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3. Lf> Ay.s (Hail un vaisseau do 240 lonnes et VUnion de 140,
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U Union arriva à Mahé le 15 février et le Lys le 17 mars. Us apportaient avec eux 120.000 roupies et V Union amena 15 soldats français et 28 topas commandés par de Bury, capitaine, de Plaisance, lieutenant, et de Zégombarde, enseicrne. Les deux premiers devaient remplacer Sainfond et de Varennes, dont l'indiscipline était notoire et le dernier l'enseigne Girard tué dans une rixe avec son lieutenant. On comptait sur l'autorité de M. de Bury, déjà fort au courant des affaires de rinde par un séjour prolongé à Pondichéry, pour ramener l'ordre dans les esprits et donner aux indigènes une impression de force et d'organisation qui faisait défaut.
Avec ces éléments renouvelés, le Conseil ne cherchait point à fournir à Bayanor les moyens de faire la guerre aux Anglais; il ne demandait toujours qu'à rester tranquille à Mahé et à y faire du commerce sans être inquiété, mais il voulait être prêt à toute éventualité. Comme depuis l'Argonaute et le Pondichéry, c'est-kdire depuis un an, il n'était pas venu de bateau à Mahé, et que cette longue interruption n'avait pas été sans donner beaucoup d'audace à M. Adam, le Conseil pensait'que V Union et le Lys suffiraient à rétablir le prestige de la compagnie.
Les capitaines de ces deux navires, MM. Baudrand et de Boisrion avaient reçu comme instructions de se concerter avec M. Mollandin au sujet de toutes les mesures à prendre ; ils furent tous deux d'avis qu'il y avait lieu de venger l'honneur de la nation et les insultes faites à notre pavillon; le premier se saisit du Chauvelon, appartenant à la Compagnie anglaise et le second de la Porte du Sud. Le Chauvelon fut échangé
contre une manchoue qu'on nous avait prise quelques jours auparavant. Quant à la Porte du Sud, assez gros navire qui venait du Bengale, il ne fut relâché qu'à la suite d'une lettre de M. Adam où <■<■ il ne demandait pas mieux que de terminer toutes choses par la voie de la douceur ». On fît en conséquence une espèce de trêve en attendant que les deux nations eussent décidé de toutes les contestations (24 mars '). D'après cette convention, M. Adam s'engageait à remettre en liberté les Macouas à notre service qu'il avait fait prisonniers et à laisser passer librement les manchoues ou bâtiments portant pavillon français et ayant des passeports ou lettres d'avis de la Compagnie.
Le Lys n'avait pas plutôt disparu que M. Adam nous faisait enlever une manchoue qui venait de Quilandi (28 mars). Fort heureusement, le Lys n'était encore qu'à Mangalor; M. MoUandin eut le temps de prévenir M. de Boisrion, qui se saisit aussitôt en rade de la palle amirale anglaise nommée la Coy Grab ; puis il revint à Mahé avec sa prise. Ce fut l'occasion pour nos partisans d'insulter à leur tour l'escadrille anglaise et de reprendre quelque conliance dans l'avenir.
L'Union et le Lys ne restèrent pas longtemps à la côte Malabar ; ils étaient de retour à Pondichéry au commencement de juin. Nous savons par une lettre du Conseil en date du 7 juin 1724, que l'accord qu'ils avaient conclu ne plut pas à Pondichéry. Lorsqu'il y fut connu, les Anglais l'avaient déjà enfreint en ne rendant pas les Macouas qu'ils avaient faits prisonniers; ces prisonniers pouvaient être sujets de Bayanor, mais de
1. V. Pièce annexe n" 6, les articles do raccommodement entre MM. Adam et Mollandiu.
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qui donc étaient sujets les Macouas de Madras et ceux de Pondichéry? Qui s'aviserait à Madras do toucher à des Macouas au service de la Compagnie, qu ils fussent ou non sujets du Nabab d Arcate? M. Adam avait encore violé sa parole en attaquant cinq jours après le traité une manchoue qui venait de Quilandi. Pour ces deux motifs, le traité était nul ; le Conseil estimait, d'autre part, qu'il était conçuen termes captieux et peu honorables pour la Compagnie '.
Le Conseil supérieur n'était guère partisan, nous l'avons dit, de l'établissement deMahé; chaque jour il en voyait croitre les besoins sans pouvoir satisfaire aux dépenses; mais il avait au plus haut degré le sentiment de l'honneur national et, puisque l'aifaire était engagée, il estimait qu'il fallait la conduire avec vigueur et décision. (( Nous avons, écrivait-il à Mahé le ") janvier 1724, des ordres précis et positifs pour assurer l'établissement du Mahé. )> Que M. Mollandin prépare donc tous les matériaux pour se for ti lier à l'embouchure de la rivière; si Bayanor est inquiété par les Anglais, il iloit comprendre que nous seuls pouvons le défendre et cette défense ne peut être ctïîcace que si nous avons un point d'appui autre qu'Anjigoudy. Mais que M. Mollandin ne croie pas que le Conseil a des ressources illimitées, ainsi qu'il affecte de le dire en sa correspondance ; le Conseil n'a pu envoyer 120.0(1(1 roupies qu'au détriment des autres comptoirs, (^uant aux soldats, M. Mollandin demande encore oO ou GO Français; où les prendre ? Si on les lui envoyait, il ne resterait que des étrangers à Pondi-