Feuille Villageoise, n» 43, jeudi 21 juillet
figurer la Déclaration des Droits portée en triomphe, un modèle de la Bastille, des bustes de Franklin, de Sydney, de J.-J. Rousseau, de Voltaire, les chaînes des soldats de Châteauvieux portées par quatre citoyennes, un char de la Liberté surmonté d'une statue de la déesse, et enfin les quarante Suisses sur le Char de la Renommée attelé de vingt superbes chevaux.
Rendant compte de cette journée, le Moniteur en tira cet enseignement à l'usage des hommes politiques : « Nous dirons de plus aux administrateurs. Donnez souvent de ces fêtes au peuple. Répétez celle-ci chaque année, le i5 avril. Que la fête de la Liberté soit notre fête printanière, que d'autres solennités civiques signalent le retour des autres saisons de l'année. . . Elles élèveront l'àme du peuple, elles adouciront ses mœurs, elles développeront sa sensibilité, en affermissant son courage, elles en feront, disons mieux, elles en ont déjà fait un peuple nouveau. Les fêtes populaires sont la meilleure éducation du peuple *. » Voilà le grand mot lâché. Faire des fêtes civiques, nées spontanément, une école pour le peuple, un instrument pour régénérer le pays, ce sera l'article essentiel du programme des organisateurs des cultes révolutionnaires.
Simoneau. — A la fête des Suisses de Châteauvieux ou fête de la Liberté succéda bientôt, le 3 juin 1792, la fête funèbre en l'honneur de Simoneau, ou fête de la Loi. Simoneau était ce maire d'Etampes qui avait été tué dans une émeute populaire, en voulant faire respecter la loi sur les subsistances. Pour les modérés de la Législative ou feuillants, la fête de Simoneau fut une réponse à la fête des Suisses de Châteauvieux qu'ils considéraient comme la glorification de la rébellion. Alors que celle-là était née de l'initiative privée de quelques patriotes avancés, celleci fut organisée par les autorités. Un décret de la Légis-