‹ Les origines de Mahé de MalabarChapitre 5 sur 86 · A. Col. C^ 6r,, p. 183, 218 et · texte numérisé non relu

A. Col. C^ 6r,, p. 183, 218 et

pour assurer l'existence du nouvel établissement. Le premier chef fut M . Arnault.

Les opérations commerciales du début furent assez bonnes. Les Anglais, en difficultés avec les Hollandais, ne vinrent pas cette année acheter du poivre ; la marchandise fut nombreuse et peu chère et M . Arnault en acheta une grande quantité. Les opérations de 1702 furent déjà moins bonnes : la guerre venait de reprendre en Europe entre la France et l'Angleterre; les vaisseaux fran^-ais qui étaient allés charger à Calicut en novembre n'osèrent continuer leur voyage de retour et s'arrêtèrent à Goa. Puis ce furent les vaisseaux de France euxmêmes qui cessèrent de venir régulièrement, et l'argent manqua peu à peu. A peine formé, le comptoir de Calicut commença à péricliter.

M. Arnault fut remplacé en 1704 par M. Fuet, sousmarchand, qui avait longtemps navigué dans les mers de Chine. En 1705, Fuet put acheter 400 milliers de poivre, mais il ne vint pas de navires de France pour les chercher. En 1706, il se passa un événement assez grave à Ponelle, où nous nous étions installés. Il y avait dans les environs de cette localité deux princes féroces, avides d'argent et sans scrupules : ils étaient frères. Les Anglais et les Hollandais ne cessaient de les exciter contre nous. Nous risquions à chaque instant d'être pillés. A la fin, les gens du pays se mirent en guerre les uns contre les autres; le parti le plus faible fut le nôtre ; il dut se réfugier à l'abri de nos magasins. M. Fuet, averti de ce qui se passait, envoya de Çalicut deux commis. Clerc et La Pierre, avec douze chrétiens noirs du pays pour secourir nos partisans. Les ennemis, étaient, paraît-il, au nombre de 6.000; mais l'altitude

des deux commis fut si résolue et ils déployèrent tant de courag^e que les pillards durent se retirer^. Ce coup de hardiesse sauva notre établissement ; mais la leçon avait été dure. Quelques mois auparavant, le préposé du comptoir, un nommé Berger, avait volé pour 9.000 roupies de poivre ; le Conseil de Calicut, inquiet pour lavenir et ne disposant lui-même d'aucun moyen d'action, préféra supprimer le comptoir (janvier 1707). Les poivres qui n'étaient pas encore vendus ou embarqués furent remis aux Anglais de Tellichéry.

Il semble que, par compensation, ce soit à ce moment qu'on ait envisagé la possibilité de fonder un établissement à la rivière de Mahé, ainsi que Bayanor nous le proposait depuis quelque temps. Ce prince nous écrivit à cet égard en 1710; la case dont on retrouvait encore les traces en 1721 fut peut-être construite à cette époque ; mais il ne paraît pas que ce premier établissement ait eu la moindre valeur ou la moindre durée, car il n'en est point question dans les lettres de 1721 ; on lit au contraire qu'en venant alors à Mahé, on ne fit que céder à des propositions anciennes et plusieurs fois répétées de Bayanor.

Cependant la loge de Calicut dépérissait tous les jours. Le Samorin était en guerre presque permanente soit avec le roi de Cochin, soit avec les Hollandais, soit avec les deux; les transactions commerciales s'en ressentaient. En 1708, M. Fuet dut faire transporter les poivres à l'intérieur du pays, de peur d'une descente des Hollandais ; en 170'J, ces poivres s'accumulant, il fallut que M. Hébert, gouverneur de Pondichéry, recourût à l'obli-

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