L ADMINISTRATION
Au début, rétablissement de Mahé fut entièrement subordonné à celui de Galicut, avec M. Mollandin comme chef des deux comptoirs. M. Mollandin eut successivement comme seconds M. de la Croix et M. Trémisot. Il ne semble pas que M. de la Croix ait été uniquement chargé des affaires de Mahé, mais ce fut le rôle nettement attribué à M. Trémisot ; avec lui le comptoir de Mahé commença de vivre d'une vie complètement indépendante. L'autorité personnelle de M. Mollandin maintint seule le trait d'union entre les deux comptoirs jusqu'au 15 janvier 1727. Quand M. Mollandin fut remplacé, M. Trémisot resta seul maître à Mahé et la log-e de Calicut lui fut subordonnée.
M. Mollandin eut jusqu'à la fin toute l'autorité des chefs de comptoirs ; cette autorité fut même plus grande que partout ailleurs, car elle n'était contrôlée par aucun Conseil. M. Mollandin dut cependant en certaines circonstances, et surtout dans les affaires militaires, prendre l'avis des officiers ou capitaines de navires qui se trouvaient auprès de lui ; cette consultation devint obligatoire le jour où fut installé un conseil de guerre, en juillet 1726. En dehors des affaires militaires, M. Mollandin ne relevait que du Conseil Supérieur de Pondichéry ;
les questions politiques, diplomatiques et commerciales le concernaient exclusivement. Tous ses actes devaient être réglés d'après les ordonnances royales en vigueur dans la colonie.
Le Conseil de guerre eut à s'occuper officiellement de toutes les mesures qui furent prises dans la seconde partie de la guerre contre Bayanor et au début de nos difficultés avec les Anglais au .sujet de Goyonnaire. Lorsque l'horizon futunpeuéclairci, M. Deidier, parfois en désaccord avec M. Trémisot, demanda à se retirer (23 avril 1727). Le Conseil Supérieur, en considération des services qu'il avait rendus, le laissa libre d'agir comme il lui conviendrait. On le pria seulement de vouloir bien assister M. Trémisot de ses conseils, s'ils lui étaient demandés.
Le Conseil de guerre était une institution provisoire, créée pour des difficultés momentanées. Lorsque M. Delorme arriva à Mahé, il était porteur d'instructions de M. Lenoir pour y installer un conseil administratif comme à Chandernagor et à Surate.