‹ Les origines des cultes révolutionnairesChapitre 38 sur 97 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

sensibles de l'esprit public ; il voyait dans les récompenses décernées solennellement aux actes vertueux, le prélude à' essais politiques dont il se promettait le plus grand bien *,

La Patrie n'était donc plus considérée seulement comme l'instrument du bonheur matériel, elle devenait la sauvegarde de la morale. Alors que la religion ancienne reculait dans l'autre monde les récompenses de la vertu, la religion nouvelle les distribuait dès cette vie. — Les cultes révolutionnaires feront à la prédication morale une large place.

Fêtes morales, fêtes politiques, fêtes commémoratives^ fêtes des martyrs de la Liberté, le cérémonial de la religion révolutionnaire se trouve esquissé dans ses traits essentiels dès 1792. Il n'est pas j)lus artiticiel que son symbolisme. L'un et l'autre se sont formés spontanément, sans plan préconçu, un peu au hasard. Ils sont le produit anonyme de l'imagination collective des patriotes.

Les prières et les chants patriotiques. Influence du théâtre. — Plus encore que par les cérémonies, un culte fait impression sur ses fidèles par les prières et par les chants. De très bonne heure, le culte révolutionnaire eut ses invocations et ses cantiques. A une date qui n'est pas indiquée, mais qui ne doit pas dépasser l'année 1791, un simple soldat-canonnier de la garde nationale de Blois, J. Bossé, lit paraître tout un recueil de prières patriotiques". Les curés philosophes qui collaboraient alors à la Feuille Villageoise, et qui deviendront plus tard les curés rouges du culte de la Raison, sentirent assez vite le besoin de mettre en harmonie la foi ancienne avec la nouvelle. En novembre 1791, le curé d'Ampuis (Loire), Siauve, qui

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