Arch. Col., C» 75, p. 289, 290, 297 à
avait conclu un arrangement avec Cheriquel. Le 21 février, les opérations militaires commencèrent, entraînant Cotiatte dans le mouvement.
Nous prîmes alors le parti de rester spectateurs impassibles, sinon indifTérents, des événements qui allaient s'accomplir ; d'ailleurs les moyens militaires et financiers nous manquaient pour adopter une autre attitude.
La guerre qui se déroula alors entre les Anglais et le Canara n'appartient pas à notre histoire et nous ne la raconterons pas. Il nous suffira d'indiquer qu'elle tourna complètement à l'avantage des Anglais et de leurs alliés, auxquels vinrent se joindre dès le mois de mars les Hollandais de Cannanor . Les Canarais furent défaits dans une grande bataille à Caddalay, le l*"" avril, et rejetés ensuite au delà delà rivière de Nileswaram. Là, ils perdirent encore d'autres forteresses : Madday, Matlay et Aicoune. Ces succès eussent probablement été plus décisifs si la désunion, qui était l'essence même des princes de la maison de Golastry, n'avait obligé M. Law à préférer la paix. Il envoya donc un de ses conseillers, M. Lynch, à Mangalor pour terminer, si possible, les hostilités. Le résultat de la mission de M. Lynch fut un traité portant la date du 20 février 1737. Par cet acte le Gouverneur de cette ville, Soupraya, confirmait tous les privilèges de la Compagnie anglaise, autorisait la réouverture de la factorerie d'Onor. assurait aux Anglais le monopole du poivre et du cardamome dans tout le pays de Cartenate qui pourrait être ultérieurement conquis, et autorisait la Compagnie à exporter le riz de Mangalor sans payer des droits élevés. La rivière de Viliapatnam
était reconnue comme limite extrême des possessions canaraises ; une partie du Cartenate était ainsi laissée à Bednour. La Compagnie anglaise recevait en outre 5.910 pagodes pour tous les dommages dont elle avait souffert. Le 16 février, M. Law ratifia cet engagement.
Dès que M. Lynch eût quitté Mangalor, les Canarais repassèrent la rivière de Nileswarani. Cheriquel, dont le territoire était de nouveau envahi, s'adressa à M. Law pour avoir de l'argent et des secours afin de s'opposer au passage de l'ennemi. Mais on lui rappela que, lors de la cession de Tellichéry, la convention conclue avec les Anglais avait interdit à la Compagnie l'entretien de toute force militaire et lui avait imposé à lui-même la charge de protéger l'établissement, en utilisant le produit des droits des douanes payés par la Compagnie. Quant à l'argent, il lui serait avancé s'il fournissait des garanties suffisantes pour en assurer le remboursement *.
Il était difficile de pousser plus loin l'ironie... et l'ingratitude ; mais, à part les idéologues et les rêveurs, qui peut donner tort à M. Law? La grandeur ou même l'indépendance de Cheriquel le touchait beaucoup moins que l'extension de la puissance anglaise. Or, à la faveur des complications que nous venons d'exposer; il s'était assuré la possession, puis la conservation de Darmotte et il avait en partie brisé la force menaçante du Canara ; le mécontentement de Cheriquel lui importait aussi peu que son impuissance ; celle-ci était l'une des conditions de la politique de l'Angleterre.
La paix entre le Canara et Cheriquel ne fut toutefois rétablie que le 30 août 1737, par l'entremise des Anglais ; mais le roi de Canara ne voulut pas la ratifier et la guerre