‹ Les origines de Nôtre-Dame-de-CharitéChapitre 8 sur 34 · I. Elle ne fut transférée au 8 février que l'année suivante · texte numérisé non relu

I. Elle ne fut transférée au 8 février que l'année suivante

« Il me semble qu'il nous faudrait encore une lettre de M. le Nonce. Je n'ai osé la demander, de crainte d'être importun ; car je lui ai parlé tant de fois, et il m'a fait tant de signes que je n'ai osé lui demander cette lettre qui est une recommandation pour Notre-Dame-de-Charité. Il a fait l'information de fundatione et de commodo ; il a approuvé les lettres du Roi et de l'Évêque, mais il fallait une lettre qui attestât que la maison a fait un grand fruit. Personne ne lui ayant appris le fruit de cet établissement, je n'osai le presser. M. de Renty pourrait le faire. Priez-le aussi d'écrire à Rome, à ses amis, en faveur de nos Sœurs. C'est l'affaire où nous aurons besoin de protection «

Pour bien comprendre l'influence dont M. de Renty pouvait disposer, il faut se rappeler qu'il était président de la société du Saint-Sacrement, dont nous avons déjà eu occasion de parler. Elle avait des ramifications dans la colonie française de Rome.

Le P. Mannoury se servit aussi alors de l'influence du frère du Vénérable, M. Eudes de Mézeray, historiographe de France. Vers la Toussaint 1647, muni de toutes ces pièces, il se dirigea à pied, comme la première fois, vers la Ville Eternelle.

Le V. P. Eudes cherchait donc, pat tous les moyens possibles, à procurer aux religieuses de Notre-Dame-de-Charité les mêmes avantages qu'à sa Congrégation, et le P. Mannoury, son bras droit dans cette fondation, correspondait parfaitement à ses intentions. Ses lettres, dit le P. Martine, le montrent arrivé à Rome, passant de l'espérance à la crainte, suivant les personnes auxquelles il s'adressait, ou les objections qu'on lui soumettait. Le principal obstacle était toujours la difficulté de permettre à de chastes vierges de s'occuper de la conversion et de la direction des Pénitentes. Enfin, le P. Mannoury, après avoir obtenu des faveurs importantes pour la Congrégation de Jésus et Marie, écrivit à son vénéré supérieur le 8 juin 1648 :

« Pour l'affaire de Notre-Dame-de-Charité, il n'y a rien du tout à espérer pour le présent ; toutes les voies possibles ont été tentées ; il faut avoir un peu de patience. On a donné espérance qu'elle se fera, et même le dessein en a ete assez approuvé ; mais il faut attendre pour des raisons que je vous dirai. »

Le P. Mannoury ne voulait pas surtout s'exposer à un refu^^ formel, sur lequel il eut été très difficile de faire revenir la Cour romaine. Il jugea fort sagement que le temps dissiperait les préventions conçues au sujet des rapports des Religieuses et des Pénitentes.

Il dut partir de Rome vers cette époque et rejoignit vraisem-

blablement l'ardent Prédicateur et ses frères dans le diocèse de Soissons, car on trouve son nom parmi celui des Missionnaires de la Fère-en-Tardenois. Le Vénérable donna en effet deux missions dans ce diocèse, après celles d'Autun et de Beaune de la même année.

Notons en passant qu'il fit solennellement célébrer la fête du Saint-Cœur de Marie à Autun, le 8 février 1648.

Les frais de ces deux voyages du P. Mannoury furent couverts par le Vénérable seul. C'est donc bien à tort que plus tard les conseillers de la Mère Patin persuaderont à celle-ci que le désintéressé Fondateur voulait tourner à son profit le voyage de M. Boniface à Rome payé par . Notre-Dame-de-Charité. Sa correspondance repousse énergiquement cette accusation. La congrégation de Jésus et Marie, après avoir soldé les dépenses du P. Mannoury^ aurait eu cependant des droits à cette facile compensation. Car rien n'empêchait M. Boniface de poursuivre l'approbation des deux Instituts comme le P. Mannoury l'avait fait.

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