A. CASTAING
DICTIONNAIRE ETHNOGÉNIÇ>UE.
Kitiobriges
ficuempoptilana (Provincia) — Novempopolaaia et Novempopuli
Garonne, le grand fleuve national. Le Nethon est aujourd'hui en Espagne, mais il appartenait à l'Aquitaine, comme les sources de la Garonne. — Voyez Aceio et Venami.
Peuple de l'Agenais. La physionomie du nom, suffisamment gallique, les distingue des Aquitains. Ils passent pour avoir été alliés, sinon apparentés aux Arvernes.
La Commission de la Carte des Gaules met au nombre des questions à élucider celle de savoir si les Nitiobriges, au temps de César, ont réellement possédé les pays situés sur la rive gauche de la Garonne, qui formèrent plus tard l'évèché de Condom. — Voyez Fines.
Les informations font défaut. Il est probable que l'organisation d'Auguste accrut leur territoire, en leur sacrifiant les territoires de voisins moins favorisés, comme elle le fit ailleurs. Ils auraient ainsi absorbé des contrées appartenant aux Garites, aux Solicites, aux Osquidates campestres. Il est vrai que leur roi Teutomat conduit, au secours de Vercingétorix, une troupe de cavalerie aquitaine ; mais ce pouvaient n'être que des volontaires ou des mercenaires.
Dans tous les cas, la langue et les mœurs ne laissent aucun doute sur l'origine aquitaine des populations du diocèse de Condom.
Le pays des neuf peuples. La première mention de cette formule géographique est due à Ammien Marcellin, XV ; faisant une brève description de la Gaule, à l'année 355, il divise l'Aquitaine officielle en deux parts : la première, dite Aqnitania, est au N. E. de la Garonne; quant à la seconde, il s'exprime ainsi : « Novempopulos Âuscj commendanf et Vasatae. *
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Un peu plus tard, vers 368, Festus Rufus, dans le Breviarium, qu'il dédie à l'empereur Valens, recense deux Aquitaines et la Novempopulana.
La Notitia Provinciarum et Civitatum Galliœ donne la première et la seconde Aquitaine, puis les Novempopuli. Dans la Notitia imperii, après l'une et l'autre Aquitaine, on trouve la Novempopulana.
Ces divers noms sont restés pour plusieurs à l'état d'énigme : il y a douze peuples et non pas neuf dans la province. Mais il est facile de reconnaître que la cité des Convcnœ et celle des Consoranni, longtemps distraites au profit de la Province romaine, furent ensuite rendues à la troisième Aquitaine ou Novempopulanie. De môme, la cité des Boates avait été annexée précédemment, sous le nom de Boii, au diocèse des Bituriges Vivisci. On ignore à quelle époque se fit la restitution.
Que penser des théories échafaudées sur l'inscription de Hasparren, relativement à la date de cette expression ? Dans le marbre que le tympan de l'église de ce village conserve depuis 1680, époque de sa découverte, le duumvir et fiamine Vérus raconte, en mauvais vers, avoir obtenu d'Auguste la séparation des neuf peuples. Les critiques ont oublié que ce nom à'Auguste, qui signifie empereur, ne porte pas de date. Au temps d'Auguste, fils d'Octave, il n'y avait en Aquitaine ni duumvirs ni (lamines ; les peuples y étaient quatre et non pas neuf. Quant à la liste de Vérone, la date de 207, qu'on lui attribue, se rapproche davantage du probable, mais les indications ne sont pas sans obscurité.
Uoviomagus (Nouwpr/o?, Nuiomagus, Ptoléméc). Ville du territoire des Bituriges Vivisques, à côté de Bordeaux. Il est difficile de concilier les données de ce géographe.
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Yiïxroc Aw/ovvtoc tÇ — ^fyz
Novtofjt.2yo£ • . . . (Ç U — p.çt£
Bo-j potyoùiat .... ir,^j.e — (xe)<.
A.vyovjzoc 177 — (xeX
K.oaGiov trik — pç^
Le résultat est absurde : Bazas serait à 25 lieues a» Nord-Ouest de Bordeaux ; Auch, à l'O. de Bordeaux, et toutes deux sur une même latitude ; Noviomagus entre Bordeaux et Bazas.
Sans se préoccuper de la situation géodésique, il ne semble pas que Noviomagus représente Soulac, ni le Verdon, ni môme la Goulée, qui faisait partie de l'île à'Antros, laquelle passait pour inhabitable et était, en tout cas, en dehors du territoire des Bituriges. (Voyez Antros).
L'indication paraît concerner Macau, situé sur la rive gauche de la Garonne, en face du Bec d'Ambès : on y voit des fondations antiques où l'on a trouvé des médailles romaines. Son port, jadis considérable, a été comblé par les alluvions. Il semble même que son nom ait conservé la terminaison antique, contrairement à la théorie de l'école romaniste.
Œaso C'est le nom que Plolémée donne à un promontoire
qu'il dit èlre situé à 681 Stades de l'embouchure de l'Adour. Or, le cap Machichaco, au N. 0. de Bilhao, en Biscaye, n'est qu'à 650 Slades du même fleuve, ce qui a porté un grand nombre de critiques à mettre là le promontoire Œaso et les limites de l'Aquitaine antique. Mais il ne faut point prendre Ptolémée au pied de la lettre. D'Anville fait observer que cet auteur peu exact s'imagine que la chaîne des Pyrénées forme perpendiculaiivnuMU à sa direction générale, une pointe qui s'avance dans l'Océan,
2gS MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ D'ETHNOGRAPHIE.
tandis qu'elle dévie au midi, parallèlement à la côte espagnole du golfe de Gascogne.
L'on a cru retrouver le même nom dans PomponiusMéla, pour une ville située dans le territoire des Vardules et près de la Bidassoa ; mais le texte est si atrocement défiguré, qu'on n'y peut fonder la moindre créance.
Il ne faut pas confondre ce point avec Olarso, qui est en Espagne, chez les Yardules ; aujourd'hui Oïarzun.
Olobrisates Voyez Onobrisates.
Olorenais Voyez Elloronenses.
Oloro Voyez Iluro.
Onesii Ce peuple n'est connu qu'a raison du mot que Strabon
a dit des Thermes des Onésiens, Ovqbuùv ©eppa. Oïhénart hésite entre Encausse et Luchon. Marca et Ilautescrre tiennent pour Encausse, Du Mège et d'Avezac pour Luchon. M. Curie Seimbres propose Capbern, où il cherche aussi à tort YAquœ Convenarum de l'Itinéraire d'Antonin, qui est certainement à Bagnères-de-Bigorre.
On admet que le nom des Onesii de Slrabon est identique à celui des Onobrisates de Pline. S'il y avait une différence, c'est que l'un de ces peuples serait une fraction de l'autre.
Oaobrisates cl Ooobasates Tous les codex de Pline portent la première leçon,
sauf quelques-uns des plus anciens qui donnent Olobrisates. D'Anville a proposé de lire Onobusatcs, pour justifier l'origine du nom de Nebousan qui est resté au pays voisin du confluent de la Nestc et de la Garonne : rien n'autorise la restitution, et la corruption du nom peut provenir du Moyen-Age. Walckenacr rapporte le terme au mot celtique briva, pont ; mais il ne fournit aucune donnée propre à démontrer cette origine.
Les Onobrisates avaient pour voisins : à l'O., les Bigerriones ; au N., les Tomates ; à l'E., les Garumnî ; au S., les Venami et les Pyrénées.
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Leur périmètre répondait, non pas au Nébousan, mais aux Quatre-Vallées et à leur suite jusqu'au partage des eaux.
Aujourd'hui, ce pays comprend : dans les Hautes- Pyrénées, les cantons de Vielle, Arreau, Bordères, Barrousse, Ncstier, Lannemezan ; dans la Haute-Garonne, la partie de l'arrondissement de Saint-Gaudens au sud de la Garonne : c'est Nébousan et Haut-Comminges.
Le territoire des Onobrisatcs, qui fut primitivement sans doute une fraction des Garumni, fournit la majeure partie du domaine attribué par Pompée aux Convenœ, dont il suivit dès lors les destinées.
Oppidum novum Station de la voie de Dax a Toulouse, dans l'Itinéraire
d'Antonin, à XVIII de Beneharnum et XVIII d'Aquœ Convenarum. Sanson propose Tarbes, qui ne saurait convenir à raison des distances. Tous les autres s'accordent pour Nay.
Cet oppide était situé dans la partie N.-E. du territoire des Lassuni.
Oecineium Station de la route de Bordeaux à Narbonne, dans
l'Itinéraire d'Antonin, celui de Jérusalem et la Table Théodosienne, à VIII de Très Arbores et VIII de Scittium. D'Anville propose Esquies, aujourd'hui Esquiez,pics de Houeillès : cette localité possède trois énormes tumulus entourés de fossés. Walckenaer veut que ce soit le moulin de l'Escinjot, surle Ciron. La Commission de la Carte des Gaules indique Losse, ce qui est déjà mieux ; mais Losse n'est pas sur la voie romaine, tandis qu'on y trouve sa voisine, Lubbon, dont le nom rappelle celui d'un sanctuaire, et où l'on a trouvé des urnes et autres antiquités.
Le nom, d'ailleurs, paraît se rapporter à celui d'Iscitt et à celui des Osquidates.
Les voyant placés par Pline à la suite des Sotiatcs, D'Anville a cherché leur habitat à PO. de ceux-ci, dans
la partie S.-E. du diocèse de Bazas. La carte de l'illustre géographe indique par à peu près le territoire fort peu habité qui domine les Petites Landes, savoir : le canton de Captieux, dans la Gironde; le nord des cantons de Roquefort et de Gabarret, dans les Landes; le sud de ceux de Houeillès et de Casteljaloux dans le Lot-et-Garonne. A TE. coulent l'Avance vers la Garonne, la Gueyze vers la Gelize; au N., le Ciron avec le Thus et autres affluents ; à l'O., la Grave de Calen et le Peyronnet; au S., le groupe de l'Eslampon. Là se trouvent Esquiès, le moulin de l'Escinjot, Escandès, près de Captieux.
Osqoidates Carapestres Les habitants des vallées d'Ossau et d'Aspe, anciens
Osquidates Montant, ont conservé à travers les siècles, l'habitude de conduire leurs troupeaux, pendant l'hiver, sur le plateau que je viens de signaler: les monuments les plus fréquents y sont des parcs à brebis. Au XVIe siècle, l'hivernage annuel s'opérait encore sur une grande échelle ; en 1568, pendant les troubles religieux, Charles IX fit opérer en ce lieu la saisie des troupeaux des vallées béarnaises qui étaient des parpaillottes. Le produit en fut de 600,000 livres pour le gros bétail seulement (Menjoulet, Chronique d'Oloron, II). Les bandes de brebis représentaient une bien autre valeur. Aujourd'hui, les mouvements fort réduits ne comprennent que des bêtes à laine.
Crassus ne rencontra pas les Osquidates qui étaient encore dans la montagne, leur séjour d'été ; d'ailleurs, le territoire dépendait de celui des Vocates et un peu des Tarusates.
Auguste les annexa à ces deux peuples qui ne faisaient qu'un dans son organisation.
Btiaidites lontani Par ce surnom, Pline les signale comme des habitants
des hautes vallées; en les mettant entre les Monesi et les Sibyllates, il assigne leurs positions dans les vallées
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d'Ossau , d'Aspe et de Baretous. Nous venons de voir qu'ils hivernaient dans les Petites Landes.
Sous Les successeurs de Constantin, leur nom ethnique céda la place à celui d'Elloronenscs qu'ils durent à Iluro, Oloron, leur chef-lieu, point de réunion des Vallées et des Gaves.
C'est à tort qu'on a cherché la trace de leur nom dans celui d'Ossau, qui vient d'i7m Saltus, gorges ou bois de l'ours : porté par les Vallées et leurs vicomtes, au Moyen- Age, ce titre fui ensuite remplacé par celui d'Ursaleyisis Vallis
Les Basses-Pyrénées fournissent les homonymes suivants :
Escos, près de Salies ;
Escot, canton d'Accous;
Escoubès, canton deMorlaas;
Escout, dans le rayon d'Oloron ;
Escurès, canton de Lembeye;
Esquit (rocher et gorge, la Pêne), près des confluents des gaves d'Aspe et de Lescun ;
Lescun (l'Escun, à l'Ascun) ;
Lesquain (Tabaille) canton de Sauveterre; etc.
Tous ces noms ont la même origine que celui d'Iscit.
Paciani Voyez Preciani.
Pimpeduni Telle est la leçon des meilleurs manuscrits de Pline, et
notamment du Codex Cliiffiet ; il faut rejeter Bipedemui. Ce nom paraît composé de deux racines celtiques : pompe, cinq et dun, forteresse, ville forte (Cf. Lugdimum et Zeuss, Grammat. Celtica, Cambr. antiq. pimp; cornic. pymp ; armoricain pemp. p. G5, 321). Ce sont les Cinco Villas de Navitrra, dans les vallées de la Bidassoa.
On n'a jamais mis en doute que ce pays ne fit partie de l'Aquitaine antique. La charte d'Arsius, établie en 080, après avoir assigné au diocèse de Bayonne les vallées de
Mém. da lu Soc. d'Elhn. - t. - 18Si 39
Gize, Baigorry, Arberoue et Osais, qui constituent la Basse-Navare, ajoute :
a Bazten item vallem usque in medio portu Bêla, vallem qure dieitur Lcrins, terrain quse dicitur Ernania et 5. Sebastianum de Pusico, usque ad 5. Mariam de Arosth et usque ad S. Trianam. »
Les vallées de Bastan et de Lerins, qui forment le bassin de la Bidassoa, furent détachées du diocèse de Baronne par Philippe II qui les réunit à celui de Pampelune. C'est là le pays des Pimpedunni.
La vallée d'Oiarzun, la terre d'Ernani et celle de Saint- Sébastien, qui sont du Guipuzcoa, furent prises en même temps par Philippe. Mais, dans l'Antiquité, elles appartenaient aux Vardules, que les uns considèrent comme d'origine aquitaine, les autres celtique : probablement mélangés, ils furent toujours comptés parmi les peuples d'Espagne. C'est donc h tort que Marca (Hist. de Béarn, I, 3, VI et VII) aurait fixé la limite occidentale de l'Aquitaine à la rivière Oria ; limite qui paraît provenir de l'occupation de ces pays, en 602, par Thierry, roi de Bourgogne.
Preciani Prociani, Paciani et Laciani, Ptiani et Ptianii,
Pthiàni et Pthucani. — Oudendorp a vulgarisé la première forme. Les Allemands préfèrent Ptiani, qui est bizarre, et le général Creuly pense que, P s'écrivant quelquefois pour Pre, Ptiani peut revenir à Pretiani.
Ce nom paraît une seule fois dans l'histoire, au milieu de la liste des peuples aquitains qui traitèrent avec Crassus. Ce groupe n'avait, d'ailleurs, qu'une importance secondaire : aussi, ont-ils disparu sans laisser de trace. Dans la liste, ils viennent après les Bigerriones ; mais ils dépen daient des Ausci. Leur territoire comprit celui du Pardiac, • bef-lieu Marciac et une partie de l'Astarac ; le tout,
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situé entre l'Armagnac et le Magnoac, répond à peu près à l'arrondissement actuel de Mirande.
On a rapproché ce nom de celui de Préchacq, qui s'y rencontre deux ou trois fuis : dans tous les départements qui se sont partagé l'antique Aquitaine, il y a plusieurs villages de ce nom, qui dérivent des formes pressiaeum, prexacwn et pretiacum, fort répandues dans toute la
Prociani j France-
PtQcani et Pthianii . . ( Voyez Preciani.
Ptiani et Ptianii )
Pyrenaeus et Pyrenœi montes Ces deux formes, absolument reçues par tous les auteurs
latins, sont exotiques et empruntées au grec, qui les tenait lui-même sans doute des colonies grecques de la Catalogne.
Les Grecs disaient Huprnm qu'ils appliquaient tantôt à une ville (Hérodote, II, 33) tantôt à la chaîne des montagnes (Aristote, Meteor. I, 13 ; Polybe, Strabon). Ce mot n'ayant aucune source connue en grec, avait été emprunté à l'idiome local.
Les noms propres se rapportant au radical bar, sommet et montagne, sont très nombreux dans le pays : Bar, bère, Barousse, beran, beron, etc. Dans la vallée de Baros, et dans d'autres canlons du Couseran, les crêtes et les pâturages se nomment biren. Les chansons locales parlenj de « las filhos de Biren. »
Salomacum Station de la voie de Dax à Bordeaux, à XII de 7W-
lonum et XVIII de Burdigala, dans l'Itinéraire d'Antonin, Walckenaer désigne Salles, dite le Paradis des Landes. La Commission de la Carte, supposant une courbe au sud du bassin d'Arcachon, indique la Mothe.
Saltus Pyrenaeus L'une des divisions ethniques de l'Aquitaine, dans Pline,
qui la met à la suite des Onobrisates et des Belendi.
Le mot Saltus a diverses significations : la principale.
la plus générale, est celle de forêt et, par extension, pâturage ; c'est ainsi que l'entendent César et Virgile :
Saltibus in vacuis pascunt, et plena secundum Flumina. Georgiques, III, 498.
Varron, L. IV, De lingua Ramona, indique des forêt* sans culture en vue du pâturage. Festus cite le jurisconsulte /Elius Gallus qui(L. II Significationum quœ ad jus pertinent) définit le Saltus, un lieu où sont des forêts et des pâturages, même lorsqu'une portion est cultivée et habitée.
Sous les premiers empereurs, et notamment au temps de Pline, les Saltus étaient des divisions administratives, indépendantes des municipes, et relevant directement du procurateur impérial. Dans ces Saltus, que leur nature sauvage tenait en dehors de l'organisation générale, vivait toute une population de petits paysans qui formaient des hameaux autour de la demeure des propriétaires dont ils dépendaient. A la suite des confiscations opérées surtout au temps de Néron, ils devinrent propriété de l'empereur, au nom duquel ils étaient administrés. Le caractère spécial de ces circonscriptions était de n'avoir ni magistrats, ni organisation politique; les membres de la communauté n'étaient réunis que par les liens religieux. (Cf. Frontin, Gromat.)
Le nom de Saltus Pyrenœus aurait pu s'appliquer à plusieurs portions de la chaîne; mais il ne convient à aucune autre région aussi bien qu'à l'ancien pays de Foix et à quelques districts voisins, qui sont couverts de forêts et de pâturages. Ce pays est délimité, au N. par la chaîne des monts Plantaurel, jadis couverte de chênes magnifiques, dont l'incurie des anciennes administrations amena la dévastation. L'Ouest touche au Couseran, le Sud à l'Espagne. A l'Est, c'est aujourd'hui le département de l'Aude, dont
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la partie la plus voisine, qui appartint au diocèse de Pamiers, doit être mise aussi au compte de l'Aquitaine (Marca, Hist. de Béarn, I, 3 et Vl-VII).
On a vu (ch. Ici-dessus et au mot Cebennœ) que l'Aquitain»avait pour extrême limite, à l'Orient, la chaîne des Corbières occidentales. Celle-ci, commençant auprès de Bonibonne, contre la frontière des Pyrénées-Orientales, court au N., en englobant le Tarbesou et la Crête de Pailhères, et laissant en dehors le canton de Quérigut. Puis, pardessus le cours du Rebenti, qu'elle couvre, elle se dirige vers le Nord, jusqu'auprès de Fanjeaux, où le canal du Midi effleure ses derniers contreforts. Dans ce trajet, elle laisse à gauche les cantons de Iblcaire et de Chalabre, qui ne sont séparés du département de l'Ariége que par le cours de l'IIers, mais qui sont compris dans la partie orientale du bassin de cette rivière.
Le canton de Belcaire, plus connu sous le nom de pays de Sault, est entouré de hautes montagnes que couvrent de superbes forêts de sapins.
C'est là, qu'au Moyen-Age, se trouvait la vicomte de Sault (De Saltu), dont les seigneurs habitaient Aniort ou Niort, antérieurement à 1270, date de l'annexion à la Couronna de France.
Le canton de Chalabre, ancien pays de Chcircorb, Quièrecourbe, nom qui rappelle celui des Corbières (Voyez Cebennœ) fut aussi appelé la Terre Privilégiée. Dans les forêts, dont cette région est également remplie, les hameaux, surtout ceux du Sud, portent le nom de Saltes on métairies des Bois, indubitable souvenir des Saltus antiques.
A côté, Belesta, qui fait maintenant partie du canton de Lavelanet (Ariège), mais qui fut jadis comprise dans le pays de Sault, possède encore la plus belle forêt des Pyrénées.
Sarrali
Tout ce pays continue à répondre à la délinition d'/Elius Gallus et aux informations de Frontin : de rare* cultures et des habitations clair-semécs n'en changent pas la physionomie éminemment forestière.
Le terme Saltus, étant géographique et administratif, n'exclurait pas les noms des peuples qui auraient habité la contrée : peut être est-ce là qu'il faut placer les Consuaranni (Voyez ce nom). D'ailleurs, en raison de la situation du pays et de son mode de recrutement, la population en fut nécessairement très mélangée : les Ligures et les Celtes y ont pénétré; mais le premier fonds fut aquitain, comme Pline l'admet : on doit reconnaître qu'il se laissa déborder ensuite, puisque le dialecte est presque du Languedocien.
Station de la route d'Agen à Toulouse, dans la Table
Théodosienne, à XVI de Lactora, et XX de Tolosa. Walckenaer indique Cologne qui est sur le Sarampion et N. D. de Sabouls. La Commission de la Carte préfère Sarrant. C'est aussi l'avis de d'Anville, qui lit Sartali, d'après les cuivres de 1598, 1682 et 1728 ; mais à la loupe, dit M. E. Desjardins, on lit Sa.rali.
Voyez Lassuni.
Scittium (Mutatio) Étape que l'Itinéraire d'Antonin, route de Bordeaux à
Narbonne, place à VIII d'Oscineium et VIII de Civitas- Elusa. La ressemblance des noms l'ayant conduit à Sos, D'Anville a gratuitement conjecturé qu'une faute de copiste a d'un 0 fait CI. Le manuscrit de Vérone porte Scotium. L'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem a Sittio ; la Table Théodosienne également Scittio, mais avec XV jusqu'à Elusa, ce qui est sans doute une faute ; la Commission de la Carte veut que ce soit Gabarret, qui répond mieux aux distances.
Je me borne à remarquer le rapport du nom avec celui du dieu ISCIT.
Sassumini
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Sediboniates Peuple nommé par Pline, à la fin de la liste de ceux
qui occupent le littoral de l'Océan, depuis l'embouchure de la Loire jusqu'à celle de l'Adour. Cette proposition a fait admettre que c'est une variante du nom des Sibuzates.
Segosa Station de la voie romaine de Pampelune à Bordeaux, dans
l'Itinéraire, à XII de Mosconum et XII de Losa. D'Anville et Walckenaer proposent Escousse, à cause d'une vague ressemblance des noms. La Commission de la Carte préfère Labouheyre, où il y a des traces de voie romaine et des foires dont l'usage remonte très loin
Sennates Pline met ce petit peuple à la suite des Vassei, et au
dernier rang de ceux de la troisième Aquitaine; car ensuite, il traverse la Garonne.
L'habitat en était compris dans les bassins de l'Estrigon et du Geloux formant aujourd'hui le canton de Labrit et une partie de celui de Mont-de-Marsan, moins Belis, Mailhères, Canenx et Arriaup : c'est l'ancien archiprêtré de Marsan, partie nord.
Au nord de ce territoire, on trouve la commune de Sen, près de Labrit ou Albret, séjour des seigneurs du pays, pendant le Moyen-Age. Plus bas, la carte du diocèse d'Aire marque un bourg de Sanneguy que je ne retrouve pas, à moins que ce soit Angueis.
Labrit a donné une belle mosaïque et les traces d'une voie romaine.
11 est à remarquer que l'article précède toujours le nom du Sen ; on dit même habituellement le Sen de Labrit, il est à supposer que ce point fut le premier centre de la peuplade. En Irlandais, Scan signifie vieux. C'est un dérivé du thème Sena, qui a le même sens et se reproduit dans le latin Senex, Senis. On appelait Sériâtes les voisins immédiats de Home.
Le territoire fut annexé par auguste à celui de
Tarusatesy auquel il resta lors de la formation de la
Diœccsis Atturcnsis.
Sertone . .
Sibuzates
Sibyllates
Voyez Serione.
. Depuis Adrien de Valois, tous les critiques s'accordent à retrouver ce nom dans celui de Saubusse, localité fort ancienne, dit M. Tartière (Géogr. du dép. des Landes), connue jadis sous le nom de Port de Saubusse et cheflieu, au Moyen-Age, d'une baronnie qui comprenait en outre Saas, Angoumé, Laluque. On voyait, il y quelques années, à un kilomètre du bourg, trois buttes placées à la distance de 400 m. l'une de l'autre et portant les traces d'anciens campements. Il existe encore, non loin de l'ancienne forêt où se trouvaient ces buttes, sur la rive gauche du chemin de grande communication de Saubusse au vieux Boucau, un bloc de marbre de forme cylindrique, ayant lm66 de hauteur sur 0m30 de diamètre. Ce bloc est connu dans le pays sous le nom de Peyre Longue. C'est un menhir.
Le territoire des Sibuzates comprenait un peu plus quo celui de la Maremme : cantons de St-Marlin-de-Seignanx, St-Vincent-de-Tyrosse, partie sud de celui de Soustons, et enfin l'angle sud-ouest de celui de Dax. Circonscrit au N\ par une ligne allant d'Angoumé au vieux Boucau, il était, d'autre part, entouré par l'Adour et l'Océan; Saubusse en était le point extrême à l'E. près des Tarbelli.
On y trouve Saubrigues à la forme gaélique, Saubion et le château de Saubis.
L'autonomie des Sibuzates disparut sous Auguste qui les annexa aux Tarbelli.
On est d'accord pour reconnaître, dans ce nom, les anciens habitants de la vallée du Saizon : c'est le pays appelé Subola par Frédégaire, puis Sola et enfin Soûle, arrondissement de Mauléon. Oihénart, sans s'expliquer
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davantage, dit que ce terme signifie « Sylvestris regio », décision qui a mis aux abois ceux que Chaho nomme « les Bascophiles, inventeurs d'étymologies drolatiques et de coq-à-1'àne immortels par le ridicule. » Chaho luimême a vainement essayé de rattacher au prétendu incendie, qui aurait dévoré les forêts des Pyrénées, le terme basque Zuberua (Cf. Biarritz, I).
Limites : au S., les Pyrénées, depuis le pic d'Arias jusqu'à la forêt d'Iraty ; à l'E. et à PO., la ligne de partage des eaux; au N. E., une ligne sinueuse allant d'Autevielle à l'Hôpital. Les Sibyllates étaient donc placés entre les Monesi, les Osquidates montant, les, Pimpedwii et les Camponi : c'est là que Pline les met.
Réunis par Auguste aux Tarbelli, ils y furent maintenus par les organisations subséquentes et firent partie du diocèse de Dax. En 10G0, « Grégoire, abbé de Saint- Sever et évêque de Dax, permit laschement que le pays de Soûle soit distraict de son évesché par la violence d'Estienne, évesque d'Oloron » ; et en 1070, « Bernard de Mugron, évesque de Dax approuve laschement la distraction, d (Compaigne, Chronique de la ville et diocèse Dacqz).
Les Basques envahirent ce pays, à la fin du VIe siècle et ils y sont restés ; mais on ne voit pas quelle part ils ont prise aux destinées politiques de la contrée.
Sigmanus Petit fleuve dont l'embouchure serait à la côte du golle
de Gascogne, entre celles de l'Adour et de la Gironde. Ptolémée est le premier qui le mentionne ; son traducteur latin lit Sigmannus et Marcien d'Héraelée Siijmitius. Certaines éditions de Ptolémée portent même Bigmannus, en sorte que d'Anville y cherche un rapport avec Biganos, village situé à l'angle S.-E. du bassin d'Arcachon, au N. de l'embouchure de la Leyre : il y a là des traces de voie romaine et des tumulus. Biganon, dans les Landes, est Mém. de la Soc. d'Etkn. — I. — 1884. 40
aussi fort voisin de la Leyre, qui est le seul cours d'eau de quelque importance débouchant dans l'Océan entres les deux fleuves. On doit supposer que Ptolémée a voulu parler de la Leyre.
Siloduni, Siroduni. . . Voyez Soldurii.
Sirio Le Ciron prend sa source à Lubbon (Landes), passe par
Préchacq, Villandraut, et se jette dans la Garonne, entre Barsac et Preignac. Les uns veulent que l'étape de l'Itinéraire d'Antonin, de celui de Jérusalem et de la Table Théodosienne, dite Mutatio Serionc ou Sert&ne, soit le pont sur le Ciron; les autres proposent Gérons, à 4 kilomètres plus bas, sur la Garonne.
Jouannet conjecture que la Mutatio n'a de commun que la traversée du Giron, mais que le lieu du passage différait. Sur la voie de Bordeaux àAgen,ce serait Cérons; sur la voie de Jérusalem qui passe à Bazas, le point serait placé entre Pujols et la Mothe. La vérification est difficile, toute trace de voie romaine ayant disparu de ces lieux.
La Table Théodosienne met Sertone entre Burdigala et Vesubium.
Sociates Voyez Sociates.
Soldurii César donne ce nom aux gardes du corps du roi des
Sotiates, qu'il qualifie de devoti, dévoués : vivant avec le maître, ils partageaient sa bonne et sa mauvaise fortune et ne le quittaient ni à la vie, ni à la mort (G. des Gaules, III, 22). Ce portrait diffère peu de celui qu'il fait des Ambacles, ou clients gaulois, auxquels il n'était pas permis d'abandonner leurs chefs, même dans la plus extrême détresse (Ib., VII, 40). Il en était de même chez les Gaulois Cisalpins (Polybe, II, 47).
Nicolas de Damas, cité par Athénée (Deipnos, VI, 40) rapporte que les dévoués du roi des Sotiates, liXoiïo'woi ne survivaient pas à leur patron. Tacite en dit autant des Comités germains, compagnons d'armes des principes aux-