‹ Les origines des cultes révolutionnairesChapitre 34 sur 97 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Sans doute, la pensée est encore vague, mais elle se précisera bientôt, et dès le début de la Législative, les chefs patriotes songeront à réunir les éléments épars du culte révolutionnaire, à les systématiser pour en faire un instrument de propagande civique.

Mirabeau. — Quand Mirabeau mourut, des honneurs magnitiques lui furent rendus. Sainte-Geneviève fut transformée en Panthéon pour recevoir sa dépouille et celle de tous les grands hommes qui, à son exemple, auraient bien mérité de la patrie * .

Voltaire. — Voltaire à son tour, le ii juillet 1791, était transféré au Panthéon, au milieu d'une foule immense -. « La fête, disait la Feuille Villageoise, a été sublime et attendrissante. Elle a frappé et agrandi l'esprit du peuple, elle a discrédité les processions et' les images monacales, elle a électrisé d'un feu pur et céleste les hommes les plus grossiers, elle a redoublé la sainte ardeur du patriotisme et répandu de toutes parts les rayons de la Philosophie. Ce jour a donc avancé, pour ainsi dire, d'un siècle les progrès de la raison ^ . . . .y> A cette date, les patriotes avancés ne cachaient déjà plus leur intention d'opposer leurs fêtes civiques aux anciennes fêtes religieuses.

Au cours de l'année 1792, les fêtes patriotiques se succèdent à de courts intervalles et se généralisent dans toute la France.

Les Suisses de Châteamneu.v. — Le i5 avril 1792, c'est la fête de la Liberté, organisée par CoUot d'Herbois et Tallien en l'honneur des Suisses de Chàteauvieux, victimes de Bouille. Le cortège parcourut les principales rues de la capitale au milieu d'une grande affluence. On y voyait

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