Première partie
vrai que cocarde, médaille ou relique sont, au même titre , des symboles relig-ieux parce qu'ils ont ceci de commun qu'ils représentent, qu'ils concrétisent, qu'ils évoquent tout un ensemble d'idées ou de sentiments, c'està-dire une foi.
Le fanatisme révohitionnaij'e. — Il n'est pas absolument vrai d'ailleurs que les symboles révolutionnaires n'aient eu la valeur que de simples signes, que d'allégories inoffensives, sans vertu, sans efficacité particulière. « Avec l'air du Ça ira, disent très bien les dévolutions de Paris \ on mène le peuple au bout du monde, à travers les armées combinées de toute l'Europe. Paré d'un nœud de rubans aux trois couleurs, il oul^lie ses plus chers intérêts pour ne s'occuper que de la chose pul^lique et quitte gaiement ses foyers pour aller aux frontières attendre l'ennemi.
« La vue d'un bonnet rouge de laine le transporte, et qu'on n'en prenne pas occasion de le railler ! Son enthousiasme est des plus respectables et des mieux fondég. On lui a dit que ce bonnet de laine était en Grèce et à Rome l'emblème de l'affranchissement de toutes les servitudes et le signe de ralliement de tous les ennemis du despotisme. C'en est assez pour lui. De ce moment, chaque citoyen veut avoir ce bonnet. ...»
La religion révolutionnaire eut, elle aussi, son ivresse, son fanatisme, et par là elle achève de ressembler aux autres. Les patriotes ne se bornent pas, en effet, à arborer des symboles nouveaux, à les environner d'une piété ombrageuse, ils font en même temps une guerre sans merci aux symboles anciens, ils les détruisent sans pitié, sans relâche, dans une rage joyeuse.
Ces paysans du Périgord qui furent les premiers, semblet-il, à planter les mais de la Libertç, abattaient et brisaient en