant nous, le faisceau fibro-vasculaire le plus simple qui existe. Tel est, en effet, le faisceau axile du Phalacroma dendroides Hooker, Polytrich de la Nouvelle-Zélande, de la Tasmanie et du Chili et l’une des plus belles mousses connues. Le Phalacroma possède, outre ce faisceau axile, d’autres faisceaux disséminés dans la masse du parenchyme fondamental et remarquables par leurs éléments qui semblent ne pas différer des véritables faisceaux. Ces mêmes faisceaux isolés paraissent aussi élevés en organisation dans le Polytrichadelphus Maqellanicus, espèce très remarquable des terres Magellaniques. A
l’époque actuelle, la Nouvelle-Zélande est véritablement, avec la Tasmanie et l’Australie, la patrie des Mousses supérieures. Outre le Pohytrichum commune et le P. Juniperinum, qui croissent en abondance dans certaines parties de ces îles, le genre Pogonatum s’y trouve représenté également par les Pogonatum tortile et alpinum. Viennent ensuite le Dawsonia superba, YAtrichum angustatum , les Phalacroma dendroïdes et squammosa, et le Polytrichadelphus Magellanicus, que nous considérons comme les types de végétaux cellulaires les plus parfaits qui existent. Que l’on compare maintenant le seul faisceau flbro-vasculaire axile de YHymenophyllum minimum avec le faisceau axile précédemment décrit du Polytrichadelphus Magellanicus et l’on sera frappé. L’embryogénie nous apprend que des liens d’une affinité naturelle unissent les. Muscinées aux Cryptogames vasculaires, c’est-à-dire aux Fougères; l’anatomie nous permet de retrouver plus sûrement ces liens en nous dévoilant la structure du faisceau axile chez le Polytrichadelphus et Y Hymenophyllum. Des analyses non moins instructives m’ont permis de reconnaître la nature — beaucoup plus complexe qu’on ne le suppose — des éléments histologiques des nervures qui parcourent les frondes du Symphyogyna (Hépatiques) ; et, là encore, je ne puis me défendre de voir dans ces minces nervures de Symphyogyna, la première ébauche du faisceau axile très dégradé de Y Hymenophyllum minimum, qui croît à la Nouvelle-Zélande, sur les troncs d’arbres, avec le Symphyogyna. En nous plaçant à un point de vue strictement anatomique, les Mousses supérieures, par le Polytrichadelphus, et les Hépatiques, par le Symphyogyna, s’unissent étroitement aux Fougères inférieures ou Hyménophyllées. Ce ne sont point là des hypothèses, mais des faits qui s’imposent à tout esprit philosophique.
Il existe, dans la flore actuelle, une Lycopodiacée à peine connue, dont l’organisation singulière a particulièrement attiré mon attention. C’est le Phylloglossum Drummondii Kunze, de la Nouvelle-Hollande, de la Tasmanie et de la Nouvelle-Zélande. Le port de cette plante est tout à fait celui de YOphioglossum Bergianum, et les feuilles rappéllent
beaucoup, par leur développement, les feuilles stériles de plusieurs Opkioglossées exotiques. Mais, c’est surtout par sa propagation végétative, la nature et le mode de développement., de son prothalle que le Phylloglossum se relie le plus intimement aux Ophioglossées. J’ai pu m’assurer, .sur des échantillons stériles recueillis à la Nouvelle- Zélande par l’amiral Dumont d’Urville et le docteur Raoul 1 , que cette Lycopodiacée se renouvelle, comme les Ophioglossées, au moyen de bourgeons adventifs issus de la tige souterraine (üg. 8). Mettenius a
Fig. 8. — Phylloglossum Drummondii Kze.
a, échantillon, grandeur naturelle. — ô, c, doux échantillons sans épis fructifères.
très justement comparé les tubèrcules et les bourgeons du Phylloglossum à ceux des Orchidées indigènes. Les sporanges d’une seule sorte (microsporanges), qui tirent leur origine de la feuille transformée en bractée, sont groupés en épis allongés, aigus, au nombre de douze à vingt (flg. 9). Ces microsporanges sont uniloculaires, plus
Fig. 9. — Phylloglossum Drummondii Kze. — Epi fructifère très grossi.
courts que la bractée, mais plus larges qu’elle. La figure 10 représente une bractée trifi.de offrant à sa face interne un microsporange qui la déborde des deux côtés. A la maturité, chaque microsporange s’ouvre
1. Louis Crié, Contributions à la flore cryptogamique de la presqu’île de Banks (Nouvelle-Zélande) [Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1881], — De Saporta et Marion, L’évolution du règne végétal , Cryptogames, p. 130.
en deux valves comme le montre la figure 10 è, et cette déhiscence rappelle celle des Lycopodes. Les microspores sont très nombreuses, tantôt tétraédriques, , tantôt globuleuses ou allongées ; elles parais¬
sent disposées quatre par quatre dans l’intérieur des microsporanges (fig. 11). Il m’a été possible d’obtenir la germination des microspores. Plusieurs ont produit un très petit prothalle souterrain blanchâtre,
d’une forme bulboïde particulière qui fait songer de suite au prothalle des Ophioglossées (fig. 12). En effet, chaque petite masse prothallienne produit sur sa surface quelques poils radicaux plus ou moins allon-
. Fig. 12. — Phylloylossum Drummondii Kze.
a, prothalle entier et grossi ; ô, coupe d’une prothalle montrant deux archégones et une anthéridie.
gés. Ces prothalles monoïques laissent voir, sur une section longitudinale, des archégones dont le col proémine tant soit peu au-dessus du prothalle, tandis que les cavités à anthérozoïdes sont plus ou moins immergées dans la masse t(u tissu cellulaire. La figure 12 montre deux archégones et une cavité à anthérozoïdes. Suivant nous, le Phyllo-
glossum réunit en lui les traits caractéristiques confondus des Lvcopodiacées Isosporées et des Lycopodiacées.
Les Lycopodiacées sont représentées à l’époque actuelle par les Lycopodium , Selaginella, Isoetes , Tmesipleris , Psilotum, Phylloglossum *. Le nombre des espèces comprises dans chacun de ces genres est indiqué par le tableau suivant :
Lycopodiacées de l’époque actuelle.
Genre Lycopodium. 125 espèces.
— Selaginella. 215 »
— Isoetes. 50
— Psilotum. 5
— Tmesipteris. 2 »
— Phylloglossum. 1 »
Le genre Tmesipteris ne renferme, à notre avis, qu’une seule espèce, le Tmesipteris Forsteri Endl., ( Tmesipteris Tannensis Berm), qui croît sur le stipe des fougères arborescentes. Le Tmesipteris Billardieri Endlicher n’est qu’une simple forme du T. Forsteri dont les feuilles sont parfois acuminées et tronquées sur le même individu. Nous avons observé cette variation sur des échantillons provenant de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de l’île de Yan Diemen.
L’Amérique méridionale est la région la plus riche en Lycopodiacées-, viennent ensuite l’Asie méridionale, l’Afrique, l’Océanie, l’Europe, et l’Amérique septentrionale. Dans la flore actuelle, il n’existe pas de Lycopodiacées arborescentes. Le Lycopodium cernuum, qui croît communément sous les tropiques, est quelquefois de la grosseur du petit doigt et peut atteindre près de deux mètres en hauteur, ce qui le fait ressembler à un petit arbre. C’est l’espèce qui paraît avoir donné lieu à l’histoire d’un Lycopode en arbre observé dans l’île de Sumatra.
1. Le genre Lycopodium a été observé à l’état fossile dans le terrain boitiller de Saarbruck, où il est représenté par cinq espèces. Les Isoetes existent dans les calcaires miocènes d’OEningen ( Isoetes Braun», Unger) et dans les marnes calcaires d’OEningen (Isoetes Sc/ieuchezeri, Heer). Les Psilolites se rencontrent dans le grès rouge des bassins houillers de Saarbruck ( Psilolites lithanthracis, Goldenberg) et dans les dépôts miocènes de Fort-Union (Missouri supérieur), Psilotites inermis, Newberry.
LES EOPHYTON
Les couches de grès de Vestergôtland (Gothie occidentale) appartiennent au système cambrien dont l’assise inférieure a reçu des géologues, suédois le nom de grès à fucoïdes (Regio fu'coïdarum). En 1868, le professeur Otto Torell a publié un mémoire consacré à la géognosie et à la paléontologie de cette formation, qu'il nomme étage à Sparagmit, d’après les auteurs norvégiens *. Ce travail est surtout remarquable par la descriptton d’un fossile fort instructif, VEophyton , découvert par le docteur Wallin. A plusieurs reprises, l’attention de M. Torell s’est portée sur les grès à Eophyton et les grès à fucoïdes , qu’il considère comme correspondant au groupe de Harlecb ou Longmynd, rapporté par Murchison au cambrien, et qui forme pour Lyell la partie inférieure du système cambrien en Angleterre. D’après M. Torell, l’étage sparagmitique de Kjerulf, très développé en Scandinavie, correspond au groupe du Longmynd d’Angleterre et à la regio fucoïdarum d’Angelin. Les formations cambriennes de Suède peuvent donc se diviser ainsi qu’il suit :
ANDRARUM, SCANIE
K1NNEKÜLLE, |
WESTROGOTHIE
Zone de l 'Agnostus laevigatus.
Zone de l 'Agnostus laevigatus.
Couches à Selenopleura.
Couches à Selenopleura.
Faune primordiale.
Zone à Paradoxides Davidis.
Inconnu.
Zone à Paradoxides Ilicksi.
Zone à Paradoxides Hicksi.
Zone à Paradoxides Wahlenbergi.
Inconnu.
Groupe de Harlech ou 1
j Saxum arenaceum. Scolithus.
Saxum arenaceum.
de Longmynd. i
[ Diplocrateriort.
Fucoïdes, Eophyton.
1. Bidrag till Sparagmitetagens geognosi och paleontologi (Lunds Univers. Arsshrift, t. IV.)
— Al —
Les Eophyton de la Scandinavie qui nous ont été communiqués par M. Linnarsson représentent des fragments de plantes plus ou moins allongés, d’une largeur à peu près égale, offrant de nombreuses stries régulières qui alternent avec des sillons. Il est aisé de constater sur quelques échantillons la présence de stries sensiblement plus grosses vers les bords. M. Linnarsson a décrit avec soin plusieurs empreintes d’Eophyton *. L’une d’elles est rectiligne et laisse voir, entre les plus gros sillons, des striés très fines qui n’ont pas été assez accentuées. Ces stries et ces sillons s’incurvent en avant sur une partie qui peut correspondre à un point d’insertion. Tout à côté ont été figurés deux appendices allongés dont la connexion paraît difficile à saisir. Un second spécimen aplati possède des sillons plus profonds et moins réguliers. L’auteur a établi sous le nom d 'Eophyton Torellii une forme qui paraît distincte de VE. Linnæanum. L’échantillon est un fragment long d’environ 90 millimètres et portant quatre protubérances ou appendices inégalement disposés en spirale. Les specimens à'E. Torelli, recueillis pour la première fois à Lugnâs par Linnarsson, possèdent tous ces sortes d’appendices. Dans son premier mémire, le géologue suédois croyait, avec raison, à la nature végétale des Eophyton, et il inclinait môme à voir, en ces empreintes, des vestiges de végétaux supérieurs aux Algues. Le professeur Torell souscrivait à cet avis. Depuis lors, M. Linnarsson a émis sur le même problème des vues qui se rapprochent beaucoup de celles de M. Nathorst, qui paraissent avoir eu, en Scandinavie, une certaine fortune. Ces vues, nous l’avons dit précédemment, nous semblent impossibles à soutenir. Dans notre opinion, les Eophyton représentent de véritables plantes marines fort singulières, puisque rien de ce qui existe parmi les algues de nos jours ne saurait leur être comparé. Les Eophyton sont des corps cylindriques, plus ou moins larges et allongés, simples
1. Om nagra fôrsteningar fran Vestergôtlands. Ôfversigt af Vet. Akad. Forh., 1860, p. 345. On sonie fossils found at Lugnas in Sweden (Geological Magazine, 1869, p. 399). — Nicholson. On the occurrence of plants in tlie Skiddaw slates (Geological^Magazine, p. 494). Beskrifver, Och afbildar sâsom vâxter atskilliga spâr, tilliidrande slâgtena, Buthotrepis, Chondrites, Eophyton.
uu peu rameux, toujours marqués de stries ou de cannelures fines longitudinales à peu près régulières. Ce curieux fossile est connu, en Suède, dansjla formation cambrienne inférieure (grès à Eophyton), dans les grès dé la division silurienne inférieure, près du lac Ringsjôn" (Scanie). En France, les quartzites ferrugineux micacés de la faune seconde silurienne (grès armoricains, grès à tigillites et à bilobites) m’ont aussi offert ces fragments d’Eophyton que j'ai pu étudier surplace, àjjChemiré-en-Gharnie (Sarthe), avec mon excellent ami,
fc'ig. la. — fragment d’un Eophyton provenant des grès siluriens de Chemiré-en-Charnie (Sarthe).
A. Guillier, qui m’a fait connaître cette riche localité fossilifère (fig. 13). Le tronçon cylindrique que j’ai représenté est conservé en demirelief. Il mesure une longueur de 10 centimètres environ; il est marqué de stries longitudinales et parallèles fort nettes. J’ai donné le nom d 'Eophyton Saportanum à cette forme que je crois distincte de celle de Suède (Voy. Sap. et Marion, L'évolution du règne végétal , page 82 ').
1. G. île Saporta, A propos des Algues fossiles, p. 63 à 66. Paris, 1882.
D’après M. Guillier, la coupe du terrain silurien de la Sarthe se présente de la manière suivante :
1" Silurien supérieur:
2* Silurien moyen :
3® Silurien inférieur :
Schiste et argile bigarrée avec Orthocùres et Cardiola inter • rupla, veines d’ampélite avec graptolites.
Grès blanc sans fossiles.
Schiste contourné, noduleux, à Cahjmene Arago,