‹ Les origines des cultes révolutionnairesChapitre 5 sur 97 · Histoire de la Théophilanthropie , 1870, in · texte numérisé non relu

Histoire de la Théophilanthropie , 1870, in

mieux compris ce qu'il y avait de noble el de sérieux dans les tentatives des révolutionnaires pour fonder une religion civique. Mais il parait guidé dans son livre (simple résumé d'une partie de YHiatoire des Sectes de Grégoire) plus par le souci des intérêts du protestantisme que par le seul désir de faire œuvre historique. Il n'aperçoit pas non plus le véritable caractère de la religion révolutionnaire, dont la Théophilanthropie, comme le culte de la Raison ou le culte de l'Être suprême, ne fut qu'une des formes temporaires.

Ce n'est pas à jNI. Aulard, le dernier et le premier iiistorien du culte de la Raison et du culte de l'Etre suprême, qu'on pourrait faire le reproche de s'être laissé entraîner par une préoccupation autre que celle de la vérité. Il a bien vu l'importance historique des cultes révolutionnaires, puisqu'il n'a pas hésité à écrire que le mouvement d'où ils sont nés est un « des plus curieux de l'histoire de la France et de l'humanité' ». Il y voit « non pas seulement une tentative philosophique et religieuse, sans racine dans le passé de la France et sans connexion avec les événements, non pas une violence faite à l'histoire et à la race, mais la conséquence nécessaire et plutôt politique de l'état de guerre où la résistance de l'ancien régime contre l'esprit nouveau avait jeté la Révolution... ». Autrement dit, il pense que nos pères, « en intronisant la déesse de la Raison à Notre-Dame, ou en glorifiant le Dieu de Rousseau au Champ de Mars, se proposaient surtout un but politique et, pour la plupart, ne cherchaient dans ces entreprises contre la religion héréditaire, comme d'ailleurs dans leurs autres violences d'attitude ou de parole, qu'un expédient de défense nationale ' ».

Voilà donc la contiimité marquée entre les cultes révolutionnaires, qui émaneraient tous d'une même aspiration,

1. Aulard, Le Culte de la Raison et le Culte de l'Être Suprême, 1892, in-i2, p. VII.

Page 1