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C. Tristani, Asaphus nobilis , etc

Grès rouge à bilobites avec bancs de poudidgues et galets de quartz (Cliemiré-en-Charnie, Saint-Léonard-des-Bois).

Les quartzites de Chemiré-en-Charnie (Sarthe)'renferment, dans les mêmes bancs, un fossile appelé par Rouault Fræna Goldfussii. Ce Fræna comprend deux cordons ordinairement accolés, semblables à ceux des véritables Fræna ou Cruziana , dont il diffère par l’absence d’un réseau formé de stries obliques et sinueuses. Chaque accolade montre un sillon central et deux dépressions latérales caractéristiques, puisqu’elles semblent indiquer une sorte de transition vers les Eophyton.. Je propose pour cette forme remarquable, que je vais maintenant étudier en détail, le nom générique de Palæotenia.

Palæotenia N. V.

Corpora algæformia, polyraorpha, medio profuude sulcata.

P. Guillieri N.

P. fronde (viva) cartilaginea vel coriacea, simplici aut vage ramoaa ; lubulis plerumque cylindritis, fossilisatione plus minus ve compressis, circitor 0 ra ,0i0 crassis, marginatis, in medio profunde sulcatis; tubulis hinc parallelis valdè confertis (vulgo Bilobite) illiric remotis.

Bien que je ne possède pas encore tout l’ensemble du Fræna , je vois cependant le mode de bifurcation de ses parties essentielles avec une grande clarté. L'espèce est constituée par des cordons plus ou moins tubuleux dont la largeur n’excède guère dix millimètres. Chaque accolade présente une dépression centrale et deux sillons latéraux parallèles, sans trace de réseau superficiel si compliqué chez certains types (Fræna furcifera , Bronnii , rugosa). Les cordons d’abord réunis se bifurquent de la façon la plus nette ; il existe aussi des traces de ramification qui permettent de croire que les cordons étaient rameux, et l’accolade amincie laisse voir la convergence des deux sillons latéraux vers la dépression centrale. Ce fossile en apprend plus que

les nombreux fragments entassés dans nos musées. Que les Fræna ne comprennent pas des formes unilobées et des formes bilobées, comme on l’avait supposé, c’est un point sur lequel l’échantillon de Chemiré-en-Charnie (Sarthe) ne peut laisser aucun doute. Le Palæotenia est effectivement unilobé ou bilobé, suivant le point observé; l’empreinte laisse voir cette communauté d’origine en faisant toucher au doigt les causes accidentelles qui ont amené la rupture entre les diverses parties. J’incline à voir, en cette production, les vestiges d’une grande algue tubiforme dont l’analogie avec certains Cylindrites et Siphonites du Lias ne saurait être méconnue. Rien, parmi les Thallophytes de nos mers, ne représente ces algues du type paléozoïque. Si l’interprétation du Palæotenia est assez avancée pour qu’il soit permis d’établir quelque chose de précis à son égard, il est vrai de dire que la plus grande réserve est commandée dès que nous étudions les autres Fræna, qui nous sont presque toujours parvenus d’une manière obscure et fragmentaire. Un document tel que celui de Chemiréen-Charnie peut seul produire en pareille matière la conviction scientifique. Des recherches ultérieures me permettront de faire connaître plus complètement l’organisation de ce fossile. Aujourd’hui, j’ai cru utile d’insister sur le mode de bifurcation des tubes ou cylindres constituant vraisemblablement la partie stipitale de l’algue : c’est là que se décèle la nature végétale du Palæotenia. Les paléontologistes qui verront l'échantillon de Chemiré-en-Charnie n’auront nul doute sur ce point.

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LES BILOBITES 1 2

Il n’est pas de fossiles qui aient donné lieu à autant d’hypothèses que les Bilobites ( Cruziana, Fræna, Fucoïdes), dont les plus anciens vestiges ont été observés vers l'horizon des grès à Eophyton de la Scandinavie. Les remarquables travaux de MM. Hall, Unger, Torell, Vanuxem, M’Coy 3 4 , Linnarsson, bien que jetant quelque jour sur cette question pleine d’intérêt, présentent des résulats d’une étonnante diversité. Dans nos musées, dès qu’il s’agit de ces empreintes, tout est à l’état de documents épars ; et, aussi bien pour les Bilobites que pour les Tigillites, c'est la multiplicité, - la confusion qui domine. Une riche série de Cruziana provenant de Chemiré-en-Charnie m’a permis d’opérer le discernement de plusieurs Bilobites étudiés sur place. Très souvent, en France, nous appelons Bilobites 3 les Cruziana, Fræna , Buthotrepis i e t autres formes siluriennes. Cette désignation est tout à fait défectueuse, puisque, ainsi que nous l’avons démontré précédemment, le Palæotenia présente à la fois des cordons libres et accolés. Mais, du moment qu’on le prend comme une simple appellation conventionnelle, la dénomination de Bilobite ne peut avoir d’inconvénient.

1. Rouault, Note préliminaire sur une nouvelle formation découverte dans le terrain silurien inférieur de la Bretagne (Bull. Soc. géol. de France, 1850). — Deslongchamps, Mémoire Soc. linn. Norm., vol. X, 1856. — Duval, Bull. Soc. géol. France, 1838.

2. Geognostiska och palæontologiska iakttagelser ôfver Eophyton-sandstenen i Vestergotland af J. G. 0. Linnarsson. Stockholm, 1871.

3. Bilobites Dekay (Ann. of New-York). — Cruziana d’Orb. ; Fræna Rit. — J. Morière, Note sur les grès de Bagnoles (Orne) [Bull. Soc. linn. de Normandie, 3® série, vol. II, 1878]. — Sur les empreintes offertes par les grès siluriens dans le département de l’Orne, etc. (Association française pour l’avancement des sciences, congrès de Paris, 1878). — OËhlert, Notes géologiques sur le département de la Mayenne, p. 32, 1882.

4. Ludwig, Fossile Pflanzenreste aies der paleotilischen Formation von Dillenburg. — Beskrifer, Och afbildar en stor màngd spâr sâsom vàxter'àf slagtena, Palœophycus, Chondrites, Delesserites, Buthotrepis och Dictyota. 1869.

Les plus anciens Bilobites connus sont le Cruziana (Rhysophycus dispar Lns) et le Fræna tenella Lns., des grès à Eophyton de la Suède. Le Cruziana dispar , fossile assez commun à Kinnekulle, à Billingen et à Lugnâs, présente deux formes distinctes, l’une étalée, horizontale, l’autre contractée. Cette dernière est caractérisée, sur les spécimens suédois que je dois à l’obligeance de M. Linnarsson, par deux séries de côtes très accentuées, parallèles et perpendiculaires au sillon qui les sépare. Toutes ont aussi à peu près la même longueur. Le savant suédois a décrit la forme contractée sous le nom de Rhysophycus dispar. Ce Bilobite offre un ensemble de stries linéaires disposées symétriquement et transversalement des deux côtés de la ligne médiane; c’est une empreinte ovalaire, convexe, élargie à l’une de ses extrémités et partagée en deux lobes symétriques par une dépression longitudinale qui, à sa partie postérieure, est petite et peu profonde. Chaque lobe porte des sillons réguliers et rapprochés. M. Linnarsson compare ce fossile au R. bilobatus du groupe de Clinton et au R. Grenvillensis d’Amérique. Le Fræna tenella Lns., est constitué par de petits cordons de largeur égale, convexes, aplatis vers la partie supérieure, de telle sorte que leur section donne l’aspect d’un parallélogramme. Chaque cordon laisse voir une dépression longitudinale très accentuée et, des deux côtés, des sillons moins profonds, creusés à angle droit. La disposition générale des sillons rapproche ce Fræna de VArthrophycus Harlani Hall *, dont les cordons sont d’ailleurs beaucoup plus gros. Le Fræna tenella existe à Lugnâs et à Kinnekulle et dans les grès de Raabàch.

Les Bilobites se composent essentiellement de deux parties convexes ou cylindroïdes accolées, marquées à la surface, chez les grandes espèces, de stries sinueuses et obliquement dirigées. Il est difficile de suivre ces cylindres à la surface de la roche et d’obtenir l’ensemble d’un individu avec la terminaison supérieure du phyllome auquel il donnait lieu. Nous avons vu cependant dans le Palœolenia,

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