‹ Les origines de Mahé de MalabarChapitre 38 sur 86 · Délib. du Cons. Sup. du 20 dcc. 1726, t. II, p · texte numérisé non relu

Délib. du Cons. Sup. du 20 dcc. 1726, t. II, p

11.500 pagodes, qui furent chargées sur la Minerve le 25 janvier 1727 et partirent le lendemain pour la côte Malabar.

Le Conseil de Mahé ne croyait pas à la détresse de Pondichéry et attribuait à la mauvaise volonté du Conseil Supérieur toutes ses observations financières. M. Trémisot comme M. Deidier ne craignait point de le dire et de l'écrire. Le Conseil Supérieur se justifiait avec d'excellents arguments et déclarait au surplus que les protestations des Mahésiens, loin de l'effrayer, lui faisaient plutôt plaisir, car il les enverrait à Paris ; la Compagnie pourrait ainsi se rendre compte une fois de plus que, si elle avait des embarras aux colonies, c'était pour n'avoir pas su faire à temps les sacrifices convenables.

Le Conseil de Mahé poussait les récriminations au point de vouloir évacuer le fort de Mahé le 1" avril, s'il ne recevait pas avant cette date tous les fonds nécessaires pour assurer les dépenses de l'année entière. En attendant, M. Trémisot réduisit à 45 le nombre des ouvriers chargés de travailler à la forteresse et aux autres constructions. Le Conseil Supérieur ne voulut rien garantir et répondit qu'il enverrait des fonds, s'il en recevait de France ou de Chine; mais, s'il n'en arrivait pas, « nous doutons fort, écrivit-il le 25 janvier, que le Conseil de guerre fût approuvé de la Cour et moins encore de la Compagnie d'abandonner un tel poste. Tant que vous aurez des fonds en caisse pour payer le prêt du soldat, nous vous connaissons trop bons serviteurs du roi et de la Compagnie pour prendre un tel parti » K

i. Arch. Pond., Rcg. 70. Lettre du 25 janvier.

Avec l'emprunt des particuliers, la participation des marchands de Pondichéry et la souscription du Conseil Supérieur, M. Trémisot put faire face aux premières dépenses indispensables et notamment à l'achat des poivres, à un moment où la saison le permettait encore.

Mais ces ressources ne tardèrent pas à être presque épuisées et les préoccupations recommencèrent. Le Conseil Supérieur comptait en janvier recevoir des fonds de Chine ou de Manille ; il fut informé en février que les ^allions chargés de marchandises venant de Manille avaient été pris, qu'à Canton, le navire le Pondichéry s'était pour ainsi dire perdu dans un typhon pendant la nuit du 19 au 20 septembre et que les marchandises du Bengale ne se vendaient à aucun prix. On essaya en mars un nouvel emprunt qui échoua. Le 16 avril, le Pondichéry revint de Chine dans un état pitoyable; l'opération commerciale se traduisait par 40 pour cent de perte. Mais, dans le même temps, il arriva également de Chine un bateau anglais porteur de quelques matières d'or appartenant à la Compagnie; celle-ci se trouva comme par hasard disposer de ressources inespérées et sa première pensée fut pour Mahé.

La saison ne permettant plus d'envoyer des navires à la côte Malabar, le Conseil Supérieur décida de confier 6.000 pagodes à des pions qui partiraient de huit jours en huit jours chacun avec 1.000 pagodes, afin de ne pas tout compromettre en une seule expédition, en cas de vol ou d'assassinat '.

Le premier envoi eut lieu le 18 avril et les autres les 30 avril, 12 mai, 5 juillet. Il et 18 août. Ces fonds

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