V. f J. et M
u Ma très chère et parfaitement aimée Mère,
« Votre très cordiale lettre n'a pas été une petite consolation pour nous, et je loue Dieu de tout mon cœur de l'heureux succès que sa divine Majesté donne à vos saintes entreprises pour la rédaction de notre tant désiré Coutumier . Qu'à jamais vous en receviez la récompense en cette vie et en l'autre, car c'est le plus signalé service que notre saint Institut puisse recevoir ! Mon Dieu ! que nous avons lu avec joie le témoignage que notre bon Père nous donne de la volonté de Dieu, marqué dans l'acte capitulaire ! Que c'est un puissant aiguillon pour exciter à la pratique exacte des saintes coutumes, qui )• sont si utilement marquées î
(( Ce sera sans doute une grande consolation de voir au commencement
de ce livre une préface de notre très cher Père (i), et c'en est une pour vous d'avoir obtenu cette grâce de lui, car ce sera un grand encouragement.
« Nous vous renvoyons l'acte capitulaire que nous avons signé avec bien de la joie, et nous ne manc[uerons pas de prier Notre-Seigneur, ainsi que votre Charité nous l'ordonne, pour demander à sa divine bonté que le secret soit fidèlement gardé
« Nous serons bien aises d'avoir les règlements des Pénitentes afin d'être conformes en tout à notre premier et très cher monastère. Jusqu'ici nous leur avons fait pratiquer ce qu'elles faisaient du temps c[ue j'avais l'honneur d'être à Caen. Mais nous serons heureuses de savoir comment tout s'y pratique à présent, depuis les plus petites choses jusqu'aux plus grandes, et même la manière dont vous les traitez pour leur nourriture, leur coucher et autres choses semblables. Nous supplions votre très grande bonté de nous donner tous les avis qu'elle croira nous être nécessaires, tant en cela qu'en toutes autres choses, car nous ne souhaitons rien tant que de nous perfectionner dans tout ce que nous devons faire
« Je suis, dans la sacrée dilection du divin cœur de notre doux Sauveur et de sa très sainte Mère...
« Gaingamp, 29 mars 1678. »
Cette lettre prouve bien la joie que causa le Coutumier et la sainte dilection que le Sacré Cœur entretenait entre toutes les maisons. Mais cette joie ne fut que pour les Sœurs des conseils. Le mystère qui entoura la rédaction nuisit plus tard à son autorité, lorsque ces Sœurs eurent disparu, et devint l'occasion des discussions sans importance dont nous parlerons. L'impression de ce livre ne se fit qu'après la mort du Fondateur, et longtemps la plupart des membres des communautés ignorèrentson existence. Ce retard vint de la déposition de la Mère Marie de la Nativité qui ne fut point réélue à la fin de son triennat. A sa place fut choisie la Mère de l'Enfant-Jésus de Bois-David.
Nous croyons que si le Vénérable eut vécu plus longtemps, aux Constitutions et au Coutumier il eut ajouté un troisième livre : un Manuel ou Recueil de prières composé en grande partie sur le modèle de celui de sa Congrégation de Jésus et Marie. En donnant leurs règles aux Sœurs du Bon-Sauveur, le P. Hérambourg en a fait un dans cet esprit. Comme nous allons le voir dans le chapitre suivant, les Bénédictines du Saint-Sacrement adoptèrent à peu près, elles aussi, celui du Vénérable pour ses séminaires.
I. Il s'agit évidemment de la lettre que nous avons reproduite plus haut, page 167, qui cependant n'a pas été imprimée, que nous sachions.