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SUR L’ÉVOLUTION DES VÉGÉTAUX INFÉRIEURS

Les premières monères formèrent de simples plastides, tels que les Sehizomycètes ou Champignons-ferments. Ces protophytes unicellulaires 1 se multiplient par scission; on les rencontre partout, et leur rôle dans les maladies (septicémie, pneumo-entérite, fièvre récurrente) est de jour en jour mieux connu. Les Monères et les Schizomycètes (Bactéries, Vibrions, Bacillus, Spirilles) représentent, suivant nous, le premier état conidifère des Ascomycètes dont les types les plus complets développeront plus tard spermogonies, pycnides et périthèces. A côté de ces organismes se placent les Algues monoplastides

(Siphonées simples, Siphonées verticillées), qui ont joué un rôle si remarquable dans les mers cambriennes et siluriennes de l’époque paléozoïque. Lorsqu’on se livre à l’étude patiente des détails positifs que nous fournissent l’anatomie et le développement du thalle des Siphonées, on ne peut douter de leur étroite parenté avec les Zygomycètes dont l’appareil sexué (zygospore) et les appareils asexués (sporanges et chlamydospores) ont été bien étudiés par M. Brefeld.

Nous savons aussi que, par les Zygomycèles, les Algues Càulerpées se relient intimement aux Ascomycètes. C’est là un fait évident qui

1. Dans son cours d’embryogénie comparée, professé au collège de Franco, M. le professeur Balbiani divise ainsi les organismes unicellulaires :

Organismes unicellulaires.

Protozoaires. Protophytes.

Infusoires ciliés,

— flagellés,

— cilio-flagellôs,

— suceurs, Acinètes, Rhizopodcs,

Labyrinthulés,

Calallactes,

Noctiluques,

Trypanosomes.

Sporozoaires,

Sehizomycètes,

Myxomycètes,

Chitridinées,

Volvocinées,

Desmidiées,

Diatomées,

Siphonées.

n’échappe à aucun cryptogamiste. Les Ascomycètes ont des rapports multiples avec les Urédinées privées de peridium. En 1867, j’ai attiré le premier l’attention des mycologues sur le rliythme évolutif des Pyrénomycètes inférieurs et des Urédinées l . Ces organismes offrent dans leur mode de développement, dans la succession de leurs multiples appareils reproducteurs, tant de points de ressemblance qu’il vient naturellement dans la pensée de les faire dériver ensemble d’un même type ancestral. Une instructive parité peut être facilement établie entre la question de l’évolution des Phragmidium et celle des Depazea. Les Phragmidium, chez les Urédinées et les Hendersonia, chez les Depazées, nous offrent l’exemple d’un remarquable parallélisme. Les Uromyces, Puccinia, Triphragmium , sont bien aux Phragmidium ce que les Sphaeropsis, Diplodia, Desmazierella sont aux Hender sonia.

Le tableau suivant fera mieux connaître cette parité :

Pyrénomycètes. Urédinées.

Une pycnide do Hendersonia Un sore de Phragmidium pré-

présente des stylospores sente des stylospores pas-

passant successivement par sant successivement par les

les états suivants : états suivants :

Sphœropsis. (Stylospore simple.) Uromyces.

Diplodia. (Stylospore double.) Puccinia.

Desmazierella. (Stylospore triloculaire avec cils.) Triphragmium.

Hendersonia. ' (Stylospore pluriloculaire.) Pragmidium.

Des affinités qu’il est impossible de méconnaître rattachent également le groupe des Erysiphées aux Pyrénomycètes et aux Uredinées pourvues d’un péridium. Quiconque suit de très près et en détail le développement d’une Erysiphée voit apparaître, sur le mycélium, de volumineuses conidies, des stylospores ténues, renfermées dans leurs pycnides et des spores endothèques issues d’appareils spéciaux qu’ornent à la maturité des filaments très élégants. Dans VE. guttata, la

1. Voy. Louis Crié, Recherches sur lés Pyrénomycètes inférieurs du groupe des Depazées. Thèse pour le doctorat ès sciences naturelles. Paris, 1878.

paroi du conceptacleascophore est tapissée intérieurement d’une membrane à peine continue dont les cellules renferment une matière plastique oléagineuse, semi-fluide et de couleur d’or. Une telle substance existe dans le fruit des Æcidiim, qui devient ici, comme dans beaucoup d’autres cas, l’analogue du conceptacle ascophore. La tache d’un Depazea, avec ses conidies, ses spermogonies, ses pycnides et ses périthèces, représente, comme je l’ai dit ailleurs, un petit thalloïde polycarpique très remarquable par les phénomènes de cohabitation dont il est le siège. J’ai montré vers la même époque comment les Pyrénomycètes inférieurs se relient aux Lichens inférieurs ou Pyrénocarpes de M. Nylander; les Strigules établissent ce passage. L’évolution des Depazées m’a appris qu’il est des formes chez lesquelles prédominent les spermogonies ( Septoria , Cheilaria, etc.), ou les pycnides ( Diplodia, Sphoeropsis, Hendersonia, etc.). L’abondance des conidies est caractéristique chez les Exosporium , Cladosporium, Graphium, etc., et nous savons que certain Depazea, dont la fructification ascophore a été éliminée durant son évolution, se propage exclusivement par les conidies. Tel on voit, parmi les Erysiphées, des types réduits à leur forme conidifère. Un grand nombre de Pyrénomycètes inférieurs présentent régulièrement, après l’apparition des formes conidienne et pycnidienne, la forme ascophore. Je citerai le très curieux Pleospora herbarum , commun pendant l’hiver sur les feuilles mortes, dont j’ai signalé la présence sur plusieurs plantes de l’hémisphère austral. Mais à côté de ces types micromycètes si complets, il en est d’autres chez lesquels les périthèces, aujourd’hui fort rares, seront sans doute un jour éliminés du cycle de développement. J’ai déjà signalé l’extrême rareté des conceptacles ascophores chez plusieurs Pyrénomycètes inférieurs. Pour une cause qui nous échappe, la formation des périthèces dans certains types riches en pycnides et en spermogonies s’est certainement éteinte ou tend à s’éteindre. Les rapports des Urèdinées et des Trémellinées sont parfaitement connus grâce aux recherches de M. Tulasne.

Les vues que je viens de développer sont résumées dans ce tableau :

Evolution des

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