Un navire neuf valait de 12.000 à 15.000 pagodes
sa flottille et les particuliers la leur. Le commerce n'étant point libre, la Compagnie pouvait obliger les vaisseaux des marchands à prendre ses marchandises au taux habituel du fret et elle procédait ordinairement de cette façon, s'il s'agissait de petites quantités ; mais, si le chargement était important, elle préférait affréter ou même acheter le navire et c'était alors elle qui offrait à son bord une place au commerce particulier.
Les navires partant généralement à une date régulière et, en tous cas, dans une saison favorable, les accidents de navigation étaient peu nombreux. On n'en cite qu'un à la côte Malabar pendant la période qui nous occupe. C'était en 1729. Au mois de mai, il y eut un violent ouragan ; 22 bâtiments tant grands que petits furent perdus, parmi lesquels le vaisseau V Elisabeth, commandé par Seniquaire et armé par M. Martin, de Surate, Sur les 93 personnes qui composaient l'équipage et les passagers, il n'en fut sauvé que 15, dont le capitaine ; ils trouvèrent refuge à Mahé. La Compagnie perdit sur ce navire 760 roupies de cornalines que M. Martin envoyait à Pondichéry, sans compter du blé et d'autres objets.
Il ne semble pas que les Angrias et les Sauvagis, ce pirates de la côte, aient beaucoup inquiété notre navigation ; ils opéraient surtout du côté de Goaet de Bombay. A la fin de 1736, les Sauvagis nous enlevèrent cependant trois embarcations. Un moment, le Conseil de Mahé songea à entretenir sur la côte un gros bateau pour faire la police de la mer et il fît part de ce projet au Conseil de Pondichéry ; celui-ci estima que les risques à courir ne correspondaient pas aux dépenses à engager et le projet fut abandonné. Une seule fois, le Saint-
Pierre escorta les embarcations qui allaient chercher du riz à Mangalore.
Comme pour le commerce, nous voudrions pouvoir donner la liste complète des navires de quelque importance qui entrèrent à Mahé ou en sortirent, depuis l'époque où le commerce y devint régulier, en 1727 ; on se rendrait ainsi un compte plus exact de l'importance de Mahé à ce moment de son histoire. Mais, là encore, les précisions nous manquent, et il faut se contenter d'une nomenclature incomplète.
Nous nous bornerons à indiquer les navires entrés à Mahé ; à la sortie, ce seraient les mêmes noms, à quelques unités près.
La Minerve, cap. Frérot de la Butte, 700 tonneaux, 110 hommes d'équipage et 40 canons, o. (o. =i origine) Pondichéry, partie le 26 janvier.
La Solide, o. France, arrivée à Mahé en septembre.
La Marie-Gertrude, cap. Claude Larivière-Pénifort (l'aîné), 330 tonneaux, 57 hommes d'équipage, 14 canons, o. Pondichéry, partie le 13 octobre.
Le Pondichéry , o. Pondichéry, parti le 28 décembre 1727, continua sur Moka.
hdi Minerve, cap. Cadion, 113 hommes d'équipage, 26 canons, o. Pondichéry, partie le 26 janvier.
Le Saint-Joseph, cap. Saint-Hilaire, 450 tonneaux, 90 hommes d'équipage, o. Pondichéry, parti en janvier, continua surBassora.
Le Maure, 300 tonneaux, 70 hommes d'équipage, G. Pondichéry, parti le 14 octobre, arriva le 17 novembre.
Le Saint-Joseph, o . Pondichéry, parti le 5 février, continua sur Bassora.
Le brig-antin Saint- Ignace^ o. Pondichéry, parti le 11 février.
Le Saint-Pierre; cap. Jean Larivière-Pénifort (le jeune), 250 tonneaux, 59 hommes d'équipage, 10 canons, o. Pondichéry, parti le 5 mars.
Le brigantin la Marie, cap. La Bourdonnais, o. Pondichéry, parti le 15 octobre^ continua sur Goa.
Le Pondichéry, o. Pondichéry, parti le 12 janvier.
Le brigantin Saint-Ignace, o. Pondichéry, parti le 21 janvier.
Le Duc-de-Chartres, o. Pondichéry, parti le 10 février.
Le Fortuné, cap. Mahé de la Villebague, o. Pondichéry, parti le 16 octobre.
UUnion, cap. Saint-Ililaire, partie le 8 janvier, continua sur Bassora.
he Pondichéry, cap. Finsley, o. Pondichéry, parti le 14 janvier.
ISHeureux, cap. Ragousse, o. Pondichéry, parti le 23 janvier, continua sur Goa.
Le Saint-Pierre, cap. Duchemin, o. Pondichéry, parti le 5 février.
h' Enf reprenant, cap. Finsley, o. Pondichéry, parti le 20 octobre.
Le Saint-Joseph, cap. La Bourdonnais, vaisseau portugais, parti de Pondichéry le 20 octobre, continua sur Goa.
Le Saint-Pierre, cap. Nicolas Duchemin, o. Pondichéry, parti le 12 février.
Le Saint-Joseph, cap. Louis Salby, o. Pondichéry, parti le 20 février.
Le Griffon, o. France, arrivé en septembre.
Le Saint-Pierre, cap. Nicolas Duchemin, o. Pondi chéry, parti le 18 octobre.
Le Pondichéry, o. Chandernagor, parti de Pondichéry le 31 janvier.
Le brigantin VAventurier, cap. Deshayes, 50 tonneaux, 20 hommes d'équipage, o. Pondichéry, parti le 8 février.
Le Maure, cap. Henri Legrand, 300 tonneaux, 70 hommes d'équipage, 14 canons, o. Pondichéry, parti le 11 février, continua sur Bassora.
Le Cavalier, o. Pondichéry, parti en août.
La Badine, o. France, arriva en septembre.
Le brigantin ï Indien, cap. Dubocage, 100 tonneaux, 30 hommes d'équipage, o. Pondichéry, parti le 15 octobre.
Le Héron, o. France, arriva en octobre.
La Galathée, o. France, arriva en octobre.
Le Saint-Pierre, cap. Nie. Duchemin, o. Pondichéry, parti le 43 février.
he Saint- Joseph, cap. Salby, o. Pondichéry, parti le 26 février.
Le Jason, o. Pondichéry, parti le 21 juillet.
La Galathée, o. Pondichéry, partie le 4 octobre.
Le Cavalier, o. Pondichéry, parti en novembre.
Le brigantin V Aventurier, cap. Ady, o. Pondichéry, parti le 8 février.
Le Saint-Joseph, cap. Puel, o. Pondichéry, parti le 12 février.
'L'Union, cap. Dubois-Rolland, o. Pondichéry, partie le 8 janvier, continua sur Bassora.
he Duc-de-Bourbon, o. France, passa à Mahé vers le 1®'' septembre, continua sur Pondichéry;
La Reine, cap. Boisrion, 450 tonneaux, o. France, arriva le 5 octobre.
Le Saint-Pierre, o. Pondichéry, parti le 20 octobre, continua sur Goa.
La Subtile, o. les Iles.
he Fortuné, cap. Dubois, o. Pondichéry, parti le 14 février.
lj'Aveniurier,o. Pondichéry, parti le 21 février.
he Dauphin, o. Pondichéry, parti le 21 février,
La Thétis, 550 tonneaux, o. France, arrivée à Mahé en août ou septembre, continua sur Pondichéry.
La Thétis, o. Pondichéry, partie le 27 octobre.
Le Maurepas, 700 tonneaux, cap. delà Garde-Jazier, o. Pondichéry, parti le 22 octobre, arrivé à Ma hé le 22 novembre.
Le Héron^ o. France, arrivé à Mahé le 5 octobre.
Le Saint-Pierre^ o. Pondichéry, parti fin octobre.
Le Petit-Indien, o. Pondichéry, parti fin octobre.
Ces quatre derniers navires étaient destinés à l'expédition de Moka ; arrivés à la côte Malabar en octobre et novembre 1736, ils en repartirent au mois de février 1737.
h' Union, o. Pondichéry, partie le 6 janvier, continua sur Bassora ;
La Marie, o. Pondichéry, partie le 23 janvier.
Le Bon-Voyage, csi^. Dubocage, o. Pondichéry, parti le 6 février.
1^' Aventurier, o. Pondichéry, parti le 24 février.
Le Duc-de-Bourbon, 780 tonneaux, cap. de Marquaissac, o. Pondichéry, parti le 23 octobre, arrivé le 23 novembre, continua sur Goa et Moka.
U Entreprenant, o. Pondichéry, continua sur Surate.
Le Saint-Pierre, o. Pondichéry, destiné à Chandernagor, fut rejeté dans le Sud par les vents et arriva à Mahé le 9 décembre.
Le Pondichéry , o. Pondichéry, parti le 20 janvier, continua sur Moka.
he Saint-Benoît, o. Pondichéry, parti le 12 février.
Le Neptune, vaisseau particulier, o. Pondichéry, parti le 19 février.
\J Apollon, 550 tonneaux, o. France, arrivé à la fin d'août.
Le Dauphin, 500 tonneaux, o. France, arrivé à la fin d'août.
Le Maure, o. Pondichéry, parti le 8 février. Le Saint-Joseph, o. Pondichéry, parti le 15 février. Le Stackhoust, vaisseau anglais, parti de Pondichéry le 23 février.
Il faudrait, pour compléter ce mouvement de la navigation et du commerce, parler de toutes les petites embarcations locales : pâlies, galvettes, tonnes, manchoues et autres, qui sillonnaient la mer entre Mang-alore etPanana, sous la menace constante des Angrias et des Sauvagis, ou sous l'appréhension de pirates occasionnels, comme Cotte Marquair. Les Hindous n'étant pas cruels, c'étaient plutôt là des risques de navigation que des risques pour la vie. Tandis que l'Européen était parfois travaillé par des idées d'ambition qui créaient autour de lui une activité factice, l'indigène vivait sans souci du lendemain et sans efforts inutiles, comme il convient à un pays où le renoncement à toutes les satisfactions de la terre est considéré comme le but de la religion et de la philosophie.