‹ Les origines de Mahé de MalabarChapitre 7 sur 86 · A. Col. C2G8, f · texte numérisé non relu

A. Col. C2G8, f

2. Mémoire sur la Compagnie des Iiules Orientales. H. N. 62.31, p. 4t.

Nous n'avons aucun renseignement sur les résultats de la mission de M. Mollandin, mais il est probable qu'ils furent stériles. A la côte Malabar, la France n'était alors en situation ni de se défendre ni d'attaquer : son seul rôle était l'attente. La situation était plus mauvaise encore à Surate où le commerce nous était interdit depuis 1703 et où les Français n'étaient regardés que (( comme d'honnêtes esclaves ». La Compagnie y devait trois millions dont elle ne pouvait payer ni intérêt ni principal.

M. Fuet mourut en 1712 et fut remplacé par M. Mollandin.

En 1714, les Anglais de Tellichéry furent en guerre avec Coyonnaire et l'année suivante avec les deux chefs de Ponelle — sans doute les pillards de 1706 — Onestryx et Kelpe. 11 y eut dans le même temps des guerres entre le Samorin et les rois de Gochin et les Hollandais. La paix fut faite en 1717 avec les Hollandais.

En 1718, notre loge de Galicut était si pauvre et si endettée que les créanciers voulaient y mettre garnison, pour récupérer quelques gages. M. Mollandin ne fut sauvé que par M. Rob. Adam, chef de la loge anglaise, qui lui avança des fonds (décembre)^.

Après cette opération, il ne restait plus à M. Mollandin qu'une somme de 180 roupies et il en devait encore 2.000. La situation était si désespérée qu'il était résolu d'abandonner la loge avec son second M. Clou et de se retirer à Pondichéry. S'il avait connu les pensées intimes

1. Mémoire sur la Compagnie des Indes Orientales. B. B. 6231, p. 59.

de la Gompaj^nie, il est probable qu'il eût mis son projet à exécution. An moment où M. Mollaiidin formulait ses plaintes dune lavon aussi nette, la (^ompag-nie adressait au Conseil supérieur de Pondichéry une lettre en date du 2o janvier 1710 — la dernière qu'elle ait écrite dans rinde — dans laquelle elle recommandait la plus stricte économie et estimait clairement qu'on ne devait pas laisser subsister plus longtemps les comptoirs de Galicut et de Mazulipatam, dont la dépense pourtant très faible de 2130 livres était encore exagérée ; elle en proposait en conséquence la suppression tant au Conseil de Pondichéry qu'à M. Delà vigne-Buisson, qui représentait en cette ville les intérêts de la Compagnie de Saint-Malo, substituée en fait depuis sept ou huit ans au commerce de la Compagnie elle-même'.

Le Conseil de Pondichéry était moins pessimiste. Les difficultés l'ainigeaient, parfois même l'exaspéraient mais ne l'abattaient pas. Il répondit aux plaintes de M. MoUandin par une délibération en date du 1 1 février 1719, par laquelle il reconnaissait loyalement qu'on avait toujours négligé l'établissement de Calicut et néanmoins^ disait-il, c'était « celui de plus de conséquence qipe la Compagnie possède » pour le commerce des poivres. Bien que le Conseil fût lui-même dans une situation financière lamentable, il s'entendit avec M. Delavigne-Buisson pour négocier une lettre de change de 1050 roupies qui lui était due par M. Adam, directeur des comptoirs anglais de Calicut et de Tellichéry. Cette lettre fut envoyée à M. Mollandin : la somme en provenant devait lui servir à liquider en partie les dettes de la

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