LES ORIGIISES DE WERTHER
De loutce tumulte, en effet, de tout ce temps de dépits heureux pour les fabricants d'armes à feu, rien, sans
traire par le naturel des descriptions, le charme des portraits, la grâce des rêveries dont toutes les pages peuvent être émaillées, car il ne peut oublier que ces lieux communs littéraires ont fait couler des larmes de sang, et alors, écrivant sous sa dictée, vous ne seriez pas aussi douloureusement ironique, votre talent d'expression ne saurait se permettre aucun badinagc ni aucune légèreté dans un sujet envisagé à un point de vue si sérieux, et vous seriez sûr d'avoir mis le bien à côté du mal. »
Madame ou monsieur, — car à vrai dire votre anonyme nous met dans le plus étrange embarras, bien que je reconnaisse à la hauteur de votre pensée et à la dignité de votre langage que je n'ai point affaire aune jeune mademoiselle, — je suis beaucoup plus touché par la sympathie que vous inspire Werther que par les reproches si sincères que vous adressez à notre rire qui, d'ailleurs, n'est pas sceptique, croyez-le. Ce rire ne s'adresse, en effet, qu'à l'exagération de ce temps-là. Comment voulez-vous qu'il n'y ait pas eu alors exagération, quand aujourd'hui encore, en France, dans cette nation qui passe cependant pour être la première rieuse du monde, Werther réveille des échos pareils à votre lettre !
Nous comprenons, à l'égal de votre àme, les malheurs infinis soulevés par Werther, nous expliquons cette influence, à la fin de ce travail; mais, de grâce, voulez-vous donc que notre jeunesse ne sourie pas un peu de tant de coups de feu, quand nous prouvons, avec d'irréfutables appuis, que Werther est le seul produit d'une tendre passion individuelle. Non, pour le plus grand respect des choses de la philosophie, nous n'oublierons jamais la grande influence de Werther sur son temps; nous savons que Werther a eu sur l'Allemagne une autre importance que celle de faire tuer des gens; mais tout cela ne prouve pas que j'ai eu grand (ort de sourire, en voyant le coté mesquin et décidément amusant de quelques fanatiques qui auraient cru manquer de considération pour l'àmc de Werther, s'ils ne s'y étaient point exactement pris de la même manière pour la laisser senvolcr de leur corps.