‹ Les origines de Mahé de MalabarChapitre 9 sur 86 · Dél. du Cons. Sup. de Pond. T. I, p · texte numérisé non relu

Dél. du Cons. Sup. de Pond. T. I, p

2. Pour les transactions commerciales dans l'Inde, la Compagnie n'envoyait pas de monnaies d'or ou d'argent qui, fabriquées en France, n'aui'aient pas eu cours dans la péninsule; elle envoyait des matières d'argent que l'on faisait fondre et convertir en monnaie du pays. Cette conversion rapportait de gros bénéfices aux princes indiens et c'est pourquoi les nations européennes sollicitèrent dès le début avec tant d'insistance la faculté

devaient être alfectés au comptoir de Calicut, puis elle exposa des plans. Son dessein, dit-elle, était d'augmenter par toutes sortes de moyens le commerce de la nation dans l'Inde. Elle prévoyait et prescrivait à cet égard dill'érentes mesures, qu'il n'entre pas dans le cadre de ce travail d examiner, mais nous ne saurions passer sous silence ses projets à l'extérieur. Là, elle rêvait de pénétrer aux Moluques pour en exporter des plants de fines épices ; elle ju<i^eait qu'il serait à propos de pénétrer également dans l'archipel des Philip-

de pouvoir l)attre monnaie en leurs propres comptoirs et l'obtinrent si difficilement.

Les dénominations de marc, livres, pagodes, piastres, roupies, fanons, caches, revenant constamment en cet ouvrage, on peut établir de la fa^on suivante leur valeur respective, qui no fut jamais absolue:

Un marc dargent valait 66 livres de France.

Ces 00 livres équivalaient à 9 piastres ou 18 roupies de monnaie indienne : la roupie valait par conséquent autour de 3 fr. 70.

Deux roupies faisaient une piastre.

Quatre fanons faisaient une roupie : quelquefois il en fallait cinq.

La cache était une subdivision du fanon.

La pagode était une monnaie d'or qui valait 8 1. 10, ou deux roupies et demie environ.

Les roupies, la monnaie la plus employée, sont encore aujourd'Hui à la base du système monétaire indien ; mais elles ne valent plus que 1 fr. 66. Au début du xviii* siècle, elles avaient des valeurs sensiblement différentes, suivant les endroits où elles étaient frappées. Les plus employées étaient celles de Madras, Bombay et Surate.

Un seul mot des poids et mesures. Le poivre, principale richesse de la cote malabar, se vendait d'ordinaire en fardes, en bars ou en candils.

La farde faisait environ 135 livres de France et le candi! 4 fardes ou r»40 livres. Le bar était un peu plus d'un candil; il fallait 1 bar 16 pour un candil. Les déchets oscillaient entre 1 et 1 3/4 pour cent.

Le candil valait do 22 à 24 pagodes, c'est-à-dire 5."» à 60 roupies ou environ 200 livres. C'était la mesure la plus employée.

pines et dans les îles de Bornéo et les Gélèbes ; elle envoyait deux vaisseaux en Chine avec de riches cargaisons pour réinstaller rétablissement de Canton et désignait M. de la Bretesche comme directeur du comptoir ; elle décidait de former un établissement à Poulocondor, dénommée l'Ile d'Orléans et nommait M. Dubuisson premier directeur; enfin, dans Flnde même, elle enjoignait de former une nouvelle loge à la côte Malabar, à proximité de Calicut *.

Le Conseil ne fît aucune objection à l'adoption de ce programme. Enchérissant même sur les prévisions de la Compagnie, il porta les dépenses de Calicut à 7550 livres, dont 2.000 furent immédiatement remises à M. Mollandin, qui retourna à Calicut le 19 octobre à bord du Saint-Louis, petit bateau qu'on venait d'acheter à Porto-Novo pour le commerce spécial de la côte Malabar - . Les autres fonds devaient être envoyés au mois de janvier 1721. M. Mollandin ramenait comme employés MM. Vlamin et Billard en remplacement de M. Clou, mort au mois de juillet; il était également porteur des instructions du Conseil sur la politique à suivre ou plus exactement sur les opérations à entreprendre à la côte.

Nous n'avons pas le texte de ces instructions ; mais il est aisé de les reconstituer d'après les lettres écrites à M. Mollandin dans le cours de l'année 1721. M. Mollandin devait entrer en relations avec le prince de Bargaret pour obtenir la cession d'un territoire où nous établirions une loge pour le commerce des poivres ; il devait étudier un projet d'établissement à Colèche dans le Tra-

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