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Si du moins on en croit Robinet, op. cit., t. II, p. 5i

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de la même manière sur un brancard aux trois couleurs et escortée par des vieillards tenant des enfants par la main. Près de l'autel de la Patrie, une pyramide honorait la mémoire des citoyens morts pour la Liberté, et un « arbre nobiliaire » cliargé d'écussons, de parchemins, de cordons d'ordres supprimés, vouait à l'exécration le passé disparu. A la tin de la cérémonie, les vieillards et les personnages officiels mirent le feu à l'arbre nobiliaire pendant que des enfants, des femmes et des invalides déposaient des couronnes de chêne et de fleurs sur le mausolée des martyrs de la Liberté. Puis on entonna l'hymne bientôt célèbre de M. J. Ghénier :

Dieu du Peuple et des rois, des cités, des campagnes...

Dans les départements, le 14 Juillet fut célébré, comme à Paris, à grands renforts d'allégories classiques. Mais, presque partout, la messe fut dite sur l'autel de la Patrie.

Le 4 Août. — Soit que le souvenir en eût été trop favorable aux ordres privilégiés ; soit, au contraire, que les décrets — tout théoriques — votés dans cette fameuse nuit eussent laissé trop de déceptions au cœur des patriotes, l'anniversaire du 4 Août fut loin d'obtenir les mêmes honneurs que celui du 14 Juillet. Les autorités s'en désintéressèrent. Quelques particuliers seulement, assez obscurs d'ailleurs, eurent l'idée de le commémorer, mais leurs projets ne furent pas réalisés. L'un d'eux, à la tin de 1789, proposait d'organiser une fête nationale qui serait célébrée tous les ans ft à ce jour immortel ' ». Dans chaque ville , on construirait un temple dédié à la Liberté . Louis XVI aurait sa statue dans la nef. Les 1.200 députés, (( coopérateurs , agents , instruments de la félicité générale ))> auraient également leurs portraits suspendus aux murs du temple, a Chaque mère serait obligée d'aller présenter son tils dans ce temple, ovi il serait investi du

I. Fête nationale qui sera célébrée tous les ans le jour immortel du ^ août, in 8% 8p. (Bib de la Ville de Paris. 12.272).

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droit de citoyen et recevrait un nom. Cette espèce de Baptême patriotique le rendrait l'enfant de la Nation régénérée. »

Les meilleurs poètes dramatiques seraient chargés de composer une pièce sur le Triomphe de la Liberté et la pièce serait jouée devant le peuple tous les ans au 4 août.

Il est à peine besoin d'avertir que le projet ne reçut aucun commencement d'exécution.

Au moins une fois cependant, l'abolition de la dîme fut célébrée par des réjouissances. En 1791, la société fraternelle de Gémeaux (district de Riom), présidée par G. Romme, commémora l'abolition de la dîme par une fête qui ouvrit la moisson. La municipalité, environnée des habitants, se rendit dans un champ qu'on venait de moissonner, et rappela les lois bienfaisantes par lesquelles la Révolution avait libéré la terre. La fête se termina à l'église par un Te Deum d'actions de grâces K

Quelque temps après, en septembre 1791, les habitants de Septmoncel (Jura) célébrèrent à leur tour par une fête civique l'abolition du servage -.

Fêtes politiques. — La foi révolutionnaire consistait essentiellement dans les espérances de bonheur que faisait concevoir l'institution politique nouvelle. Il n'est donc pas étonnant que les principaux actes politiques qui annonçaient la prochaine mise en vigueur de la Constitution, si attendue, aient provoqué des fêtes civiques, par lesquelles se manifesta l'espérance universelle.

Quand la France apprit, le 4 février 1790, que le roi avait solennellement promis de maintenir la constitution préparée par l'Assemblée nationale, elle se livra aux transports de la joie la plus vive. Paris illumina deux jours de suite. Le serment civique, prêté par l'Assemblée Nationale, après la

1. La fêle est racontée par G. Romme lui-même dans une lettre publiée par la Feuille Villageoise (n» 4-^, jeudi, 21 juillet 1792).

2. A'oir à ce sujet dans la Feuille Villageoise du jeudi 6 octobre 1791, la lettre du curé de Septmoncel, Daller.

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