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A. CASTAING. — DICTIONNAIRE ETHNOGÉNIQUE. 3 II

quels il s'attachaient {Germània, XV); Ammien Marcéllin montre deux cents Satellite;; du roi Chnodomaire, venant parlager sa captivité. Toutefois, César n'ayant pas attribué cette coutume aux Germains, il faut penser qu'elle n'y existait pas de son temps, sauf peut-être chez les peuples d'origine celtique.

Valère Maxime (VII, 6, ext. 3) constate l'usage des dévouements chez les Celtibères ; Sertorius en profita pour se faire une garde de mille dévoués (Plutarque, Sertcriut, XIV); à sa mort, ils furent dégagés de toute obligation.

L'usage était donc bien celtique et germanique, selon l'observation de Fréret (œuvres, V, p. 55) et non pas ibérien. En Espagne, il n'en est jamais question, si ce n'est à propos des Celtibères de Sertorius, qui étaient d'origine gauloise.

Zeuss (Gramm. Cclt.) fait observer que la combinaison urio, orio est essentiellement celtique.

Sontiatos Voyez Sotia tes.

Sotiani etSotiates, Sottiates. . . Lu leçon Sociatcs provient d'une préoccupation de latinistes. La charte de Lescar écrit Sotia. Les Allemands, amis des formes bizarres, préfèrent Sontia (Nipperdei, Comment. 1847 ; Frigel, De Bsllo Gallico, 18B1 ; Ilellcr, Philologus, 3e cah., 1862). Mais Pline écrit Sottiates, Nicolas de Damas Sotianes. Les médailles donnent la forme Sotiota et mieux Soliat. — Voyez Adietuanus.

La situation de l'oppide des Sotialcs, extrêmement discutée, ne fait pas de doute ; c'est Sos, petite ville du canton de Mézin, Lot-et-Garonne, Socia, Sotia, Sotium etSossium, au Moyen-Age (Oïhénart, Notifia, p. 446). La charte de Lescar place Sotia entre Oazas et Lcctoure ; les Normands, se rendant de l'une à l'autre de ces villes, rencontrent le Castrum Sotiœ (Nie. Bertrand, Ilist. de Ton'ousè). Enfin, la situation est telle, qu'en marchant en avant, après la prise de l'oppide, Crassus se trouva néces-

Stomatas.

Succasses

sairement sur les frontières des Vocates et des Tarusates (G. des Gaules, III, 23).

Le pays des Sotiates aurait été bien exigu, s'il n'eût compris que l'Ouest du canton de Mézin et les parties voisines de ceux de Casteljaloux et de Gabarret, comme il résulterait des limites respectives des évôchés d'Auch et de Gondom. Mais il est probable qu'il fut l'une des victimes des atteintes que l'organisation d'Auguste se plut à porter à la constitution ethnographique des Gaules. Tandis que la partie méridionale du pays fut attribuée aux Auscii, d'où elle passa aux Elusates, le Nord, avec les cantons de Damazan, Lavardac, Nérac et Francescas, fut donné aux Nitiobriges, puis à l'évêché de Gondom. — Voyez Nitiobriges.

. Station de la voie de Bordeaux à Narbonne, dans l'Itinéraire d'Antonin, la Table Théodosienne et l'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, qui marque VII Leug. de Burdigala et VIIII de Sirio. Walckenaer retrouve ce point à St-Médard d'Ayran etla Commission de la Carte àCambes. Il était dans ces parages, sur la rive gauche de la Garonne.

. A la suite des Osquidates Campestres, Pline aurait dû placer les Tarusates : j'explique ailleurs (voyez Latusates) comment ce nom fut supprimé. Pline a voulu reprendre près des Pyrénées, pour descendre vers la Garonne, par les Petites Landes. Il trouve les Succasses entre le Gave de Pau et l'Adour, au-dessus des Osquidates mo?itani et rejoint ensuite les Latusates, sous le nom desquels glisse celui des Tarusates.

Les Succasses occupaient ce qui forma la partie est du diocèse de Lescar, soit à peu près l'arrondissement de Pau, moins les deux cantons de Nay ; en outre, le canton d'Arzacq.

Réunis aux Tarbelli par Auguste, ils en furent distraits

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sous les successeurs de Constantin et fournirent la majeure partie de la civitas des Bcnarnenses Summus Pyrenaeus.. Station frontière de l'Itinéraire d'Antonin, sur la route

de Caesaraugusta à Beneharnum, à Y de Forum Ligneum : en lieues gauloises, cela fait 1 1 kilomètres et l'on en compte 42 d'Urdos à Sumport. Marca, d'après Surita, cite de vieux titres aragonais, où le terme romain a été remplacé par celui ôc Summus portus (H. deBéarn, 1, 1). Ce défilé, dont la largeur est considérable, est celui qui fournit aux troupes d'Abdérame leur principal passage. On a trouvé, dans le ravin, une borne miliaire portant les mots :

ILVRO MP.

les chiffres manquent.

Il y a un autre Summus Pyrenœus, plus à l'ouest, au point où la petite Nive prend sa source d:un côté, tandis que de l'autre s'échappe le torrent de Roncevaux. La distance Y, ou 11 kilom. qui le sépare d'Imus Pyrenœus. Saint-Jean-Pied-de-Port, indique le Pas de Roncevaux. Ce lieu, où se trouve le pic de Lindux, est aujourd'hui en Espagne ; il était alors sur la frontière de l'Aquitaine, à laquelle appartenait le Val Carlos. C'est par là, au nord de Roncevaux, que Charlemagne serait passé, en rentrant en France.

Les Pyrénées Orientales ont aussi leur Summus Pyrenœus.

Tarbelli César les met en tête de la confédération 'des Aquitains,

en raison de leur importance : Dax, Aquœ Tarbellicx, était l'objectif de la campagne de Crassus. A cette époque leur territoire comprenait : 1° dans le département des Landes, les cantons de Dax, Peyrehorade, Pouillon et Montfort; 2° dans les Basses-Pyrénées, les cantons do Ridachc, Salies et Orthez. Ce dernier territoire, dit Marca

Tarusates

Tarusconienses

(H. de Béam, I, 11) n'était point du pays de Béarn : faisant partie de la vicomte de Dax, il fut conquis en 1106 par Gaston III et une transaction de 1264 confirma la cession.

Auguste leur adjoignit tous leurs voisins des Pyrénées et des bords de l'Océan, les faisant limitrophes des Convcnœ, des Vocales et des Biturigcs, savoir : \°Lassuni, Osquidates montani, Monesi, Succasses, Sibyllates, Bercorates, Camponi et Pimpeduni; 2° Sibusales et majeure partie des Cocosates. Pline les qualifie de quatuor signani, soit qu'ils fussent divisés en quatre fractions, soit qu'il y eût chez eux, comme on le prétend maintenant, quatre dépôts de vétérans ou colonies militaires.

L'organisation des successeurs de Constantin élagua de de ce grand ensemble la partie est des Basses-Pyrénées répartie entre les Benamenscs et les Elloronenses. Le surplus forma la dixcesis des. Aquoises, qui fut ensuite partagée entre lus diocèses ecclésiastiques de Dax et de Bayonne. — Voyez Aqueuses.

. Au temps de César, ce groupe comprenait : au N. les Latusates (Voyez ce mot), puis le canton de Villeneuve et l'E. de celui de Mont-dc-Marsan ; enfin, l'arrondissement de St-Sever, moins le canton 0. de Tarlas. Le chef-lieu était Atures, Aire sur l'Adour. Auguste les réunit aux Vocales.

En recouvrant l'autonomie, sous les successeurs de Constantin, le territoire fut augmenté de celui des Sennates. Avec ces limites, la circonscription forma la diœcesis des Aturenses, qui répond exactement à l'évèché d'Aire, tel qu'il est figuré dans la belle carte de Pierre Duval.

. Ce nom désignerait le peuple de Tarascon; dans le comté de Foix. Toutefois, l'attribution ne résulte que d'une restitution hasardée par Pintianus, au texte de

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Pline, lequel porte Cononienses. Ce dernier nom paraît s'appliquer au pays où se trouve Couiza.

Tectosages Voyez Volcœ.

Tellonum Station de la voie de Dax à Bordeaux, dans l'Itinéraire

d'Anlonin, à XVIII de Coequosa el XII de Salomaco. Walckenaer, qui prend la voie des Landes, désigne Liposley, tandis que la Commission de la Carte, adoptant celle des étangs du littoral, propose timidement Cusan, près de Sanguinet.

Très Arbores ( Mutalio) . Relai de la voie de Bordeaux à Narbonne, dans les trois

Itinéraires, à V de Civitas Vasatas et VIII (ïOscineio. Walckenaer indique le Trélin, à cause de la consonnance ; mais ce mot signifie terre nouvellement défrichée. La Commission de la Carte propose avec doute Maillas, qui est trop au sud. L'abbé Dorgan (Hist. des Landes) croit trouver Très Arbores dans une ferme à l'extrémité méridionale de la commune de Sillas, qui se nomme Très casses, trois chênes. Ce point n'est pas dans la direction ; mais il semble indiquer la fréquence de la dénomination. Ces trois arbres peuvent avoir été un sanctuaire rustique peu fait pour braver l'action destructrice des siècles. Le territoire des Convense a fourni plusieurs inscriptions votives à un dieu six arbres SEX. ARBORES. Il y a aussi au Musée de Toulouse et ailleurs, des inscriptions DEO FAGO, au dieu hêtre.

Pline les met à côté des Vellatcs et des Consoranni. Réuni aux Auscii par Auguste, leur territoire fit partie plus lard de la diœcesis du même nom. Au Moyen-Age, il fut d'abord appelé Malennacense, puis il devint le Magnoac, dont l'extrémité S. E. conserva le nom antique, sous la forme Tournay.

Il comprend les cantons de Tournay, Trie, Galan et Castelnau de Magnoae, qui tirent partie du diocèse ecclésiastique d'Auch, jusqu'en 1700.

Tomates

}l6 MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ D'ETHNOGRAPHIE.

Turba (Civitas) Parmi les douze circonscriptions de la Novempopulanie,

la Nolitia Provinciarum menlionnc « Civitas Turba ubi castrum Bigorra». Civitas désigne le périmètre administratif comprenant alors le pays des Bigerriones et celui des Voilâtes; c'est le diocèse de Tarbes, antérieurement à

Mais Turba désigne aussi la ville, chef-lieu de la circonscription. Jusqu'à présent, on avait cru que c'était Tarbes. Cependant, Marca (Hist. de Béarn I, p. 40) fait observer que le nom de Turba est très rarement employé, au début : Les Mss. portent Tursambica, Tralugorra, Tursa, rarement Turba ou Tarba. Dans Grégoire de Tours (Hist. Fr., VI, 20), l'accord des rois Contran et Chilpéric nomme Bigorra, dont le nom se reproduit plusieurs fois ailleurs. Au concile d'Agde, 508, c'est Apcr, « episcopus Bigorritanse civitatis » ; h Orléans, 541, Julianus « civitatis Bigerricse ; enfin à Màcon, 579, Amelius, « Eoclesiae Bigorritanse »

D'un autre côté, M. Aug. Longnon (Géographie de la Gaule, au VIe siècle) prétend établir qu'au temps de Grégoire de Tours, Tarbes n'était qu'un vicuv où étaient déposés les restes de Saint Missolin ou Misilin. Le tombeau de ce martyr, permit au recteur du collège de la ville, en 1085, consulté par les Bollandislcs, de constater que le nom de la localité était alors Talva, qui fut changé ensuite en Tarvia, et devint Tarba, à partir du XII0 siècle.

L'antique chef-lieu du pays « ubi castrum Bigorra », ce serait la Cieutat, comme son nom l'indique : située à 25 kilomètres au S.-E. de Tarbes, et au pied des montagnes, Cieutat, comme on l'écrivait jadis, fut le siège d'un archiprètré jusqu'en 1789.

Toutefois, ce système trouve une puissante contradiction dans un cippe funéraire mis au jour, en 1873, par

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les fouilles de la fonderie de guerre de Tarbes, et portant l'inscription suivante :

D * M DisManibus

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