‹ Les origines de Mahé de MalabarChapitre 16 sur 86 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

V Argonaute, si heureuse fût-elle, ne lui avait donné en réalité qu'une autorité morale assez limitée.

Quoi qu'il en soit, la guerre continua de part et d'autre, si l'on peut donner le nom de j^uerre à des opérations où il n'y avait peut-être que quelques dizaines d'hommes d'engagés. Goringote reprit aux Anglais la montagne de Ponelle et bientôt après, le 42 février 1723, les Anglais lui prirent à leur tour deux méchants fortins, où ils massacrèrent une douzaine d individus qui s'y trouvaient renfermés.

Une action plus importante s'engagea le 14 mars. Ce jour-là, dit M. Adam, 14.000 hommes venus tant du pays de Goyonnaire que de celui de Bayanor, menacèrent Tellichéry, pendant que les Français attendaient anxieux à la rivière de Mahé le résultat de cette attaque qu'ils auraient provoquée. Le résultat n'aurait pas répondu à nos espérances ; les 1 i.OOO hommes avaient été mis en fuite par les Anglais et deux mois après repoussés définitivement des états de Goyonnaire. Lorsque, à la fin de l'année, toutes ces rivalités furent soumises pour examen aux deux conseils de Madras et de Bombay, M. Mollandin, sans contester la défaite de Goyonnaire, put écrii'e que ^L Adam n'était tout de même pas Alexandre le Grand et qu'il convenait de ramener l'atFaire à de justes proportions '.

1. Dans cette affaire, les Anglais firent prisonnier un canoniiier français nommé François Guillcn ; ils en conclurent aussitôt que nous soutenions effectivement leurs ennemis. Une en(|uète démontra que ce Fr. Guillen était déserteur depuis quatorze mois et qu'il était passé chez Goyonnaire, qui utilisait occasionnellement ses services. Les déserteurs furent toujours très nombreux dans rinde, aussi bien dans l'armée anglaise (jue dans l'armée française, recrutées l'une et l'autre le plus souvent parmi les éléments les moins recommandables de la population européenne.

— Sali ne semble pas qu'après ce combat il y ait eu de sérieux engagements sur terre, tant du côté de Coyonnaire que du côté de Golastry ; les dilTérentes lettres ou rapports que nous avons sous les yeux ne nous parlent de rien. Elles nous donnent au contraire des renseignements très nombreux et très précis sur les agissements maritimes des Anglais.

M. Adam savait, à n'en pas douter, que si nous étions établis à Mahé, l'établissement nous coûtait fort cher, que malgré nos dépenses nos moyens d'action étaient insuffisants et que le Conseil de Pondichéry ne voulait pas ou ne pouvait pas les augmenter. Au mois de janvier, la petite garnison s'était renforcée de dix topas, venus de Pondichéry, mais c'était la limite des sacrifices possibles et le Conseil, un peu découragé tant par l'accroissement des dépenses que par l'hostilité des Anglais, écrivait le 23 janvier 1723 à la Compagnie que si l'on avait pu renforcer l'établissement de Calicut sans créer celui de Mahé, cela aurait été suffisant pour avoir du poivre; quand le commerce aurait été plus développé, on aurait créé un nouveau comptoir ; néanmoins le Conseil se soumettait aux ordres de la Compagnie et, s'il ne le pensait pas, écrivait que l'établissement de Mahé serait avantageux dans la suite K A Mahé même, il régnait la plus grande anarchie ; M. Mollandin avait retenu MM. Vlamin et Billard contre les ordres de la Compagnie ; les soldats obéissaient difficilement à leurs chefs et ceux-ci se refusaient eux-mêmes à reconnaître l'autorité civile de M. Mollandin ou de son second, M. de la Croix. M. Adam pouvait donc espérer qu'avec de la ténacité et au besoin quelques pi'océdés douteux,

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