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CHAPITRE XXII

Supériorité de la Mère Marie de la Nativité. — Fondation d'Hennebont. — Plusieurs morts édifiantes. — Révision des Constitutions, rédaction du Goutumier.

Au commencement de son gouvernement, la Mère Marie de la Nativité s'appliqua à réformer quelques légers abus que les nombreuses maladies et morts des années précédentes avaient presque nécessairement laissé s'introduire. Elle rendit plus strictes les abstinences des lundis et mercredis, elle fit remettre en commun tout ce qui était à l'usage de chaque sœur ; enfin les parloirs furent rendus plus rares. La ferveur et le bon esprit de ses. Sœurs lui rendirent ces réformes faciles.

Ce fut la seconde année de sa supériorité qu'elle envoya les Sœurs Marie de la Conception le Lieupaul, Marie de Sainte- Marguerite Danisy et Marie de la Purification Tison, fonder la maison d'Hennebont en Bretagne. Cette nouvelle maison avait été préparée par les soins de la Mère Marie de la Trinité. M"" la Présidente de Brie s'en déclarait la fondatrice. Par malheur, les Sœurs tardèrent trop à s'y rendre. Les pertes nombreuses que le monastère avait faites les années précédentes, furent sans doute la cause de ce retard. Nous verrons cependant qu'il en résulta de graves conséquences pour la nouvelle fondation. Il est des occasions qu'il faut savoir saisir avec résolution, sous peine de ne plus les retrouver. Peut-être cette maxime ne fut-elle pas assez comprise aux origines de l'Ordre ; c'est une des causes qui a retardé son développement. La crainte d'affaiblir les maisons existantes avait aussi beaucoup de part à ces hésitations. Poussée trop loin, elle peut devenir une défiance excessive de la Providence. L'histoire, du reste, prouve que la promesse de Notre-Seigneur se réalise dans ces occasions comme dans celles où il s'agit des biens temporels : Date et dabitur vobis, donnez et il vous sera donné. Les maisons qui donnent des sujets voient généralement les vocations se multiplier. A Caen, dans les années suivantes, il entra vingt-deux postulantes, qui toutes persévérèrent et devinrent d'excellentes religieuses. La sève

religieuse est comme celle des plantes, son abondance se manifeste par les nombreuses branches qu'elle produit ; sans cesse renouvelée, cette fécondité ne l'épuisé point.

La maison de Rennes fonda la même année celle de Guingamp. Mais si les établissements se multipliaient, celui du ciel se peuplait. Cette charmante expression du Vénérable Fondateur peut bien s'appliquer aux morts édifiantes qui continuèrent à affliger la Communauté.

Le 2 1 février 1676 s'éteignit doucement, à l'âge de 2g ans, la S' Marie de la Passion Leviconte. Elle était entrée tout enfant au couvent comme pensionnaire. Lorsque sa famille voulut la reprendre et l'établir fort honorablement dans le monde, elle s'écria : Vive mon Crucifié! indiquant bien le choix que son cœur avait fait depuis longtemps, et il fut impossible de la faire revenir sur sa détermination. La vie de cette jeune Sœur fait supposer qu'elle avait profondément médité la doctrine du saint Instituteur sur l'humilité : elle peut, en effet, se résumer dans la profession d'humilité parfaitement mise en pratique.

L'année suivante, le 29 avril 1677, ce fut une Sœur converse. Au nom de toutes celles qui devaient remplir ces modestes fonctions, elle s'en fut prendre possession du ciel. Marie de Sainte- Marthe Poëtte avait une grand aptitude pour tous les travaux de sa vocation. En s'y livrant avec activité et ardeur, malgré la faiblesse de sa santé, elle sut prouver qu'ils étaient parfaitement compatibles avec l'esprit de recueillement et d'oraison. Elle priait sans cesse, surtout le Cœur Immaculé de Marie ; jamais elle ne passait devant son image, exposée dans la salle de Communauté, sans lui adresser un acte de vénération et une demande. Ce saint Cœur la favorisa aussi de grâces bien particulières. Elle n'était âgée que de 25 ans lorsque Dieu jugea à propos de récompenser ses mérites.

La S' Marie de Saint Alexis Gouville mourait deux mois après, le 25 juin 1677. Poursuivre sa vocation, que sa famille combattait par tous les moyens en son pouvoir, elle dut agir de ruse. Sa mère l'ayant amenée un jour au couvent pour accompagner la fondatrice, M'"= de Langrie, elle se cacha si bien que, dans l'impossibilité de la trouver, ces dames durent se retirer. Elle ne sortit plus de la maison, bien qu'elle n'eût alors que 13 ans. Les bulles de Rome fixaient la profession à vingt ans accomplis, cette longue attente ne fit qu'affermir sa résolution et aiguiser son désir de consommer son sacrifice. IJ Annaliste de Notre-

Dame-de-Charité donne cependant à entendre que ses grands talents furent préjudiciables à sa vertu et l'empêchèrent de prendre parfaitement l'esprit d'humilité et de simplicité de l'Institut, Ce fut l'objet de ses regrets vers la fin de sa vie. Elle disait alors, avec de grands sentiments de regret : « Il vaut mieux « être bûche et faire son salut que de paraître avoir de l'esprit « et s'éloigner de son devoir et de l'exacte observance. » Elle n'avait que 27 ans lorsqu'elle mourut. Sa perte fut très sensible à la communauté parce que ses talents, bien dirigés, auraient pu la rendre très utile dans toutes les charges. Elle avait montré surtout une très grande aptitude à gouverner les Pénitentes. Leur humeur était alors très-difficile, et, malgré sa jeunesse, elle savait ramener au bien les caractères les plus endurcis.

La communauté devait bientôt éprouver une perte plus sensible encore. A la fin de son second triennat, la Mère Marie du Saint-Sacrement avait fait une grave maladie. L'organisme avait été si profondément atteint, qu'après sa déposition cette vénérée Mère ne fit plus que languir. Cet état de souffrance servit à faire briller d'un plus vif éclat toutes ses vertus religieuses. Avec une humilité parfaite, elle reprit avec joie tous les exercices de la vie commune et s'occupa avec zèle du soin des pensionnaires et de la charge de secrétaire. Elle mit toutes les archives de la communauté dans un ordre parfait. C'est au milieu de ces utiles travaux que la mort la trouva le 26 janvier 1678. Elle n'avait que 55 ans d'âge et 20 de profession.

Dans sa dernière maladie, elle disait quelquefois que si Dieu lui faisait miséricorde, elle lui demanderait de faire cesser les deuils qui, depuis quelques années, désolaient le couvent. Sa prière fut exaucée sans doute, car il s'écoula huit ans sans que la mort demandât de nouvelles victimes.

M. Le Grand, curé de Saint-Julien, depuis plus de 20 ans Supérieur de la communauté, l'avait précédée dans la tombe. Ce bon prêtre fut trouvé mort à genoux aux pieds de son Crucifix. Mgr de Nesmond nomma à sa place M. Guibert, curé de Saint- Ouën, puis de Notre-Dame. La disgrâce du V. P. Eudes et son grand âge firent sans doute que ce prélat ne pensa point à lui pour cette charge. La croix devait l'accompagner jusqu'à la fin de sa vie.

Dieu permit cependant qu'il profitât de la supériorité de la Mère Marie de la Nativité pour travailler d'accord avec elle à revoir les Constitutions et le Coutiimier. Une nouvelle

impression des Constitutions était devenue nécessaire. Les fondations de Rennes, Hennebont, Guingamp, avaient épuisé la première édition, il n'y avait plus d'exemplaires à donner aux Sœurs. D'un autre côté, la Mère de la Nativité, la Mère de l'Enfant- Jésus qui lui succéda, étaient heureuses de profiter des lumières et des avis du saint Fondateur pour faire les modifications que sa longue expérience et sa piété pouvaient lui inspirer. Celui-ci, guidé par une remarquable prudence, ne fit, d'accord avec ces Mères, que de légers changements. Le plus notable peut-être fut, avec quelques suppressions, de faire chanter les litanies le dimanche au lieu des compiles ; il porta tous ses soins à la rédaction du Coutumier, qui jusqu'alors était très imparfait.

C'est sans doute à cause du peu d'importance de ces modifications que, au moment de la réimpression des C onstitutions , en 1681, une nouvelle approbation écrite de l'Évêque diocésain ne fut pas jugée nécessaire. L'omission de cette formalité fut regrettable et donna lieu, quelques années plus tard, à de légères discussions entre les maisons. Aujourd'hui que les observances sont parfaitement établies et unifiées, l'étude de ces débats montrera l'amour pour la stricte observance de ces Constitutions qui existait de part et d'autre. Aussi nous y reviendrons plus tard. Ici nous étudierons de préférence le Coutumier.

Le Monastère de Caen conserva jusqu'à la Révolution un projet de préface de la main du Vénérable Instituteur, que sa nièce lui fit rédiger avant son dernier voyage de Paris, à la fin de sa disgrâce. La manière dont les Constitutions et les différentes parties du Coutumier y furent formées y est trèsbien indiquée :

Vive Jésus.

« La bonté infinie de notre aimable Sauveur ayant voulu se servir de celui qui est le dernier des hommes et le premier de tous les pécheurs, pour rétablissement de votre Congrégation, qui a été instituée, mes très chères Filles, pour la même fin qui a fait venir le divin Sauveur en ce monde, c'est-àdire pour y appeler non pas les justes, mais les pécheurs à pénitence et pour chercher à sauver ce qui était perdu, je suis obligé de vous fournir des moyens convenables pour satisfaire aux obligations d'un Institut si saint et si important.

« Or, parce qu'il a été nécessaire, en la naissance de votre Congrégation, de vous mettre sous la conduite de quelques bonnes et vertueuses Religieuses, afin de vous instruire et former dans les pratiques de la Religion, et qu'à cette fin, mes chères Filles, vous avez été, durant quelques années, sous

la direction des Religieuses de la Visitation Sainte-Marie, par l'ordre de Mgr rillustrissime et Révérendissime Jacques d'Angennes, Évèque de Bayeux, d'heureuse mémoire, à la très humble prière que je lui en fis , et que ces saintes Filles vous ont conduites par la même voie qui leur était marquée dans les Constitutions^ Directoire et Coutiiinier que leur B. P. S' François de Sa'.es leur a donnés, j'ai pris dans ces Constitutions, Directoire et Coutumier les articles qui servent à régler les exercices de la vie religieuse en général, auxquels j'en ai ajouté plusieurs autres qui regardent l'emploi et les fonctions de votre Institut particulier. Et ayant joint les uns avec les autres, j'ai cru que je ne pouvais vous mettre entre les mains aucun moyen plus propre et plus efficace à vous perfectionner, à vous sanctifier dans votre vocation, et à vous porter à correspondre fidèlement aux desseins que la divine Providence a sur vous.

« C'est donc au nom et de la part de notre très bénin Rédempteur, qui est votre véritable Fondateur, Instituteur, Père et Supérieur, comme aussi au nom et de la part de sa très bonne Mère, qui est votre vraie Fondatrice, Institutrice, Mère et Supérieure, et sous le bon plaisir, consentement et approbation de Mgr l'Illustrissime et Révérendissime François de Nesmond, Evêque de Bayeux, que je vous donne les susdites Constitutions, qui sont contenues dans ce livre, avec toutes les choses que vous trouverez dans le Directoire, Cérémonial et Coutumier, que je vous adresse aussi ; vous conjurant, mes 'très chères et très aimées Filles, de les recevoir, non pas comme vous étant donnés de la main d'un misérable pécheur, tel que je suis, mais de la main et du cœur du Roi et de la Reine du ciel.

« Regardez ces Constitutions, ce Directoire, ce Coutumier et ce Cérémonial comme le fondement, le cœur, l'âme de votre Congrégation, qui ne peut subsister ni rendre aucun service à Dieu et aux âmes dévoyées que par la fidèle observance des choses y contenues. C'est pourquoi je vous exhorte de tout mon cœur de vous rendre très zélées et affectionnées à les suivre ponctuellement, sans décliner ni à droite ni à gauche, et sans y ajouter, ni diminuer, ni changer aucune chose.

« Voilà ce que Dieu demande de vous. C'est en ce'a que vous devez mettre toute votre dévotion. Voilà le chemin qu'il faut tenir pour aller au ciel ; il n'y en a point d'autre pour vous, ne le quittez donc jamais, si vous ne voulez vous égarer.

« Enfin, ce sera par ce moyen que vous serez selon le Cœur de votre adorable Époux, qui est Jésus, et que sa divine Mère et la vôtre vous aimera comme les véritables Filles de son Cœur. Amen! Amen! Fiat! Fiat!

« Fait ce de i6 . »

La date était laissée en blanc pour être ajoutée après l'approbation épiscopale. Les exemplaires des Constitutions et du Coutumier mis à notre disposition ne contiennent pas ce document. Il méritait d'être gardé à cause des recommandations pressantes qu'il fait aux religieuses et parce qu'il indique bien comment procéda le sage Fondateur dans la rédaction de ces ouvrages essentiels à la vie de ses communautés. Malgré les

emprunts faits à la Visitation, sa part de travail reste considérable. Il peut bien dire : « J'ai ajouté plusieurs autres exercices qui regardent l'emploi et les fonctions de votre Institut. »

Le CoîLtumier, plus que les Constitutions encore, nous paraît renfermer l'esprit qu'il voulait inculquer à ses Filles. Il fut beaucoup plus libre dans sa rédaction, secondé par les Mères Marie de la Nativité et Marie de l'Enfant Jésus qui entraient facilement dans ses vues. L'assemblée de l'Ordre, en 1734, qui lui donna sa forme actuelle, s'éclaira des lumières des Pères Martine et Costil, tous deux vieillis dans l'étude de la vie et des ouvrages du commun Instituteur, tous deux écrivains de sa vie. Le P. Costil remit aux Mères réunies un exemplaire manuscrit du Vénérable Eudes qu'il avait trouvé au séminaire de Caen. Avec ces conseils et ces documents, il fut facile de se . pénétrer davantage encore de l'esprit du Fondateur et de trouver sa volonté dernière sur l'Ordre. Aussi toutes ses Filles, désireuses de s'en inspirer, étudieront avec grand soin leur Coutumiér.

L'ordre des matières et le plan général sont différents de ceux de la Visitation. Toujours guidé par son profond esprit de religion, le Vénérable place d'abord tout ce qui concerne l'ofiftce divin et les cérémonies religieuses, La conservation du chant l'obligea de modifier profondément les usages observés chez les Visitandines. Dans le calendrier, il a fait entrer la plupart des fêtes pour lesquelles sa dévotion était plus grande. Les cérémonies du chœur et la sainte ]\Iesse sont ensuite exposées dans les plus minutieux détails.

Dans un couvent, la cloche joue un rôle important. Elle est comme l'écho de la voix du Très-Haut, le guide sûr qui dirige les Sœurs dans toutes leurs voies. Ses sonneries sont minutieusement réglées et à chaque heure indiquent son emploi.

Le Vénérable Eudes a voulu faire un ouvrage complet, qui dispensât ses Sœurs de recourir à d'autres livres. Il donne les cérémonies pour la visite de l'Evêque ou du Supérieur, pour l'administration des sacrements de Confirmation et d'Extrême- Onction, du Saint Viatique. Sa tendre piété se montre dans les touchantes exhortations qu'il place sur les lèvres du Ministre de ces Sacrements. Après avoir dirigé ses Filles pendant leur vie, le bon Père veut les préparer au redoutable passage et les présenter lui-même à leur Souverain Juge. Son amour les suit après leur mort. Les cérémonies de la sépulture, les prières à faire pour elles sont déterminées avec une affection toute pater-

nelle. Ici, nous l'avons déjà dit, la tendresse du zélé missionnaire fait une bonne part aux Pénitentes. C'est bien naturel, car c'est le désir de procurer leur salut qui l'a dirigé dans sa fondation.

Notons que tout est parfaitement conforme au rituel romain.

La troisième partie a pour titre : Coutumes et usages de la congrégation de Notre-Dame-de-Cliarité ; elle correspond à ce qui, chez les Visitandines, s'appelle: Coutumier et Directoire, que saint François de Sales a placé en tête de son ouvrage.

Les grands devoirs des Sœurs envers le Souverain Pontife,

les Evêques et leurs Supérieurs ecclésiastiques^ sont d'abord réglés avec l'esprit de foi que le Vénérable Eudes mettait luimême dans ses rapports avec ces hauts dignitaires de l'Église. Les articles suivants ont trait à la vie extérieure de l'Ordre et traitent des fondations, des fondateurs et bienfaiteurs, de l'union des monastères entre eux. Tout est prévu avec une admirable prudence et précision. Vient ensuite tout ce qui concerne la vie intérifeure du monastère, les chapitres, les coulpes, les élections des supérieures, assistantes et conseillères, la visite canonique. La sagesse des deux saints législateurs s'y mêle et s'y confond pour former un tout si admirablement ordonné qu'aucun parlement ne réussira à l'imiter, même de loin. Après les règles pour la nourriture, le vêtement et le logement des Sœurs, il est question des postulantes et novices. Leur formation religieuse est longue, leur réception difficile. Nous avons décrit les beautés de leur vêture et de leur profession.

L^ne quatrième partie forme le directoire de tous les emplois du couvent, depuis l'assistante jusqu'aux tourières. Le directoire de la maîtresse des Pénitentes et de celle des Pensionnaires est évidemment tout entier du Vénérable Eudes. La connaissance des âmes et le zèle de leur salut se manifeste surtout dans le premier.

Pour qu'aucun détail de la vie religieuse ne soit oublié, à la fin de cet ouvrage se trouvent les Anciennes coutumes et menues observances. Ainsi tout se fait selon l'ordre. La Religieuse fidèle connaît constamment la volonté de Dieu, reste toujours dans cette paix que S' Augustin définit : la tranquillité dans l'ordre.

Le Coutumier, ainsi préparé, fut accepté par un acte capitulaire des Sœurs de Caen :

« Nous, soussignées, faisons foi que ce livre où nous sommes souscrites a été approuvé pour notre Congrégation par notre bon Père et Instituteur, le

R. P. Jean Eudes, Instituteur et Supérieur général de la Congrégation des Séminaires de Jésus et Marie, lequel nous avons lu et entendu lire attentivement, et témoignons en la présence de Dieu et de la glorieuse Vierge Marie à toutes les Sœurs qui sont maintenant, ou qui seront dans notre Ordre, et à quiconque appartiendra, que ce sont : les Directoires, Avis spirituels et Coutumes des Religieuses de la Visitation Sainte-Marie, selon Tintention de notre susdit Père et Instituteur, qui y a ajouté ce qui nous était convenable, et nous a déclaré de sa propre bouche être la volonté de Dieu : Que de tous les Ordres religieux établis dans l'Église, nous nous conformions à celui de la Visitation, et nous a enjoint très expressément de les pratiquer avec toute l'exactitude possible, sans y admettre à l'avenir aucun changement ni innovation.

« Ce que nous avons résolu capitulairement, d'un sentiment unanime, et l'avons signé en ce monastère de Caen, ce 21 jour de Mars 1678. »

Mgr de Nesmond, auquel ce travail fut présenté, lui donna l'approbation provisoire suivante :

« Avant de donner notre dernière approbation au Directoire et Cérémonial présents, nous ordonnons et avons ordonné qu'ils seront soigneusement observés dans la maison de Notre-Dame-de-Charité, même qu'on exhortera les autres maisons, qui en sont sorties, sous le bon plaisir de leurs Supérieurs, de les observer, afin que toutes ensemble se communiquent ce qu'il y aurait de difficultés ou d'omissions pour nous les représenter dans six mois.

« f François, « Évêque de Bayeux.

Fait à Caen, ce 4 mai 1678.

Ce que le Prélat conseillait avait déjà été fait, et les Supérieures des maisons de Rennes, Hennebont et Guinguamp avaient, avec la plus vive joie, donné l'assentiment le plus complet. Une lettre de la Mère de la Trinité nous apprend toutes les circonstances de cette acceptation :

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