‹ Les Origines des AquitainsChapitre 29 sur 39 · NO DEO DEO · texte numérisé non relu

NO DEO DEO

MONSVS SORN

TAVRINIE. AVSI

On conjecture qu'il manque à ce dernier autel la lettre

I complétant le nom d'Isornaus, d'où serait venu Izaour.

Ce nom a-t-il quelque rapport avec le mot Isam, le

fer ?

Kimri . . , i v n ■ , .

voy. Cimbn

Lactora Lcctoure. Ce nom se voit pour la première fois dans

une inscription du genre dit Cursus honorum ou énumération des titres, trouvée à Aquiléc en 1788 (Marîni, Atti, 7, ). Un certain Minucius Ilalus a rempli de nombreuses fondions, notamment, celles de procureur de la Province Lugdunaise, de l'Aquitaine, item Lactorœ, et de Lcctoure. On a inféré que Leclourc fut le chef-lieu de l'Aquitaine, à la fin du 1er siècle, l'inscription datant des consuls Candidus et Quàdralus, en 105, sous Trajan. Lectoure elle-même a fourni un grand nombre d'ins-

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Lactoratenses

Laetoraites

Lactura

Lapurdum

Lassuni

triplions, dont les plus considérables sont relatives à des lauroboles ou sacrifices offerts à la Grande Déesse. La plus ancienne de celles qui portent une date remonte à l'année J76, sous Marc-Aurèle, consuls Pollion et Aper. Les autres sont de 239 et 241.

Ces monuments témoignent du grand rôle assigné \ Lecloure, pendant les trois premiers siècles. Si son assiette est descendue des lieux hauts dans la plaine, à la laveur de la protection romaine, on peut la rattacher à l'un des oppides des Uarilcs. Mais elle n'a rien de com- ,mun avec l'oppide des Sotiates assiégé par Crassus.

. Nous ne trouvons pas dans l'Antiquité, cette forme, qui peut provenir du Moyen-Age :

h Habitants de Lectoure ou plutôt de la Civitas, arrondissement, de ce nom, selon les deux notices contemporaines d'IIonorius. Ils sont l'un des douze peuples de la Novempopulana : leur territoire, moins étendu que celui xles Garites, qu'ils .remplacent, a perdu les cantons deLavil °l de Beaumonl (Jarn-el-Garonne), ceux de Cadour el de Grenade (Haute-Garonne), annexés aux Tolosates.

. Station de la voie iïAginnum à Lugdunum Convenarnm ; dans l'Itinéraire d'Anlonin, à XV ù'Âginnum et XV de CAimberrum. C'est Lectoure, pour laquelle la Table Théodosienne rétablit la forme plus classique de Luctoro. liayonne. La Notitia Lnpcrii en fait mention en ces termes : « In provLaoiâ JVôvempopulanâ, tribunus cohortis Movempopulanœ Lapurdo. » Sidoine Apollinaire célèbre les

ilocuslœ lapunlenses, langoustes deBayonne(VIII, épist. 12).

Lapurdum dépendait alors du territoire des Tarbelli,

rapport qui s'est perpétué pendant le Moyen-Age, au

.moins jusqu'au IXfi siècle, époque où l'évêché de Bayonoe fut distrait de celui de Dax et circonscrit dans les limites indiquées par la charte d'Arsius, en 980. Celle leçon est celle du Codex ChifQel el des meilleurs

ross. de Pline, tandis que d'autres portent Sassumini. Le territoire de ce petit peuple est celui où se trouvait, en 1010 et 4012, la paroisse de Saint-llilaire de Lassun dont Guillaume Sanche, duc d'Aquitaine, fit distraction pour un emplacement qu'il consacra à la construction du mo" nastère de Saint-Pierre de Générés, aujourd'hui Saint-Pé. La charte de fondation porte ce qui suit :

« Ad hœc quidcm ad victum claustrcnsium monachormn, inter alia dona, do Beato Pelro villam Lassunis diclam, cum omnihus appentiis suis, quam propter proximitatem lui jus loci, à Gentullo proconsuli Bearnensi cambiendo rccepi, datis sibi pro eâ duis villis, scilicet Mazerollis et Garlini. »

Le territoire fort restreint des Lassimi comprenait les cantons de Nay et de Clarac, (Nay-esl) dans les Basses- Pyrénées, celui de Sainl-Pé dans les Hautes-Pyrénées, et enfin la vallée du Louzon, anciennement Lazon, qui s'étend sur partie des cantons d'Arudy et de Laruns dans le premier de ces départements, et sur la lisière de ceux d'Argelès et d'Accum dans le second, jusques au pic de Gabizos.

On trouve dans ce petit pays, Asson, Arthez d'Asson, ie Louzon, et Lousse comme limite septentrionale.

Latusates.. - Le seul auteur qui mentionne ce peuple, Pline (III, 19),

le place d'une part entre les Osquidates campestrcs et les Sncoasscs, et de l'autre les Basabocates et les Vassei. Cette situation désigne clairement le pays des Tarusates ; aussi, n'a-t-on pas manqué de dire qu'il y avait fausse leçon. Le nom des Latusates est dans tous les manuscrits: celui des Tarusates ne paraît nulle part, soit qu'une confusion se soit établie dans l'esprit du rédacteur, soit que ■les copistes aient cru devoir éviter ce qui leur semblait un double emploi.

Les Latusates étaient la fraction septentrionale des

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Ta rusâtes, c'estràrdire les habitants des bords de la Douz<\ L'itusa, el dans le Moyen-Age, Lidosa, la Ladose. Celte indication « la Ladoze » est contenue en l'hommage de Jean du Lyon, seigneur de Campet, en 1 4-75. Le terrier de Roquefort, rédigé en 1514, mentionne la « rivière de la Ladoze. » Le nom local est Doulouzc, par métalhèse.

Le pays des Lalusates comprenait les anciens archiprclrés de Roquefort el de Manléon, tous deux arrosés par la Douze, dans le diocèse d'Aire.

C'est aujourd'hui le canton de Roquefort, moins la commune de Maillas et quelques portions de Lugaut. 11 y faut ajouter Esligarde, Rclbezer et l'ancienne vicomlé de Juliaç, du canton de Gabarret ; Balis, Canenx, Mailhères et Riaupt, du canton de Labrit; enfin, Lucbardès et BargueSj Bostens et Gai Hère, du canton de Mont-de- Marsan.

C'est aussi le côté ouest du canton de Cazaubon (Gers) entre la Douze et le Midou, plus les communes du Frèchc et de Lacquy, au canton de Villeneuve.

Vers le centre de ce territoire, sur un point culminant, à deux kilomètres Est de Roquefort. (Voyez la carte des opérations de Crassus), Sarbasan conserve les traces d'une station militaire. Le clocher de l'église est une tour carrée dont la partie inférieure -est de construction romaine, ainsi qu'un mur en petit appareil, enclavé dans le presbytère. Sur les bords du ruisseau qui contourne le plateau, ou trouva, il y a quarante ans, une mosaïque représentant des poissons, où l'on crut reconnaître le pavé d'une salle de bains, recouvert par le sol d'une chapelle du Moyen-Age. Au nord de l'église, le sol a fourni quelques armes cl des restes de constructions en briques beaucoup plus dures (pie celles que l'on continue à fabriquer à Pouriqùes, à mi-chemin de Roquefort Lex Voy. Jlixo.

Ligures Les traditions recueillies par Aviénus montrent d'abord

ce peuple sur les rives du Guadiana, dont il fut expulsé par les Celtes venus du N.', le long de l'Océan Atlantique (Ora maritima, v. 1.1:2 et s.). Puis, on le voit suivre les côtes de la Méditerranée et s'arrêter dans le pays d'Ilerda (Ib. 560-508).

De son côté, Thucydide montre les Ligures expulsés du S. 0. de l'Espagne, s'élablissant sur les bords du rio Xucar, dont ils chassent les Sicanes (VI. 2. Cf. Scrvius, sEneid. Vil ; Ephore dans Strabon, VI). A la suite des Sicanes, ils traversèrent la Gaule, le long du golfe de Lyon jusqu'en Italie. Ceci se passe du XVe au XIIIe siècle avant notre ère ; un peuple homonyme, celui des Sicules, possède la campagne romaine : expulsé, 80 ans avant la ruine de Troie (Philiste dans Diod. V.) soit 1289 avant notre ère, il passe en Sicile.

Plusieurs de leurs peuplades se fixent en Gaule : les Soldes dans le Koussillon ; les Elesykes sur la côte du golfe ; les Bebrykes dans les Corbièrcs. Passé le Rhône, les Salves et autres remplissent la Provence, pénètrent en Italie et y dominent jusqu'à la venue des Etrusques.

Le nom de Ligures est le pluriel latin de Ligar, Ligus, lequel est le grec Atyus, qui lui-même se prend pour At(3yç, Libyen. Ces diverses formes reproduisent le nom des ÀejSa'ztfi de Ploléméc,ct ceux des Languenlan, Languatan, Ilaguaten de la Johannide de Corripus, où la terminaison tan, ten marque le pluriel berber, la forme Ilaguaten amène à celle de Louatah des Arabes, I-Louateu des Berbers. La permutation de ou en b et g étant normale, en berber, nous retrouvons J-lagualen, Libys, Ligys, Ligur.

Avant les Ligures et les Sicanes, d'autres peuples, également d'origine chamique, étaient venus d'Afrique en Espagne, puis en Provence et en Italie. La mythologie

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grecque le raconte clairement, dans la Bible de Piia.'-loii conduisant le char du Soleil.

Phaéton n'egt autre que Phet, nom égyptien des Libyens primitifs, antérieurs aux Berbers, et qui sont les Phuléens de Si-Jérôme, c'est-à-dire, en style biblique, Phout, troisième (ils de Clara ou peuple de race- chamique. Premier occupant connu de l'Afrique septentrionale, il a laissé son souvenir depuis le Nil jusqu'au Sénégal où il vit encore, et jusqu'au Niger qu'il domine (Voyez les Foulahs, dans les Comptes rendus du Congrès des sciences ethnographiques, 11° partie, p. 864). Phout sans limites est le premier nom du Sahara (Xalmin, III, 9 : Saint-Jérôme traduit Africa).

Remarquez que Phaéton marche d'abord comme le soleil, de l'E. à l'O ; mais avant dévié ait N.*, il va se noyer dans L'Eridan, en pays ligure ; il laisse un fils, Ligur, père des Ligures. On ne saurait indiquer d'une façon plus précise la marche de ce peuple.

L'histoire a fait comme la fable; elle a confondu Phutéens, Sieanes, Berbers et Ligures. Ce dernier nom comprend tous les autres. Dans ces conditions, M. Arbois de Jubainvillc a pu dire que ces peuples ont commencé leurs migrations 2000 ans avant notre ère, ce qui est vrai des Phuléens. Nous avons donné les autres dates.

Lixo Divinité balnéaire. — Voyez Ilixo.

Loro Voyez Iluro.

Loronenses Voyez Elloronenses.

Losa Station de la voie de Pampclune à Bordeaux, dan<

l'Itinéraire d'Anlonin, à XII de Segosa et XII de Bouts: D'Anville veut que ce soit Lèche, entre Escource et La Teste ; Walckenaer indique le bois de Liscogas, ce qui est vague ; la Commission de la Carte propose dubitativement le Muret.

LugiluRum ConsoraDiiorum Voyez Consoranni.

Lugdunnm Convenrrum Sainl-Berlrand-de-Comminges.

Le nom est cellique, et l'on fui jadis d'accord pour reconnaître, dans la seconde partie, le terme clun, élévation, monticule, habitation sur une hauteur. Mais Zeuss, (gramm. eclt. 05 note) lait observer que le vrai sens de dun esl fort et substantivement forteresse, même pour des villes situées en plaine.

Quant à Lug, malgré l'indication due à Clitophon et conservée dans un Livre des Fleuves, inscrit sous le nom de Plutarque, il faut écarter comme improbable le sens de corbeau, qui serait exprimé par un mot gaulois, loug.

Mensio Altingius (Agri Batavi descriptio) paraît avoir saisi la vérité, lorsqu'il a proposé le celtique long, identique au frison loeg, signifiant des habitations agglomérées autour d'un fanum commun. En bas-breton, lokh, a le môme sens ou celui d'un lieu consacré par le séjour d'un saint personnage. Les Romains confondirent cette idée avec celle de bois sacré, lucus, qui est sans doute fort parente de l'autre.

Lugdunum étant la forteresse sacrée, on ne doit pas s'étonner de rencontrer cette appellation d'un bout à l'autre des Gaules, chez les Ségusiens, chez les Bataves.

Lugdunum Convenarum fut une grande ville : elle aurait contenu 50,000 habitants sous les premiers empereurs. Il est certain que nulle part, en Gaule, on n'a trouvé un plus grand nombre d'inscriptions de tout genre.

Meduli Habitants du Médoc, entre la Gironde et l'Océan,

Mcdulicus pagus, Littus Medulorum. Ausone, dans une épitre à Théon Medulinus, le poète des sables votes arenarum (Ep. IV, 2), célèbre sous ce nom les huîtres de Gravette :

Ostrca Baianis certanlia qme Medulorum,

Dulcibus in slagnis, reflui maris a?slus opimat.

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Monesi

Mosconnum.

Plus lard, Sidoine Apollinaire (Ep. VIII, 12) donne à ce mollusque le litre de Medullica stipellex. On a vu (au mot Alingos) qu'il paraît y avoir eu des fabriques de poleries fines.

Il exista dans les Alpes (Maurienne) un peuple de Medulli, qui passait pour être d'origine ligurienne. Le Latium avait la ville de Mcdullia, et l'Espagne un mont Mcdullus, près de Minium; La Rhétie, MedcnAXoy Ptol.

La supposition que les Meduli furent une peuplade celtique qui aurait fait cortège aux Bituriges Vivisci est une conjecture dénuée de tout appui.

Ce qui est incontestable, c'est que les Meduli occupaient le pays situé au nord du bassin d'Arcachon, et probablement, ils faisaient partie d'abord des Boii et ensuite des Boatcs. Leurs mœurs étaient les mêmes; Ausone décrit leurs maisons enfumées par les torches de résine :

Et tingit pîceo lacrymosa colonica fumo.

Us occupaient l'arrondissement de Lesparre, plus le canton de Castelnau de Médoc.

• On s'accorde à retrouver ce nom dans celui de Monein, où il existe un antique ouvrage de castramétation, oppidum du pays. Situé au-dessous des Osquidates montant et des Sibyllates, que Pline nomme tout après, le territoire comprenait la partie ouest du diocèse de Lescar : dans l'arrondissement d'Orthez, les cantons d'Arthez, Lagor et Sauveterre; dans Oloron, ceux de Navarrenx, Monein, Lasseube et Oloron.

Réunis aux Tarbclli par Auguste, ils formèrent l'ouest des Benamcnses,. sous les successeurs de Constantin. . Station de la route de Pampclune a Bordeaux, dans l'Itinéraire d'Antonin, à XVI iïAqux Tarbcllicx et XII de Segosa. Walckenacr y voit Mixe, qui est sur l'antique voie côtoyant l'Océan, à 10 lieues gauloises (30 kil.) de Dax. La Commission de la Carte préfère le Petit Douscat.

Mémoire» •!• la Soc, d Ethu.

entre Lespéron et Sindèrcs : marqué par une métairie, ce lieu n'a pas encore révélé la suite de la voie romaine dont les restes subsistent à Labouheyre.

Nethon L'une des divinités de l'Aquitaine, selon Macrobe

(Saturnales I, 49), ce nom serait à la fois celui de Mars et celui du Soleil : « Martem Solem esse quis dubitet ? Acitani etiam, hispana gens, simulacrum Martis radiis ornatum maximâ religione célébrant, Neton vocantes. * Des manuscrits portent Necyn, mais cette variante n'est pas adoptée. Remarquez le nom d' Acitani, fort voisin de celui d'Aquitaine. De son côté, Pline ( III, 3) dit : « Ex colonia Accitanâ, Gemellenses et Libisosona cognomine Foraugustana, quibus duabus jus Italiœ datum. » Les Accitani figurent d'ailleurs dans la géographie de Ptolémée, à l'Est de Cadix, qui se serait appelée Acci ; d'anciennes médailles portent C. I. G. ACGI et COL. GEM. ACCI. Selon d'autres, c'est Accitum, aujourd'hui Finiana, à trois lieues au Sud de Baeza. On se demande s'il ne s'agit pas d'une colonie d'Aquitains.

Nethon était le nom d'une montagne d'Aquitainer comme il ressort d'une inscription trouvée à Baudéan.

MONTI BVS AC

EIONI NETIIOI V. V. V.

On la retrouve dans le pic de Néthou, qui a une double gloire aux yeux du pays : il est le plus élevé du massif de la Maladetta et de toutes les Pyrénées (3482 m) ; et c'est de ses glaciers que s'écoulent les premières eaux de la

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