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I. Le peintre David

OO LES ORIGINES DES CULTES REVOLUTIONXAiRES

était vraiment la fête de la Patrie, la fête de la France nouvelle. Aussi la Fédération elle-même, « cette fête auguste, la plus majestueuse, la plus imposante, qui, depuis que les fastes du monde nous sont connus, ait encore honoré l'espèce liumaine », la Fédération devint un des grands événements de la Révolution et comme telle fut commémorée à son tour comme la prise de la Bastille. Les années suivantes, la fête du i4 Juillet fut consacrée à la fois aux deux anniversaires réunis et confondus.

En 1791, sans attendre qu'une loi les y obligeât, la plupart des municipalités célébrèrent le double anniversaire '. A Paris, les autorités et les gardes nationaux se réunirent avec une délégation de l'Assemblée sur les ruines de la Bastille et de là se rendirent en cortège au Champ de la Fédération, où Gobel célébra la messe sur l'autel de la Patrie. D'après le Moniteur-, le nombre des spectateurs fut considérable. Le soir, les façades des maisons furent illuminées.

Avant de se séparer, la Constituante fit du 14 Juillet une fête légale en décrétant que le serment fédératif serait renouvelé ce jour-là, chaque année, au chef-lieu du district ^.

En 1791, la fête avait été assombrie par le souvenir récent de la fuite à Varennes ; en 1792, elle fut enfiévrée par les approches du 10 août. Le 14 juillet 1792, à Paris, une délégation de l'Assemblée se rendit sur les ruines de la Bastille pour assister à la pose de la première pierre de la colomie de la Liberté qui devait s'élever, par les soins du patriote Palloy, sur l'emplacement de l'odieuse forteresse. A la cérémonie qui eut lieu ensuite au Champ de la Fédération, le clergé pour la première fois ne prit aucune part ^. Dans le cortège on remarquait une statue de la Liberté, portée par six « citoyens vêtus suivant le nouveau costume proposé par David », une statue de Minerve, portée

1. Celles de Bourges, de Châlons, de Strasbourg, entre autres.

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